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TOUT PASSE........... Pierre Losio

Halte ! Police !

Jusqu'où aller trop loin.

- Est-ce le contenu ou la tonalité qui provoque tant de réactions à la conférence de presse du syndicat de la police ?
- Tous les deux mon brigadier.

Quant on connaît le député-gendarme Roger Golay, sa placidité, son humeur égale et son esprit d'ouverture au débat, on ne peut que s'étonner de la véhémence avec laquelle s'est manifesté (de la famille du mot manif') le syndicat précité. Ce ton très vertébré véhicule un non-dit qu'il est nécessaire de relever : il semble que le contenu du mot négociation subit un fort glissement sémantique dans l'esprit de la police qui se mobilise. La discussion entre employeurs et employés est nécessaire et elle existe, la négociation aussi...... mais à la fin de processus c'est le Conseil d'Etat qui décide car (à tort ou à raison) les relations à l'intérieur ce tte collectivité ne relèvent ni de la co-gestion ni de l'autogestion. Cela ne semble pas vraiment compris en profondeur au sein du syndicat de la police.
J'ai de la peine aussi à admettre que la cheffe, Mme Bonfanti, soit aussi cloche et autiste qu'on le proclame. Si c'était le cas il y aurait de quoi s'inquiéter sur la qualité des filtres balisant le steeple-chase du casting qui l'amenée au bout du parcours et sur la compétence des recruteurs.
Vaut-il vraiment la peine de commenter la remise en cause du Conseiller d'Etat en charge du département des Institutions ? C'est tout simplement déplacé. M. Moutinot tient sa légitimité directement du peuple, c'est nécessaire et suffisant.
Enfin, et il faut le dire avec force et sérénité à la corporation policière, ce sont des décisions politiques souveraines qui seront prises pour sceller le sort de la réévaluation de la fonction police et de l'éventuelle fusion avec la PSI. Le Grand Conseil décidera souverainement quelle que soit la pression qu'on voudra mettre sur lui.

Alors on se calme, on se remet autour de la table, on cause gentiment à la dame et c'est pas triste.


Naïf c'est le prénom.

" Il existe une gauche qui refuse de perdre sa virginité et qui redonne le pays à Berlusconi !" (Massimo d'Alema, ministre des affaires étrangères du gouvernement italien)

L'Italie à nouveau dans la crise ; alors que, héritières de Maria Cagol, Renato Curcio et Alberto Franceschini, de nouvelles Brigades rouges sont démantelées juste avant de passer à l'action ; alors que la parano sécuritaire s'empare du pays pour une manifestation anti-base USA (Vicenza en état de siège samedi dernier) ; alors que se rallume la polémique sur Tangentopoli , l'ex-juge Di Pietro devenu ministre et le pool des juges de Milan (d'Ambrosio devenu député, Borelli.....), le gouvernement trébuche au Sénat sur une motion, battu pour 2 voix, Romano Prodi démissionne.
Ca tombe mal pour le pays mais bien pour Silvio Pinocchio Berlusconi, trop heureux de revenir sur le devant de la scène au grand dam de ses "alliés" qui avaient déjà archivé son leadership sur l'opposition (oui, oui, je pense à Fini et Casini).
Il est surprenant d'apprendre que c'est sur un débat de politique étrangère (retrait des troupes italiennes de l'Afghanistan) que le centre-gauche ait glissé. A Palazzo Madama, Massimo D'Alema, titulaire de Palazzo Farnese, a tenu un discours très européiste qui aurait certainement été entendu compris et applaudi par tous les gouvernements de gauche dans les pays occidentaux....... mais, pas plus que chez nous, le conditionnel passé n'est opératoire en Italie. Deux voix d'extrême gauche (Rifondazione et Communisiti italiani) ont fait tomber le gouvernement Prodi après 281 jours d'activités. A ces deux voix s'est jointe celle de l'inoxydable sénateur à vie, sept fois premier ministre, Giulio Andreotti..... qui s'en est mordu les doigts : "Je ne l'a pas fait par calcul, je n'avais pas compris que sans ma voix le gouvernement tomberait". Tu parles, Jules !
Ce qui me frappe le plus dans cet événement c'est finalement la naiveté des forces réformistes italiennes, la Margherita de Rutelli, le PDS (ex-PCi) et leur entêtement à vouloir construire une alliance avec la gauche radicale (Rifondazione notamment). La naiveté et l'amnésie : c'est la troisième fois que l'extrême gauche tire l'escabeau. En 1997 refus de la financière (chez nous on appelle ça le budget), en 1998 opposition à la motion de confiance et hier sur la politique étrangère.

