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TOUT PASSE........... Pierre Losio

Les notes à l'école

Qu'en pensent les enseignants, peut-on lire sur la manchette d'un quotidien ce matin ?

Si je devais répondre au débotté je dirais ceci : j'ai "mis" des notes aux élèves de l'école primaire pendant une trentaine d'années.....si je n'en avais pas "mis" je n'ai pas le sentiment que ça aurait changé grand'chose.
C'est un peu court ; je crois cependant avoir mesuré "où c'est profond", dans un quartier dit très défavorisé, j'ai même eu des classes dans lesquelles aucun enfant n'était de langue maternelle française. Les notes ne sont que l'aspect visible du prurit émotionnel que vit l'école depuis quelques années, prurit alimenté par des dermatologues talibans qu'ils soient philosophes ou pédagogistes. Les enseignants n'ont pas été entendus, ceux qui doutaient de cette réforme comme ceux qui avaient compris que cette rénovation était gourmande en postes d'encadrement et qui en réclamaient. On a diabolisé les premiers qui, sans réponse à leurs inquiétudes se sont retrouvés chez ARLE et balader les seconds avec un pilotage calamiteux du projet.


Je crois avoir passé beaucoup trop de temps à évaluer et celà au détriment du temps d'enseignement, du travail différencié. Note ou pas note, reste primordiale la crédibilité de l'enseignant face à ses élèves, elle s'établit sur la qualité et la vérité d'une relation qui fonde la légitimité des exigences et leur reconnaissance par les enfants. Mais la crédibilité ça ne s'apprend pas à l'université. Je persiste à penser que le beau métier que j'ai pratiqué est un métier où l'instinct occupe une place prépondérante et j'ai toujours gardé présent à l'esprit les leçons des grands maîtres de pédagogie que furent pour moi Célestin Freinet, Jean-Pierre Guignet, Albert Spring et Jean-Louis Chatelanat inoubliable prof d'allemand au secondaire supérieur : créer une relation authentique, faire, faire faire avec savoir-faire et pragmatisme. Enseigner c'est le long chemin faire.

Je m'autorise enfin à citer F. Mauriac qui n'était pas un gauchiste :
"L'instituteur, celui qui institue l'humanité en l'homme".


Commentaires

  1. contre l'élevage, l'élévation
    qu'Arle se le dise.
    JF

    Posté par Jean Firmann — 21 Sep 2006, 12:27


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