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TOUT PASSE........... Pierre Losio

Vert

"Quand on prend une décision, il ne faut penser ni à soi-même, ni à sa famille, ni à sa génération, mais à la septième génération à venir ". (Orens Lyon, chef Iroquois)

Très étonnante prise de bec radiophonique et libérale hier sur RSR1 lors de l'émission Forum : à ma droite, culotte bleue, Guy Sorman, économiste, écrivain, grand chantre de la croissance et du néolibéralisme ; à ma gauche, culotte verte, Claude Haegi, ancien maire de Genève, ancien Conseiller d'Etat, défenseur d'une écologie libérale. Lui qui s'était déjà distingué il y a quelques lustres en inventant les contrats de confiance avec les occupants illégaux d'appartements (Lissignol par exemple) s'est montré d'une pugnacité incroyable pour défendre l'avenir de la planète face à un intellectuel hautain qui ironisait sur le discours religieux de l'écologie, niait les bouleversements climatiques, disait ne s'intéresser qu'aux hommes (heureux ces chinois, ces indiens en plein développement économique) et ne pas savoir ce qu'était la planète.
"Paroles irresponsables" s'écria Haegi, "la planète c'est notre village" et de se lancer dans des propos que n'auraient pas reniés les plus verts parmi les Grünen.

On dit qu'il existe à Genève une tendance écologiste chez les libéraux.....hmm je dirais plutôt une sensibilité. Il serait temps que celles et ceux qui en sont porteurs fassent un coming out (mais non, pas une scission) et se manifestent concrètement lors de certains votes importants tant au Conseil municipal de la Ville de Genève qu'au Grand Conseil.

C'est la fin de l'année, on peut bien formuler des voeux, dussent-ils rester pieux.

Ségolène

...ils faisaient d'elle ce qu'elle voulait (P.Hanke)

La lecture d'un excellent blog qui parlait entre autre de Ségolène Royal (http://ecotone.blogosphere.com/) et le passage de Serge Moati sur RSR1 hier en fin de journée m'amènent aux quelques lignes qui suivent.
La prestation de Mme Royal chez Moati justement (émission Ripostes dimanche à l'heure du sport) fut très illustrative de sa volonté d'extraction du marigot politique ; sa candidature pourtant portée par un grand parti s'inscrit désormais au-dessus des partis. Elévation d'inspiration typiquement gaullienne. En cela elle est une vraie candidate à la présidence dans l'esprit des fondateurs de la Vème république. Son discours actuel : je veux bien dialoguer avec vous, mes concurrents, mais seulement pour dire ce qui est. Ce qui sera c'est ce que me dira de faire le grand mouvement d'espérance que j'ai soulevé, "Désir d'avenir".
On est donc bien dans l'ordre de la séduction, ordre appelé à perdurer jusqu'à ce que l'idole se transforme en icône. Elle aura alors rejoint François Mitterand, longtemps son protecteur.

Il arrive qu'elle anticipe les messages de cette espérance mais c'est toujours sur des mesures qui à coup sûr ne la mettront pas en contradiction avec les voix qu'elle entend (certains disent même qu'elle les écoute).
Ségolène Royal c'est Jeanne d'Arc version laïque-démocrate. Transformer les voix qui lui parviennent en voix qui l'éliront. Trendy à donfe, elle symbolise, pour l'instant, un nouveau lieu commun du populisme chic, people et donc médiatique.


Mme la Présidente de la Confédération,

Je serai bref.

Puissiez-vous, pendant votre année de présidence, nous faire avancer à grands pas vers l'Europe.

Je ne doute pas de votre détermination.

Je vous fais entièrement confiance et vous souhaite bonne chance.


