Surpris
J'avoue avoir été particulièrement déconcerté par les propos tenus récemment par le directeur de Pro Helvetia, Pius Knüsel qui s'en est pris à la qualité de la production artistique de notre pays. Il paraîtrait qu'on soutient tout et n'importe quoi, sans avoir la rigueur nécessaire dans l'évaluation des projets. Je suis d'autant plus choqué que je participe actuellement aux ateliers du Forum culturel organisé avec ardeur et compétence par le RAAC, que je redécouvre les conditions difficiles dans lesquels travaillent, entreprennent et s'efforcent de développer la création les artistes que l'on affuble souvent avec condescendance de l'adjectif "locaux".
Pour avoir participé aux magnifiques aventures culturelles des années 70 (Festival de la Bâtie, AMR.....) je suis en mesure d'évaluer la progression qualitative du milieu musical, théâtral jusqu'à l'irruption de la danse contemporaine dans notre paysage culturel.
Le talent à l'état brut a besoin de faire ses gammes, de se tromper, de se lancer sur des chemins aventureux, de trouver des formes, de les inventer, de les revisiter. Une longue et parfois douloureuse grossesse qui doit être accompagnée, soutenue, encouragée.
Seule une politique culturelle attentive aux balbutiements et qui favorise résolument l'émergence est susceptible de porter à long terme des fruits de cette fameuse "qualité" dont semblait vouloir parler avec une bonne dose de provocation Pius Knüsel. Vouloir l'ignorer, négliger ce terreau qui bruisse parfois dans la marge c'est se voiler la face et restreindre fortement les champs du possible dans lequel se débat l'acte de création.
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03 Avril 2008 à 18:12 dans
- coups de coeur, amour
