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TOUT PASSE........... Pierre Losio

Enfin en colère !

L'impatience est un vilain défaut (Jeanne Calmant)

J'étais trop impatient ; les Femmes en colère se sont enfin manifestées. Elles (voili un pluriel bien singulier) bifferont le candidat de l'extrême-gauche oecuménique et syndicaliste lors de l'élection au Conseil administratif de la Ville de Genève. Il était inconcevable que la gauche de la gauche, porteuse des valeurs du féminisme militant (et désormais intolérant) se dédît et désignât un candidat homme dans la course au Palais Eynard. Et si en plus cela s'est déroulé par deux fois (à Solidarités d'abord puis au conclave d'A gauche toute) dans des conditions et selon des procédures démocratiques cela devient carrément intolérable.
J'attends encore, pour que mon information soit complète, la position du canal historique "Ni putes, ni soumises"........mais à en croire Radio Lavandières il y aurait des divergences et du schisme dans l'air.

Que toutes ces vicissitudes ne vous empêche pas de profiter du cabri à l'ail et de la bénédiction urbi et orbi.
Ce blog est en vacances jusqu'au 15 avril.

Ah, j'oubliais !
Au championnat du monde de hockey sur glace féminin, à Winnipeg, la Suisse a pris une râclée contre le Canada, 0-9.


Devoir électoral

J'avais signalé la parution à venir d'un courrier de lecteurs dans un quotidien du matin. Il n'est pas paru à ce jour. En accord avec son auteur, je vous le propose aujourd'hui.

En démocratie, selon l’étymologie, c’est le peuple qui dirige. Mais le peuple est, comme tout souverain, un peu paresseux. Il élit donc des représentants pour « faire le boulot » à sa place. Ces derniers - les politiques - étant censés appliquer et mettre en œuvre les désirs du premier. Les élections en démocratie sont donc l’acte civique le plus important puisqu’il organise le transfert provisoire du pouvoir du peuple vers ses élus, sur la base d’un contrat temporaire, la législature.

Or, depuis plusieurs décennies, le peuple boude les élections. Qu’il soit anticipé, facilité, ouvert aux étrangers ou même électronique, le vote n’est plus en vogue parmi la population. Ce constat est alarmant. En effet si la légalité stricto sensu des mandats électifs ne peut être remise en cause, leur légitimité – au sens plus philosophique que juridique – n’est plus du tout évidente. Ainsi, le plus important parti de la ville de Genève, le parti socialiste, avec moins de 20% des voix, ne représente que 6,2% des inscrits. Quant au parti radical, le plus faible avec ses 10% de suffrages exprimés, il ne représente que 3,1% de l’ensemble des électeurs.

Derrière ces chiffres, se cache une double question. Comment en effet le « contrat social » passé entre les deux partenaires que sont le peuple et ses élus peut-il fonctionner si l’un des deux se met régulièrement aux abonnés absents ? Et comment le peuple peut-il se retrouver dans le travail de ses représentants si ces derniers n’ont pas l’assise populaire suffisante pour justifier leur action ?

Cette situation est dangereuse. Non seulement elle ouvre la voie au mécontentement de l’opinion, mais encore, elle pousse de facto à la surenchère populiste dont certains partis font aujourd’hui leurs choux gras. Il est aujourd’hui « de bon ton » de rappeler à tout bout de champ que nous sommes dans un état de droit. Certes, mais les deux tiers des citoyens ont tendance à oublier qu’ils ont également des devoirs. Et que le premier d’entre eux s’appelle « devoir électoral. »

Pierre Gauthier


Des chiffres qui méritent réflexion !

Oui, oui.

Alors qu'on parle beaucoup dans les medias de la poussée du "centre", qu'on tente d'expliquer la déroute de l'extrême-gauche, qu'on argumente sur l'arrogance des uns, la dérive des autres, un ami lecteur de ce blog me fait pertinemment remarquer que les près de 20 % obtenus par le premier parti de la ville de Genève (les socialistes) et les 10 % du parti radical "dernier" des formations ayant atteint le quorum ne représentent respectivement 6,2 % et 3,1 % des électeurs inscrits. Un beau sujet de réflexion.

Je ne peux donc que vous suggérer de guetter avec attention un courrier de lecteurs à paraître sous peu dans un quotidien du matin où ce constat chiffré fera l'objet d'un très intéressant développement.

Ah, j'oubliais !
Lors de la 9ème journée du championnat suisse de rugby Genève-Plan-les-Ouates a battu Nyon par 28 à 17.


Celles et ceux.......