Le Che, Alberto et Carlo

...........Connais ton adversaire mais surtout connais-toi toi même, et tu pourras sans risques livrer cent batailles (Souentse)

On pouvait lire cette semaine dans une tentative de diagnostic du Parti socialiste genevois rédigée par J.Faas les mots suivants : "le débat qui fait enfin rage au PS", "le dilemme que le PS affronte, "les socialistes sont écartelés entre deux stratégies", "la députation peine à se mettre d'accord avec le bureau directeur","des arguments contradictoires ont paru dans le bulletin officiel au sujet des transferts d'actifs","le parti, en perte de vitesse, coincé entre un centre par qui il redoute d'être absorbé et une extrême-gauche libérée".
Vous conviendrez que cet état des lieux, dangereusement précis et argumenté ne rayonne pas de rosité. Effectivement le grand parti, jusqu'à aujourd'hui hégémonique à gôôôôche (parfois avec arrogance, oui, oui) se voit d'une part concurrencé par les Verts en termes de voix, de sièges, de trend (pourvou ké ça doure) et d'autre part il absorbe la culpabilité du devoir d'assumer l'absence de représentation parlementaire des 15% de l'extrême gauche. Oh que je n'aimerais pas être écartelé ou coincé.

"Que faire ?" dans cette situation disait Vladimir Oulianov. Va-t-on vers un nouveau schisme version Tours 1922 ? Y aurait-il des transferts de personnel pendant le "mercato d'hiver" ?

Il est en tous cas important que le grand parti socialiste réagisse sans gesticulations mais avec raison et sérénité. Il en a les ressources. Qu'il analyse clairement les objectifs du Conseil d'Etat, sa méthode et son calendrier ; qu'il en apprécie la compatibilité avec son propre programme politique et qu'enfin il détermine un positionnement de législature auquel il se tienne. C'est tout ce qu'on lui souhaite et qu'on peut souhaiter pour Genève. Tout le reste n'est qu'agitation et gym-jazz.

...... et quand le journaliste de la Tribune évoque le mot "révolutionnaire" à propos d'une tendance incarnée par A.Velasco et C. Sommaruga au sein du PS, soit c'est un flatteur de grande lignée, soit il n'est pas conscient qu'il mériterait d'être traîné en justice pour diffamation.

Longue journée

...... que celle de demain.

La commission des finances du Grand Conseil siège toute la journée, mercredi, afin de préaviser le projet de budget de l'Etat." C'est ainsi que commence le blog du jour de mon collègue R.Gautier.

Qualifié d'acratopège par l'élu libéral, ce budget n'a rien de véritablement sexy. Il a cependant la qualité de s'inscrire dans la démarche, la méthode et le calendrier du Conseil d'Etat qui s'est engagé à assainir le compte de fonctionnement pendant la durée de la législature.Alors que les comptes 2005 de l'ancien gouvernement annonçaient un excédent de charges à hauteur de près de 440 mo, le budget 2006 ramenait le déficit à moins de 300 mo (on peut sans se tromper espérer un bien meilleur résultat aux comptes 2006) on arrive au budget 2007 avec un manco publié de 222 mo. Cela signifie que le processus annoncé est toujours en marche et qu'en deux exercices le Conseil d'Etat aura diminué le deficit de 220 mo. Il reste deux ans pour atteindre l'objectif mais pour l'opposition de la droite gouvernementale (et non-gouvernementale) ça ne va pas assez vite et la méthode persiste à n'être pas crédible. Evidemment, comme le suggère l'UDC, yauraitka par exemple diminuer linéairement les subventions de 5 % d'un seul coup. Fastoche..... mais le coût social qui reviendrait comme un boomerang serait beaucoup trop lourd à assumer ; cette diminution provoquerait des dégâts considérables et accentuerait la fracture sociale.

