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TOUT PASSE........... Pierre Losio

Pôv nounours

....ou la vie des bêtes (Reiser)

A l'heure ou la république du Congo goûte aux plaisirs de la démocratie tandis que ses hippopotames se font rarissimes, où Genève se déchire sur les bienfaits de la muselière, où l'UDC choisit un bouc comme mascotte et où on flingue une louve au pays de Maurice Chappaz, laissez-moi vous conter la triste histoire de l'ours Mitrofan.

Ce brave animal domestiqué, allègre et gentil, vivait paisiblement du côté de Vologda au nord de Moscou jusqu'à ce que se pointe, à l'improviste, fin août dernier, Juan Carlos d'Espagne qui a la grande qualité d'avoir sauvé son pays du coup d'Etat fasciste du colonel Tejero et le vilain défaut d'être un chasseur invétéré. Désarroi chez les autorités locales, le roi ne s'attardera que peu à Vologda ; il faut de toute urgence organiser une battue à succès digne de cette royale couronne. Peu sûrs de leur coup les apparatchiks locaux organisent alors la plus abominable des mises en scène : Mitrofan le brave est saoûlé à force rasades de vodka agrémentée de miel, transporté dans une cage sur les lieux de la traque et offert (pêté comme un coing) en victime sacrificielle à la gachette du Bourbon.


Cette lamentable histoire est confirmée dans une lettre signée de M. Starostin, vice-directeur du dpt pour la protection et le développement des ressources de la chasse des terre de Vologda. Faut dire que Juan Carlos est un récidiviste ; il avait déjà été l'auteur d'un carnage en 2001 : huit plantigrades abattus dans les Carpates. Et où était-il à l'été 2005 quand 17 soldats espagnols moururent en hélicoptère dans le ciel d'Afghanistan ? Il chassait l'éléphant au Botswana, le bougre de Sire.


Pour la bonne compréhension de ces quelques lignes, sachez que Juan Carlos est président d'honneur du WWF et à ce titre le garant maximal du droit des animaux.


Sans rancune, camarade.... bis

.......si vous cherchez la bagarre (Johnny Hallyday)

Ils avaient pourtant promis que les chicaneries cesseraient, les camarades, lors de leurs retrouvailles ; ils avaient même trouvé un nom de baptême ronflant pour le bébé né de leurs amours renaissantes au pied du foyer encore fumant de la déroute d'octobre 2005 : AGT (A gauche toute !). C'était le 18 septembre dernier.

Un mois et quelques jours plus tard éclate déjà une bagarre au fond du préau, nous apprend l'organe officieux de l'extrême-gauche (lire le Courrier)....... et une bagarre non pas pour une divergence fondamentale concernant la ligne politique à suivre, que nenni.
Figurez-vous qu'une récente présidente du Conseil municipal de la Ville a annoncé qu'elle était à la disposition de son mouvement pour une éventuelle candidature au Conseil administratif.
- "Elle n'a pas respecté les procédures que nous avions arrêtées ! " s'est immédiatement exclamé, plein de courroux, le syndicaliste Pagani qui depuis longtemps avait les Adidas lacés dans les startingblocs en vue de succéder à C. Ferrazino. Vous voyez à quelle altitude se situe le débat politique.

Suite à la déconvenue des élections cantonales dont les caciques de l'ex ADG portent la responsabilité, il fallait que de nouvelles têtes émergeâssent pour redonner espoir et confiance aux militants Assommés Groggy Tannés (AGT)...... et coucou, revoili Saint Rémy, sabre au clair, qui ferraille pour des procédures sur le chemin du Palais Eynard ! Si Saint Pierre, Saint Jean et Saint Christian s'en mêlent, l'enseigne toute neuve de l'extrême-gauche pourra désormais afficher : Au Grand Tabassage (AGT).

"Mais pourquoi recommencent-ils à se déchirer ?" se demandent certains, dépités.
La vraie question qu'il faut leur poser est toute autre : voulez-vous vraiment gouverner ?

Pour ma part, je continue à en douter.

Vieux ?

"....fais pas ch..... Bandelier c'est mon sapin !" (P.Miserez)