Ne serait-il pas temps décerner un brevet d'inaffidabilité à cette gauche de la gauche qui fondamentalement ne veut pas gouverner ? Ne serait-il pas temps de construire une majorité qui donne stabilité à ce pays mis à genoux par le quinquennat berlusconien ?


Cherche rédchef :-)



Semaine de Grand Conseil, travail de préparation, peu de temps pour bloguer....et pourtant ce ne sont pas les sujets qui manquent. Il me faudrait peut-être un rédchef pour mettre de l'ordre et des priorités dans tout cela :

- L'acharnement des medias sur la "crise" du parti libéral dont je ne dirais pas que je m'en f..... mais qui ne me motive pas sufisamment pour que je me mêle de cette affaire de famille(s?)
- L'annonce du conseiller administratif P.Muller qui informe le Conseil municipal que la dette de la Ville de Genève va sous peu passer le cap des 2 milliards ; allons de l'avant ! Là où il y a une volonté, il y a un chemin.
- L'annonce du conseiller administratif P.Muller qui informe le Conseil municipal que les dépenses concernant le train de vie de l'administration (les fameux groupes 31) vont être gelées......comme le demandaient depuis trop longtemps les Verts.
- L'annonce du Conseiller d'Etat D.Hiler concernant les résultats des comptes 2006 qui s'afficheront en noir alors que le curseur du budget s'était arrêté à un rouge 230 ! Ne comptez pas cependant sur le géant blond et vert pour qu'il empoigne une cigalienne guitare.
- L'inquiétude (fondée ?) des milieux culturels genevois au sujet d'une insistante rumeur : l'hypothétique ou non finalisé transfert des subventions de l'Etat à la Ville de Genève qui verrait ça d'un bon oeil.
- L'image désastreuse que donne le comité du Festival de la Bâtie ; son incompétence de gestion amène Patrice Mugny à suspendre le versement de la subvention et à s'expliquer de manière éminemment responsable devant un Conseil municipal mobilisé
- La remontée de Jeanne d'Arc au blanc chemisier dans les sondages français et la percée remarquée de F.Bayrou auteur de deux remarquables prestations su France 2 et M 6 ; et si finalement c'était lui ?
- L'imagination dont fait preuve un parti genevois au sujet des élections municipales ; il publie un encart qui se termine par ces mots : "pour aller de l'avant". Cela m'autorise à paraphraser G. Flaubert : " c'était un de ces pauvres slogans dont la vacuité muette a des profondeurs insondables".

....et tant d'autres sujets encore.............


Citation

Précision à l'attention du "Censeur".

Le blog de ce matin m'a valu un commentaire anonyme qui met en cause l'authenticité de la citation de Jean Baudrillard. Alors je précise qu'elle figure in :
Cool Memories éd. Galilée 1987 page 15.

Voili


Socio-brico

Lacan a raison : le langage n'indique pas le sens, il est à la place du sens. Mais ce qui en résulte ce sont des effets de séduction. (J.Baudrillard)

C'est ce qui me frappe le plus dans le discours ségolénien ; cette façon d'être directe et proche des "vraies gens", cette exaltation de l'écoute des "vraies gens", cette attention à l'altérité, aux "vraies gens". Mais en fait qui sont les "vraies gens" ?

Pour moi qui ai fait la guerre, celle de mai 68 comme dit Renaud (non, l'autre, le chantiste) il y avait les zentils et les mèssants : la classe ouvrière exploitée, son lumpen, son avant-garde (qui est toujours en train de construire le parti des lendemains mélodiques) et la bourgeoisie grande ou moyenne au service du grand capital exploiteur, la petite bourgeoisie qui entrait en 2ème mi-temps et qui parfois faisait basculer l'histoire. C'était clair, binaire, identifiable.