Certes, il reste encore le problème du financement des investissement et du poids de la dette. Ce sont les objectifs du gouvernement pour la prochaine législature, une fois le deficit de fonctionnement résorbé. Certes planent sur l'avenir la menace fédérale RTP et une augmentation des taux d'intérêt. Certes un referendum contre les transferts d'actifs (AIG, TPG) a été lancé ....., certes....... certes.....
Il n'en demeure pas moins que le Conseil d'Etat travaille avec une réelle volonté politique d'aboutir, dans la plus grande transparence et qu'il mérite notre confiance.

sport et music-hall

......nous irons dimanche à Cointrin (Gilbert Bécaud)

Quelques politiciens et politiciennes m'avaient briefé lorsque je me suis lancé dans la Res Publica au début des années 90. Je me souviens particulièrement de ce député chenu qui soutenait que cette noble activité avait beaucoup de points communs avec le sport et le cirque.
Ses propos me sont revenus à l'esprit hier soir lors du débat sur l'Aéroport de Genève ; ce qui n'était qu'un dossier strictement financier et comptable s'est transformé pour les socialistes en véritable course d'orientation pour ne pas dire en concours complet.
Après avoir chaleureusement salué ce transfert d'actif en commission de l'économie, la boussole des roses s'est affolée pendant l'été puis emballée sous l'impulsion de St Rémy le Preux, chevalier d'A gauche toute, qui s'est mis à hurler à la privatisation. Sentant peut-être un referendum fumant sur lequel ils auraient pu clairement se reprofiler à gauche, les socialistes passe au pilotage automatique et s'opposent au projet en commission des finances, déposent un rapport de minorité puis un deuxième dans la Tribune.
Cette course d'orientation les amène hier devant le Grand Conseil où on assiste à un étonnant numéro de contorsionisme, mal maîtrisé, qui doit avoir déclanché un sérieux torticolis chez les élus. Il faut dire le comité directeur du cirque rose leur avait soufflé fortement dans les bronches pour qu'ils s'abstiennent de torpiller le projet gouvernemental. Mais franchement, pour retourner sa veste, point n'est besoin d'une telle gymnastique qui relève davantage du music-hall que du débat politique.
Ressurgit alors l'éternelle question léninienne "Que faire ?" pour retrouver la cohérence que ce grand parti devrait manifester plus souvent et plus clairement.

Il ne m'appartient pas d'y répondre mais si on me demandait mon avis je suggérerais de commencer aujourd'hui par une séance soutenue d'ostéopathie.....pour la psychanalyse collective on verra plus tard.


Au revoir

Tu t'en vas.... (Alain Barrière/Nicole Croisille)

Je n'ai jamais eu l'intention de m'immiscer dans les affaires internes d'un parti adversaire et me suis strictement abstenu de commenter ce que tout Genève appelle la crise du parti libéral. Mais ce matin la lecture de la presse fait monter en moi un sentiment d'immense compassion pour ce grand parti.

J'apprends que le conseiller national J-S Eggly renonce à briguer un nouveau mandat lors des élections fédérales de l'automne 2007. Une tuile supplémentaire sur la tête du parti et une immense tristesse sur les visages ce dimanche à la sortie du culte . L'icône bleuissante du protestantisme libéral genevois s'en va et déclare "une page se tourne"....... "Elle est blanche" pourrait dire le sarcastique P.Maudet.

A mes yeux elle restera irrémédiablement maculée par l'appartenance et surtout l'activité antidémocratique déployée par J-S Eggly au sein de la P 27, il y a quelques lustres.

Nairobi

Près de 200 pays et 6000 participants auscultent la planète au cours de la 12ème conférence internationale sur le climat à Nairobi.

Le climat est entrain de préparer des armes de destruction massive

Bucchi La Reppublica


Ville-Etat

...... la saga des machins et des zinzins (Sarclo)

Le coup de gueule socialiste (Tribune du 20 oct.) concernant le remboursement de 112 mo de reliquat d'impôts versé en trop par l'Etat à la Ville de Genève mérite quelques observations.

