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TOUT PASSE........... Pierre Losio

Drôle d'oubli

Les 1000 romans qu'il faut avoir lu.

Je feuilletais chez des amis ce pavé qui recense les ouvrages indispensables à l'édification du plaisir romanesque. Quelques titres oubliés évoquaient  en moi des lectures de jeunesse, des plaisirs de vacances pluvieuses, de longs voyages en train......
Intrigué par une absence je me reportai à l'index figurant à la fin de ce pavé et oh stupeur le nom de Charles-Ferdinand Ramuz n'y figurait pas. C'est un scandale pensai-je avec conviction.
Dès le lendemain j'entrepris pour la xème fois la lecture de "La beauté sur la terre".

Si vous n'avez jamais lu Ramuz ou si ce titre vous a échappé vous savez ce qu'il vous reste à faire.

Je vous souhaite beaucoup de plaisir.

Tu veux ....

..... ou tu veux pas ?

La semaine dernière j'observais au bord du lac les gesticulations aquatiques de deux grèbes qui honoraient le rite  de la période prénuptiale ; c'était simple et beau comme tout ce que nous offre la nature.

Je n'ai pu m'empêcher d'y penser (simplicité et beauté mises à part) lorsque qu'à peine connus les résultats de l'élection du procureur général ont commencé à se faire entendre les roucoulements de la presse et d'une partie de la classe politique qui, de manière prémonitoire, envisageaient les fiançailles inéluctables de l'UDC avec les partis de l'Entente. Les manoeuvres en vue des élections cantonales 2009 ont donc commencé.

Un ménage à quatre pour conquérir une majorité au Conseil d'Etat se dessine. L'impétrant UDC, par la bouche de son président Soli Pardo se fait tout sucre tout miel. Patient et lucide, il sait que son parti est incontournable. Le PDC a encore des états d'âme, il le fait savoir fébrilement car c'est sur lui que la pression va s'exercer. Ses prochaines et importantes assises devraient déterminer une ligne politique que sa tendance chrétienne-sociale entend bien influencer.

Alors, union de la droite ? Partenariat électoralement enregistré ? Elan solitaire au centre ? On en est aux préliminaires. Ils se dégustent avec gourmandise du côtés de l'UDC. Mais l'heure de l'apéro ne dure pas et il faudra bientôt passer à table. Quel goût aura le repas de ces commensaux ? Sera-ce un pique-nique canadien Y aura-t-il assez à manger pour tout le monde ?   

Congrès

Les verts genevois se réunissent samedi.

D'aucuns se réjouissent de retrouvers des amis, des sympathisants, des militants qui oeuvrent dans les communes suburbaines ; d'autres avouent s'y ennuyer parfois tant leur paraît longue la partie administrative et formelle. A ce propos ce sera l'occasion de remercier le président sortant Antonio Hodgers (et son comité) pour l'excellente visibilité qu'ils ont su maintenir quant à l'image de notre parti et d'accueillir avec enthousiasme le retour d'une femme à la tête des Verts genevois, la très sereine mais tenace Anne Mahrer, ancienne présidente du Grand Conseil.
Notre parti s'est beaucoup employé à réformer son fonctionnement interne et s'est donné quelques bonnes règles de gouvernance : parité sur les listes pour toutes les élections, parité pour l'accession au comité cantonale, limitation de ce dernier à 10 membres élus et 10 membres droit, interdiction du cumul des mandats.
Et la politique, me direz-vous ?
J'attends avec impatience la relation de nos deux conseillers d'Etat et surtout celle de notre cheffe de groupe au Grand Conseil. Notre députation est largement minorisée au Parlement et les efforts déployés pour faire passer quelques textes sont sans mesure avec l'énergie investie. Très souvent (trop souvent ?) contraints à adoucir et atténuer les propositions de la droite, notre députation s'est montrée très déterminée (trop déterminée ?) dans son soutien sans failles au gouvernement qui tient fermement sa feuille de route développée dans le discours de St-Pierre. Cette position indispensable à la stabilité gouvernementale engendre parfois des frustrations et des déceptions. Nous avons choisi une position claire : "être avec le Conseil d'Etat"..... pas un pied dedans et l'autre à la marge, voire dehors. Certains nous accusent de suivisme, alors que nous assumons nos responsabilités de parti de gouvernement.
Il serait peut-être temps de revenir à nos fondamentaux (non pas qu'on les ait négligés) en marquant nos actions en dehors du Parlement par voie d'initiatives dans le domaine environnemental et social (congé parental par exemple). Reprendre souffle à mi-législature et affirmer davantage notre identité verte alors que se profilent déjà dans un peu plus d'une année les élections cantonales.
Notre parti a grandi, s'est rajeuni. Il dispose en hommes et en femme, en idées et en convictions des ressources nécessaires pour affronter cette importante échéance avec confiance 