(considérer le pronon démonstratif ci-dessous de façon éponyme)

Ceux qui espèrent
Ceux qui désespèrent
Ceux qui y croient
Ceux qui n'y croient plus depuislongtemps
Ceux qui frisent le quorum
Ceux qui en sont sont loin
Ceux qui vont apparaître
Ceux qui vont disparaître
Ceux qui raient le parquet
Ceux qui rasent les murs
Ceux qui sont dans les starting block
Ceux qui cherchent leur numéro de dossard
Ceux qui y seront tôt pour être sûr de passer à Léman Bleu
Ceux qui y seront tard et qui passeront de toute façon chez l'animateur des grandes surfaces politiques
Ceux qui ont tracé leur plan de carrière
Ceux qui ont tracé leurs collègues de parti
Ceux que l'on perdra à la trace
Ceux qui" non debleu j'trouve plus c't'enveloppe des votations et c'est bientôt midi !"
Ceux qui n'ont voté que pour des femmes
Celles qui n'ont voté que pour des hommes
Ceux qui vont prendre une veste
Ceux qui vont rouler les mécaniques
Ceux qui flippent déjà
Ceux qui flipperont quoiqu'il arrive
Ceux qui devront en rabattre...hé oui....
Ceux qui seront élus à 21h et se réveilleront battus demain matin.
Ceux qui une fois de plus seront décus du taux de participation
Ceux qui compâtiront à la défaite de leurs adversaires
Ceux qui " on l'avait bien dit..."
Ceux qui se sont trompés dans leurs pronostiques
Ceux qui ne sont pas candidats et qui iront voir
Ceux qui ne sont pas candidats et qui iront pour être vus

Tous ceux-là et bien d'autres seront à Uni Mail ce dimanche après-midi et jusque tard dans la soirée pour participer à ce grand moment de convivialité civique que constitue le dépouillement, la lecture et les commentaires des élections municipales genevoises.

Ah, j'oubliais !
En motocyclisme, au Grand Prix d'Espagne, dans la catégorie 125 cm, le jeune français Mike di Meglio s'est fracturé la clavicule gauche et s'est fait poser des points de suture au menton.


Réflexe

On me l'a dit. Il faut que je me venge (La Fontaine)

La demi-heure consacrée aux questions orales des conseillers et conseillères municipaux est toujours un moment très prisé (occasion de se faire remarquer en période électorale mais aussi possibilité que soit concrètement réglé un problème de voisinage, de quartier, de passage clouté). Ce début de séance vaut souvent son pesant de cacahuètes ; on en a eu un hier en fin d'après-midi. Passons sur la question du croquignolet conseiller radical qui ne lit pas le document contenant la réponse à son interrogation (faire du sous Maudet c'est vraiment dérisoire) et attardons-nous plutôt sur celle que l'ancienne présidente du conseil municipal, passionaria des artistes genevois actuellement en révolte, a adressée au magistrat en charge des affaires culturelles, Patrice Mugny. En résumé ça donne :
- Pouvez-vous nous assurer que les artistes qui se sont manifestés de manière visiblement médiatique et identifiable contre le transfert des charges cantonales culturelles à la Ville de Genève ne seront menacés ni dans leur statut ni dans leur subventionnement ?
Plus simplement dit : "M. Mugny, est-ce que ces artistes encourent les foudres de votre vengeance ?"
......et il a répondu le brave ! Il s'est dit étonné qu'on puisse poser une telle question et a mis au défi l'interpellante de donner un exemple qui pourrait laisser croire qu'il y aurait rétorsion de sa part.
Et oui, on en est là. Je m'étonne que le magistrat s'étonne. La représentante d'A gauche toute a simplement eu besoin d'apaiser une angoisse soudaine qui monte des profondeurs de l'idéologie qu'elle défend et qui a si bien été illustrée dans les pays qui l’ont adoptée par la persécution des artistes opposés au pouvoir existant. Imaginer que le très chrétien Mugny pût se transformer en loup de La Fontaine ne relevait donc pas de la provocation ou de l'offense mais d'un phénomène bien connu qui s'appelle le réflexe pavlovien.
T'hallucines Catherine !

Question orale : Quand tu seras ministre de la culture, chère Catherine, aurai-je une chance d’obtenir une subvention pour mon orchestre (excellent orchestre) des Clackos après avoir pondu ces lignes si primairement anticommunistes ?


Horoscope électoral


La campagne pour les élections municipales entre aujourd'hui dans sa phase finale ; à une semaine de l'échéance, osons un pronostique.