On doit tout d'abord admettre que l'exercice budgétaire ne peut être une science exacte : il se base sur les obligations légales, sur la volonté politique d'un exécutif et surtout sur les ressources à dispositions qui proviennent principalement des recettes fiscales. Ces dernières font l'objet d'estimations sans cesse remises à jour en fonction de la conjoncture économique et des rentrées effectives qui viennent confirmer ou infirmer les prévisions établies. Par exemple pour les personnes morales on fonde les hypothèses en extrapolant les informations provenant d'un pannel d'entreprises qui représentent 45 % du total de l'impôt à percevoir. En ce qui concerne les personnes physiques l'exercice est plus difficile car entrent en ligne de compte des paramètres friables comme l'impôt à la source et celui des travailleurs frontaliers. On ne doit donc pas s'étonner qu'il existe des différences entre un budget préparé au moins 8 mois avant le début d'un exercice (affiné en cours d'année au fur et à mesure que les prévisions fiscales se précisent) et la réalité des comptes à la fin de l'exercice. Il est intéressant de constater que depuis l'introduction du système postnumerando les écarts entre budget et comptes concernant les recettes fiscales deviennent de plus en plus en plus faibles : 1 % tant en 2004 qu'en 2005. Ce minime % d'écart sur la masse fiscale totale représente quand même 2 à 3 dizaine de mo de francs. L'inconfort budgétaire dans lequel se trouvent les communes est compréhensible car elles reçoivent des informations de l'Etat qui varient en cours d'années. Il n'en demeure pas moins que dans le cas qui agite ces jours la Ville de Genève cette somme de 112 mo est dûe et qu'on peut même considérer a posteriori qu'il s'est agi d'un prêt involontaire sans intérêt.

Cette "querelle" Ville-Etat semble, comme disait Aragon, prise du "dur désir de durer" tant sont nombreux les problèmes à régler autour d'une table de négociation : la péréquation fiscale intercommunale, la répartition des charges et des compétences, le désenchevêtrement des subventions (dans le domaine social et de la santé le travail est déjà avancé mais sur le plan culturel la Conférence du même nom boudée par de nombreuses communes piétine). La résolution de ces problèmes est urgente voire fondamentale car il n'est pas sérieux d'envisager un chantier constitutionnel (souhaité par la majorité des forces politiques genevoises) sans que ces dossiers ne soient sérieusement défrichés, que les querelles et les susceptibilités s'apaisent. Ce débat impose une reconnaissance et un respect du rôle et de la compétence de chaque collectivité, de la sérénité et une réelle volonté politique d'aboutir.

Une petite voix murmure à mon oreille : "Tu rêves, Pierrot".

On n'oublie rien de rien

...on n'oublie rien du tout (J.Brel)

Le monde politique est décidément un drôle de territoire dans lequel on traverse des champs de batailles et des salons mondains ou s'affrontent tantôt à coups de hallebardes médiatiques tantôt à touches courtoises de fleurets amnésiques celles et ceux qui sont présentés sous les masques d'irréductibles adversaires.

J'ai été frappé d'entendre à la RSR lors d'un débat sur le milliard pour les nouveaux dix européens l'ineffable et muséal Jacques-Simon Eggly donner du "mon ami Jean Ziegler" à son interlocuteur, qui probablement flatté, n'a pas réagi. Frappé ? que dis-je, résolument scandalisé oui !
A-t-on oublié que l'icône bleuissante du protestantisme libéral genevois est un dangereux comploteur qui avait, il y a quelques lustres activement participé à une organisation secrète, format P2 en moins mafieuse mais tout autant séditieuse, qui surveillait et recensait, avec la complicité des services secrets fédéraux, les ennemis potentiels de la patrie et qui n'aurait pas hésité à envoyer en cabane ou au stade tout ce qui pense ou penche un peu à gôche, qui n'aime pas l'armée et notamment le chantre de l'altermondialisme précité. Heureusement la démocratie n'a pas été menacée et ces postpinochistes démasqués (mais peu inquiétés par la justice il est vrai). Cet épisode récent m'est revenu à la mémoire tandis que se poursuivait la conversation radiophonique au ton convenu et nauséeux.

Pas d'oubli pour ces gens-là ! M. Eggly gardez vos politesses dans votre brun cahier de souvenirs ... elles puent des pieds sous les bras.