Musiques

....et limonade

On s'agite beaucoup autour de l'Alhambra, salle à l'acoustique exceptionnelle, chargée d'histoire et d'une grande valeur patrimoniale.
Il semble qu'on devrait choisr entre un débit de boissons très fréquenté et une salle de concerts dont la conception serait incompatible avec la survivance de l'Alhambar.
Je crois plutôt qu'on devrait s'interroger sur le devenir de la salle elle-même, mettre à plat un cahier des charges de la gestion de ce lieu idéalement situé au centre ville.
S'il s'agit d'une salle destinée à recevoir près de 200 concerts par année suceptibles d'accueillir près d'un millier de spectateurs à chaque occasion, l'Alhambra ne sera rien d'autre qu'un nouvel Arena ; dans ce cas un bon intendant technique, un tableau excel pour les réservations et une buvette suffisent à combler les attentes des entrepreneurs de spectacles.
Si on veut donner une âme à cette salle, il lui faut une direction pour établir une saison porteuse d'identité, avec des thématiques, des accueils festivaliers, des activités paramusicales et bien entendu un espace pour se restaurer qui soit en harmonie avec l'image et la ligne programmatique insufflée par la direction de la salle. On est dans ce cas de figure à l'opposé d'un simple lieu de consommation musicale et un Alhambra identitaire demandera des moyens financiers pour produire une saison.

Est-il déjà trop tard pour évaluer ces deux mélodies et avoir un débat de fond sur l'avenir de cette salle qui aiguise semble-t-il bien des convoitises ? 


Aux urnes, italiens

...ou al mare

Ce que redoute secrètement la classe politique italienne c'est que bon nombre de citoyens passent leur dimanche à la mer (ou à la campagne) et que le taux d'abstention soit fort élevé.
Une des explications tient peut-être dans le fait que ces élections, fortement polarisées en le peuple de la liberté de Berlusconi et le Parti démocrate de Veltroni, font apparaître un nombre impressionnant de candidats-es qui ont déjà été condamnés (corruption, concussion, faux dans les titres,....) ou qui ont bénéficié de la prescription d'un délit ou encore qui se trouvent actuellement sous enquête, voire en attente de jugement.
Sur le blog de Beppe Grillo (le Coluche transalpin) on trouve la liste détaillée de ces "eccelenti" candidats qui se répartissent comme suit sur les listes proposées :

Popolo della liberta (Berlusconi) : 56 !!!!
Parti Démocrate (centre gauche) : 18
UDC (ex démocratie chrétienne ) : 9
Ligue du Nord : 8
Parti socialiste : 3
Arc-en-ciel (extrême-gauche et verts) : 3
La Droite (pure et dure, voire fascisante) : 2
Avortement Non Merci : 1
Italie des Valeurs (de l'ex-juge di Pietro) : 0

Ils-elles sont tout juste 100 !

Pas de quoi inciter vraiment au civisme dominical !

 


Un bel anniversaire

et un beau théâtre

Il est une bâtisse sur la rive gauche de l'Arve où s'affairent des enfants, des adolescents et quelques adultes passionnés.
On y cultive avec rigueur un artisanat du théâtre qui offre depuis 30 ans des histoires ciselées à coup d'humour, de musique et d'émotions.
Ca respire le bonheur et la générosité.
On va au Théâtre du Loup comme on va à la fontaine, naturellement.

Ces trente ans d'activités, de créations, d'accueils et de fêtes méritent d'être salués avec chaleur, amitié et gratitude.