Le parti libéral (17,5 %) pâtira moins qu'on ne le pense des soubresauts qui ont animé la chronique. L'absence de présidence unicéphale n'aura qu'un effet limité sur le socle dur de l'électorat de la droite traditionnelle. Perte : 2-3 sièges
Bénéficiant de son rétablissement interne et d'une tête de liste sur qui a été axée toute sa campagne le parti radical (8,6 %) devrait progresser très légèrement. Gain : 1-2 sièges.
A limite du quorum dans l'arondissement Ville de Genève lors des élections cantonales de 2005, le PDC (7,4 %) devrait garder garder cette fois encore la tête hors de l'eau et éventuellement avancer, profitant de sa locomotive femme qui a une assez bonne visibilité médiatique. Status quo ou gain 1 siège.
L'UDC (9,5 %) n'a pas particulièrement brillé par la qualité de sa députation dans la législature écoulée mais peut compter sur un électorat profilé. Subira probablement une légère érosion due à des listes de droite jouant sur la nouveauté. Perte 1-2 sièges.
La Droite Libérale quant à elle récoltera quelques miettes provenant d'électeurs droitistes désemparés. Quorum non atteint.
Il y a de bonnes probabilités pour que le MCG (7,3 %) fasse son entrée au Parlement de la Ville, bien que son message à 180 degrés manque de clarté. Quorum atteint.
Le trend actuel est en faveur des Verts (16,1 %) qui devraient progresser mais peut-être de façon moins spectaculaire qu'à l'automne 2005. Gain : 3-4 sièges.
Les socialistes (15,7) seront aussi en légère progression et se retrouveront peut-être sur la même ligne que les écologistes. Gain 1-2 sièges.
L'unité momentanément retrouvée de l'extrême gauche (17,9 %) assurera sans doutes possibles le quorum mais ne suffira pas à comptabiliser le total des voix réunies en Ville lors des cantonales de 2005. Perte 3-4 sièges.

Et voili. Rendez-vous dimanche pour constater la fiabilité de ces prévisions..... fort prudentes j'en conviens. Le passage du quorum ou l'échec du MCG rend évidemment cette arithmétique fort aléatoire voire fumeuse.

les % entre parenthèses correspondent au résultat de chaque parti sur le territoire de la Ville de Genève lors des élections cantonales de 2005


La loi ne dipose que pour l'avenir.....

...... elle n'a point d'effet rétroactif. (14 ventôse an XI)

Vous avez voté Oui le week-end dernier ? Pour que notre ville et notre canton restent propres et ne soient pas souillés par les affichages pollutifs de celles et ceux qui ne peuvent se payer ni les trapèzes ni les encarts SGA mais qui contribuent, par leurs activités, au maillage social, culturel et sportif de la communauté genevoise ?

Vous êtes donc partisans du propre en ordre et je vous invite à faire un tour dans les villages de la Champagne, d'emprunter routes secondaires et chemins vicinaux. Vous constaterez que les affiches électorales des partisans de la sévérité en matière de réclame (visages et sourires conquérants) ornent les lieux les plus incongrus, décorent les arbres, défigurent le patrimoine rural.

Il est vrai que ces Winkelried du "bien dégagé vers les oreilles" ne sont plus à une contradiction près dans leur pêche à l'électeur....... et que la loi n'est pas encore en vigueur !


Encore une couche

......juste une, et on se calme !