L'apparition du nouvelle classe sociale, "les vraies gens", suscite en moi des interrogations.
S'agit-il d'une notion planétaire ? Y a-t-il "des vraies gens" partout ? En Patagonie comme dans mon immeuble ?
Dépend-elle du salaire ? Un cadre qui travaille près de 50h par semaine et qui touche un salaire à 5 chiffres est-il un "vrai gens" ?
Dépend-elle de la morale ou de la religion ? Les catholiques intégristes, les talibans sont-ils des "vraies gens" ?
Dépend-elle du niveau de formation ? Un docteur en physique nucléaire est-il un "vrai gens" au même titre qu'un ferblantier CFC ?
Dépend-elle l'orientation politique ? Les électeurs du Front National ou de Lutte Ouvrière sont-ils de "vraies gens" ?

Ultimes questions : cette notion de "vrais gens" est-elle symétrique ? Ceux qui ne sont pas des vrais gens, comment les appelle-t-on ? Des "fausses gens" ? Comment les reconnaît-on ?
Et enfin pourquoi Ségolène dit-elle les "vraies gens" et pas les gens vrais ? Ne serait-ce que parce qu'au pluriel certains noms placés devant l'adjectif deviennent féminin..... comme amour et délice......on est bien là en pleine séduction.


Blablabla

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée (Descartes)
.............la mauvaise foi aussi !

L'autre jour en lever de rideau de l'animateur politique de grandes surfaces, un vigoureuse syndicaliste tout de rouge vêtue expliquait en long et en large au journaliste du Bleu Léman tout le mal qu'elle pensait d'un projet de loi visant à accroître l'autonomie des Hôpitaux Universitaires de Genève ; les questions fusaient, les réponses claquaient, catégoriques et inquiétantes pour le personnel et les patients.

Je m'amusais de la complicité entre ces deux personnages argumentant sur le plateau alors que Mme la syndicaliste avait tout de go déclaré qu'elle n'avait pas pris connaissance du projet de loi dont il était question.

C'est vraiment prendre les citoyens pour des cons !


Salut René !

" Une croissance indéfinie est impossible, nous n'avons qu'une seule Terre, mais une civilisation du bonheur est possible. Les solutions existent, mais l'opinion les ignore car les structures actuelles et les détenteurs des pouvoirs économique et politique s'y opposent. » René Dumont.

Il semble aujourd'hui, suite à la réunion de Paris, que les gouvernements aient sérieusement pris conscience de ce qui nous attend. Auront-ils la volonté de contraindre certaines puissances économiques encore aujourd'hui autistes (pas toutes) à produire mieux et utile, à mettre sur le marché des produits qui respectent l'environnement, à retraiter correctement leurs déchets ? C'est un devoir citoyen de les y inciter.

En tous cas, aujourd'hui, René Dumont candidat à l'élection présidentielle française de 1974, doit esquisser un sourire de satisfaction, là-haut, au-dessus de la couche d'ozone, s'il nous entend, s'il nous lit.

Je croque une pomme et bois un verre d'eau à la santé de cet allumeur éclairé de sémaphores planétaires.


Les Saints du calendrier

........vers un miracle ?
Deux événements importants au calendrier de ces prochaines fins de semaine. Vendredi sera publié un rapport sur le réchauffement planétaire dans lequel on trouvera les prévisions scientifiques du GIEC (groupe d'experts intergouvernementaux sur l'évolution du climat). Il semble cette fois que plus personne, même pas les plus irréductibles zélateurs de "la croissance d'abord, la planète ensuite" ne pourront contester le constat inquiétant et la menace qui pèse sur la maison Terre.
Trois petits détails significatifs (tiens voilà un beau lieu commun) et illustratifs de ce déréglement climatique :
- les hirondelles de Bretagne ne migrent plus, elles hibernent
- les oiseaux migrateurs transahariens arrivaient au-delà du désert en parfaite synchronie avec le pic d'émergence des insectes dont ils se goinfraient. Rendez-vous désormais manqué, horloge biologique détraquée, ils arrivent trop tard et n'ont rien à manger
- les glaciers de la calotte groenlandaise accélèrent leur vitesse moyenne de descente à la mer (de 8km/h à 14km/h). La prévision d'élévation du niveau des océans (+ 20 à 80 cm dans 100 ans) doit être revue à la hausse. On sera plus près des 2 mètres.
Ce rapport attendu vendredi 2 février (St Théophane).