Bon anniversaire cher Théâtre du Loup !


Surpris

.....  et même fâché.

J'avoue avoir été particulièrement déconcerté par les propos tenus récemment par le directeur de Pro Helvetia, Pius Knüsel qui s'en est pris à la qualité de la production artistique de notre pays. Il paraîtrait qu'on soutient tout et n'importe quoi, sans avoir la rigueur nécessaire dans l'évaluation des projets. Je suis d'autant plus choqué que je participe actuellement aux ateliers du Forum culturel organisé avec ardeur et compétence par le RAAC, que je redécouvre les conditions difficiles dans lesquels travaillent, entreprennent et s'efforcent de développer la création les artistes que l'on affuble souvent avec condescendance de l'adjectif "locaux".

Pour avoir participé aux magnifiques aventures culturelles des années 70 (Festival de la Bâtie, AMR.....) je suis en mesure d'évaluer la progression qualitative du milieu musical, théâtral jusqu'à l'irruption de la danse contemporaine dans notre paysage culturel.

Le talent à l'état brut a besoin de faire ses gammes, de se tromper, de se lancer sur des chemins aventureux, de trouver des formes, de les inventer, de les revisiter. Une longue et parfois douloureuse grossesse qui doit être accompagnée, soutenue, encouragée.

Seule une politique culturelle attentive aux balbutiements et qui favorise résolument l'émergence est susceptible de porter à long terme des fruits de cette fameuse "qualité" dont semblait vouloir parler avec une bonne dose de provocation Pius Knüsel. Vouloir l'ignorer, négliger ce terreau qui bruisse parfois dans la marge c'est se voiler la face et restreindre fortement les champs du possible dans lequel se débat l'acte de création. 


Heure d'été

A celle que j'aime

Le temps passe, l'heure change et tu demeures immuable au coeur de mes jours. Merci !


Bleu pétrole

Le dernier opus d'Alain Bashung est un bijou.


Imperméable aux modes musicales et toujours contemporain. Il poursuit son "footing au milieu des algues et des coraux", petit insecte aquatique et élégant ; il refait occasionnellement surface muni de son étincelant couteau qu'il manie obliquement pour tracer de nouveaux sillons tout à la fois obscurs et paisibles qui traversent  d'envoûtants espaces chaleureusement habillés par le son languissant et omniprésent d'une sèche guitare qui ne l'a jamais quitté.

"Je suis un apache" dit-il sobrement. Oui !

Alain Bashung, grand petit bonhomme depuis si longtemps debout fièrement sur le trop souvent morne territoire de la chanson française  


AUBP

Un bel anniversaire !

On était à la fin des années 80 ; ce qui était à craindre se précisait. La FAO annonçait à la rubrique"autorisations" d'abord le réaménagement puis la reconstruction des Bains des Pâquis. Ce qui signifiait de fait la destruction des Bains des Pâquis.
Les autorités de la ville de Genève allaient gommer de la rade cette silouhette sobre et paisible sur la jetée de la rive gauche construite en 1932 pour y construire un aqualand. Elles allaient, sans le savoir encore, au devant d'un échec de politique urbaine les plus cuisants qu'on ait connu. Elles soulevaient un puissant mouvement populaire (au sens noble du terme) de révolte qui prit forme dans l'AUBP, animés par des citoyens dont l'engagement, la détermination, le sens pratique furent exemplaires.

Le résultat du referendum fut sans appel, les Bains des Pâquis étaient sauvés.

Aujourd'hui c'est un lieu d'excellence, géré par la même association, où il fait bon vivre, en été comme en hiver, ; on s'y restaure pour quelques fifrelins, on prend soin de sa santé, on s'y amuse, on y refait le monde sous les canisses des terrasse, on y danse, on y joue aux cartes, aux boules, on y voit des expositions.....on y vit simplement, la qualité avant tout.
Je pourrais citer tant de noms qui alimentèrent l'esprit de ce lieu, tant d'épisodes heureux, des spectacles....... j'y renonce.

Hier l'Association des Usagers des Bains des Pâquis fêtait ses 20 ans.
Je tenais à lui dire citoyennement et di cuore un grand MERCI !