Il y a bien des semaines que je me tiens à carreaux et que j'évite de polémiquer avec les partenaires socialistes, mais "voilatipas" (comme disent les délicieuses dames d'âge mûr à la boulangerie de Graziella le matin) qu'un des représentants de la tendance révolutionnaire du PS genevois réarme sa "kalach" et, dans un quotidien d'audience romande, envoie des rafales contre les Verts. J'ai cessé récemment de m'énerver contre les "papiers" d'une feuille solidaire trotskyste qui traîne mon parti dans la boue avec la régularité septuagénaire de ceux qui sont toujours en train de construire le parti des mélodies futures et heureuses. J'ai également cessé de m'étonner des votes souvent tri-tendanciels des élus socialistes à la commission des finances ; l'exploitation électoraliste d'une soit-disant crise de la culture par les roses ne m'agace même pas...... mais l'interview du conseiller national-barbudo, la suffisance des propos qu'on peut y lire provoque en moi une légère démangeaison que je me dois d'apaiser avant qu'elle vire au prurit.
Si le PS n'a de conseils à recevoir de personne, il a des leçons à donner. Et il ne s'en prive pas surtout quand il jouit d'une assise largement majoritaire dans une alliance. J'en ai fait l'expérience dans une législature municipale antérieure où les Verts n'avaient que 8 élus. Le respect de la diversité, des minorités remplacés par une tolérance hautaine, les propositions que nous avancions prises en compte à titre de concessions, sans parler de la pression exercée lors de votes importants.
Aujourd'hui les Verts ne sont plus sur le porte-bagages de la mobylette, le temps du strapontin est révolu et ça dérange ce grand parti assis depuis "cent ans" sur ses repères ; en passe d'être doublés (à Genève) par des verts "nez dans le guidon", culpabilisés par l'absence de l'ADG au Grand Conseil, hésitant entre le gouvernementalisme et l'opposition, les roses s'agitent, gesticulent, dénoncent, intentent des procès d'intention, font entendre des voix discordantes.
C'est tout à fait typique dans le dossier culturel qui agite en ce moment les esprits. Je cite : "j'imagine qu'avec leur magistrat municipal Patrice Mugny qui trébuche dans sa politique culturelle, les écologistes ont des raisons d'être un peu déboussolés.." Quelle impudence ! Faut-il rappeler (oui il le faut) à M. le conseiller national-barbudo que le transfert des "charges" culturelles de l'Etat à la Ville de Genève est une proposition qui émane de l'Association des communes genevoises (ACG) dont le président est un influent édile du parti socialiste ?
Non, le magistrat Mugny ne s'est pas "encoublé" dans la conduite de sa politique, pas plus que nous, les Verts, avons affirmé que le magistrat Charles Beer avait trébuché dans sa gouvernance du dossier de l'école primaire !

Je ne saurais trop souhaiter que cessent ces polémiques inutiles, que le grand parti à la rose achève rapidement sa démonstration de gym-jazz électoraliste, que nous gagnions ensemble les municipales et qu'au lendemain du 25 mars nous présentions ensemble 3 candidats pour le Conseil administratif. Cela implique évidemment que celui de nos deux partis qui aura obtenu le moins de suffrages retire une de ses candidatures : quant à nous, nous le ferons sans tergiverser.


Jardinage politique

.......des roses et des choux !

Une de mes collègues de parti, candidate compétente au Conseil administratif de la ville de Genève, s'est fait l'écho, en fin de semaine dernière, sur le plateau de l'animateur des grandes surfaces politiques de la Praille, d'une expression qui m'est chère puisque je l'ai employée tant de fois dans l'enceinte du parlement de la cité ces dernières années : la culture potagère.

Il n'est pas question ici des jardinets que l'on pourrait installer dans la cour ou au pied de nombreux immeubles gérés par la GIM, mais bien d'une façon dépassée de concevoir et d'appliquer la gouvernance d'un collège exécutif. Il faut effectivement en finir avec la culture potagère de l'exercice du pouvoir : chacun son jardin, chacun ses projets ; en fait comme disait l'humoriste Pierre Miserez dans son premier spectacle "Fais pas ch..... Bandelier, c'est mon sapin". Il s'agit, au contraire, de se mêler des affaires de sa/son collègue, de mesurer collégialement, avant le dépôt d'un crédit à l'ordre du jour du Conseil administratif le degré de priorité et l'impact financier du projet à l'aune de la politique globale des investissements. Cela éviterait à l'administration de travailler parfois à vide (l'objet peut in fine ne pas passer la rampe du CA), épargnerait des discussions se transformant parfois en scènes de souk (si tu soutiens ma patinoire, je soutiens ta bibliothèque... exemple vraiment fictif) et permettrait au CA de parler d'une voix unie dans la défense d'un projet. Ces quatre dernières années la cacophonie a parfois (souvent ?) remplacé l'harmonie dans la mélodie gouvernementale, résultat d'une culture potagère de la gouvernance.
L'absence de femmes au sein de l'exécutif s'est notamment fait sentir sur ce point, j'en suis persuadé. Toutes les candidates au Conseil administratif ont conscience de cette problématique horticole et maraîchère ; n'ont-elles pas déclaré unaninement et au-delà des partis : "Nous sommes prêtes à gouverner ensemble". C'est en tous cas ce dont la Ville a besoin.

Puisse le prochain exécutif municipal naître plutôt dans les roses (comme les petites filles) que dans les choux (comme les petits garçons)....car il risque d'y rester une législature de plus et de trop !


La culture genevoise en ébullition

.....suite

Alors que vendredi matin au foyer de la Comédie se réunissaient les milieux culturels inquiets de leur avenir subventionnel, sur le plateau de cette même Comédie (très beau spectacle d'A.Bisang) on pouvait, le soir, saisir au vol cette réplique de Johannes Vockerat, le tourmenté mari des "Ames solitaires" de Hauptmann :

- Toujours ces histoires d'argent ! Toujours cette peur !

Etonnant, non ?