Autre événement très politique celui-là ; la Madonne au chemisier blanc, ayant entendu toutes les voix qui se sont élevées vers elle (et qui l'éliront peut-être) présentera enfin son programme de candidate à l'élection présidentielle.
Ce sera dimanche 11 février ; regardez votre calendrier, il indique Ste Notre-Dame de Lourdes !!

Rideau .

VLR !

.....Tu m'dis pas ça ! (G.R.)

On connaissait les écolos-marxistes (ou pastèques), l'écologie libérale à Genève, Zürich et dans le canton de Vaud, les catho-écolos (tendance P.Mugny), les écolos-centristes (Cap 21 Corinne Lepage) les verts-fundis (un peu partout), les écolos-pratiques (N.Hulot), les Verts tout court etc.....; il existe cependant une ramification que j'ignorais, elle est plutôt surprenante. Le texte que je me permets de citer ci-dessous ne manquera pas de vous étonner :
"Soyons clairs : aujourd'hui, pour incarner la vraie écologie, ce que l'on appelle parfois "le développement durable" (même si le terme est ambigu), encore faut-il un "Etat durable", un Etat qui s'inscrive dans la durée, dans le long terme ; un Etat qui s'enracine dans la vie et la suite des générations."

Vous voyez où veut en venir ? Non ? Alors je continue la citation :
"Or, par essence, la Monarchie héréditaire c'est la suite même des générations à la magistrature suprême, c'est l'enracinement dans la longue durée. Le Roi n'est que le maillon d'une longue chaîne humaine, fils de roi et père de roi ; d'ailleurs, n'est-ce pas le plus naturel, le plus respectueux des cycles humains naturels, que cette transmission ininterrompue de père en fils ?"

Vous voulez une preuve que l'écologie est monarchique ? Je termine la citation :
"Il n'est pas indifférent de constater que le seul chef d'Etat, à ce jour, à s'être rendu pour un voyage d'étude sur le réchauffement climatique au Pôle Nord, est un souverain, le prince Albert II de Monaco, et qu'il avait été précédé par un autre prince, en attente de trône, le prince Jean de France, duc de Vendôme, actuel dauphin". (J.Ph. Chauvin)

Voila ce qu'on découvre M'sieurs Dames quand on a une heure à attendre dans une gare française et qu'on se met à feuilleter au kiosque des bulletins divers dont certains fleurent bon le lys.

Antonio, s'il te plaît, apprends-nous La Royale !


Vert

"Quand on prend une décision, il ne faut penser ni à soi-même, ni à sa famille, ni à sa génération, mais à la septième génération à venir ". (Orens Lyon, chef Iroquois)

Très étonnante prise de bec radiophonique et libérale hier sur RSR1 lors de l'émission Forum : à ma droite, culotte bleue, Guy Sorman, économiste, écrivain, grand chantre de la croissance et du néolibéralisme ; à ma gauche, culotte verte, Claude Haegi, ancien maire de Genève, ancien Conseiller d'Etat, défenseur d'une écologie libérale. Lui qui s'était déjà distingué il y a quelques lustres en inventant les contrats de confiance avec les occupants illégaux d'appartements (Lissignol par exemple) s'est montré d'une pugnacité incroyable pour défendre l'avenir de la planète face à un intellectuel hautain qui ironisait sur le discours religieux de l'écologie, niait les bouleversements climatiques, disait ne s'intéresser qu'aux hommes (heureux ces chinois, ces indiens en plein développement économique) et ne pas savoir ce qu'était la planète.
"Paroles irresponsables" s'écria Haegi, "la planète c'est notre village" et de se lancer dans des propos que n'auraient pas reniés les plus verts parmi les Grünen.

On dit qu'il existe à Genève une tendance écologiste chez les libéraux.....hmm je dirais plutôt une sensibilité. Il serait temps que celles et ceux qui en sont porteurs fassent un coming out (mais non, pas une scission) et se manifestent concrètement lors de certains votes importants tant au Conseil municipal de la Ville de Genève qu'au Grand Conseil.

C'est la fin de l'année, on peut bien formuler des voeux, dussent-ils rester pieux.