"Nos politiciens ne sont ni de gauche ni de droite, ils sont vieux" déclare Fabio Briatore, directeur du team Renault de Formule 1 parlant de la classe politiqie italienne et annonçant son éventuel engagement au service de la Res Publica.
Vieux, en fait ce n'est qu'une information liée au déroulement du temps auquel personne n'échappe. Vieux politiquement se réfère bien davantage à une attitude 4ème république française, une culture politique qui freine la bonne gouvernance empêche que chaque membre d'un exécutif se sente investi de l'entière responsabilité d'un collège gouvernemental quel que soit son dicastère d'activité.
On a au bout du lac deux exemples contradictoires ; l'un, le Conseil d'Etat qui travaille solidairement et communique sur la même longueur d'onde par rapport à ses projets, ses objectifs et gagne en crédilité dans la population. L'arrivée notamment de F.Longchamp et D.Hiler n'est certainement pas étrangère à cette perception que nous pouvons avoir d'être gouverné de façon lisible et inspirant confiance.
L'autre exemple c'est celui du Conseil administratif de la Ville de Genève qui a accumulé les déclarations cacophoniques chaque fois qu'un dossier brûlant venait à la surface. Une forme potagère de la culture politique qui implique le "sauve qui peut ma vie", le "chacun son champ clos", l'absence de solidarité gouvernementale qui crée le trouble chez les citoyens et donne une lecture, une compréhension très approximative des situations problématiques et qui masque les nombreuses réalisations positives accomplies. Il faut espérer que les prochaines élections municipales amèneront au Palais Eynard des femmes et des hommes d'une autre culture politique prêts à bêcher, râtisser, semer dans un jardin commun. Parmi celles et ceux qui sont aujourd'hui officiellement candidats j'en vois trois sur lesquels on devrait pouvoir compter pour travailler dans ce sens et faire tomber les obstacles à une bonne gouvernance : P. Mugny, S.Salerno et P. Maudet. Heureusement la liste n'est pas encore définitivement close.
Vedremo....wait and see....

Dictons

...on dit...on dit...

On dit : fort comme un turc
doux comme un agneau
bavard comme une pie
menteur comme un soutien-gorge
saoûl comme un polonais
fier comme Artaban
con comme un balai

.......................

Désormais on dira : beau comme le dernier disque d'Ornette Coleman.


Ding-ding-ding

Benoît XVI s'est-il censuré ?

La sonnette de la contrition a tinté trois fois : Sa Sainteté a finalement renié le Manuel II Paléologue qu'il avait cité le 12 septembre à Ratisbonne, il s'est rétracté et il a présenté ses excuses aux ambassadeurs des pays musulmans à Castel Gandolfo (qui est moins éloigné de Rome que Canossa).

Il a en somme administré la preuve que la peur de l'Islam limitait notre liberté d'expression jusqu'à celle même du pape. C'est aussi l'évidence d'un paradoxe car en fait, pour les laïques dont je suis, la liberté d'expression n'a rien à voir avec les discours du successeur de Saint-Pierre. Le pape ne peut pas dire ce qu'il veut ; il n'est autorisé à dire que ce que la religion chrétienne lui permet de dire, à savoir des vérités fondamentales établies notamment dans les Saintes Ecritures. Ces vérités pour un laïque sont la fin du parcours alors que pour un croyant le parcours commence par la vérité, le chemin n'étant plus qu'une divagation au sens strict du terme. La religion, fondamentaliste ou pas, s'oppose toujours à liberté d'expression, à la liberté de recherche scientifique, à la liberté sexuelle, à la liberté de pensée. Le pape sait bien que sa liberté d'expression est limitée et il sait aussi que pour limiter la liberté d'expression son Eglise a inventé l'hérésie.

"Toi qui connais la fin du film, dis Marylin, est-ce un baiser ?"

merci à F.M. pour son éclaraige avisé sur le sujet

Un dimanche de septembre

Je me souviens......

Je me souviens avoir "mis" des notes pendant plus de trente ans
Je me souviens que si je n'en avais pas "mis" ça n'aurait rien changé
Je me souviens avoir milité pour la suppression des prix scolaires et pour les UCE (unités coopératives d'enseignement) il y a trente ans
Je me souviens du jour où j'ai reçu le "P'tit bleu" dans la salle des maîtres de mon école
Je me souviens que la rénovation était une démarche généreuse
Je me souviens avoir pensé et clamé que sans moyens supplémentaires cette rénovation aurait de la peine à réussir
Je me souviens du doute de certains de mes collègues
Je me souviens de l'enthousiasme de certains de mes collègues
Je me souviens qu'il y avait beaucoup de séances et que certains de mes collègues auraient légitimement préféré manger à midi en famille
Je me souviens que peu à peu ceux qui doutaient ont été diabolisés
Je me souviens de l'influence toujours plus accrue des bonnets pointus de l'Université
Je me souviens qu'il manquait un-e pilote crédible dans l'avion de la rénovation
Je me souviens qu'il manquait une colonne vertébrale solide et crédible à la direction de l'enseignement primaire
Je me souviens que l'onanisme projectuel était encouragé
Je me souviens de la multiplication des systèmes différents dans les écoles du canton
Je me souviens qu'on se souciait peu de l'unité de l'école républicaine
Je me souviens que les talibans sont apparus dans chaque camp et que l'autisme s'est répandu
Je me souviens de l'intransigeance suffisante de la majorité de droite du Grand Conseil sur ce dossier
Je me souviens que le peuple vient de plébisciter l'initiative d'ARLE
Je me souviens que le président de la SPG trouve arrogant qu'ARLE s'invite à la table des négociations en vue de la rentrée 2007
Je me souviens avoir appris que le peuple a toujours raison (j'aime ce magnifique lieu commun)
Je me souviens m'être interrogé sur la responsabilité de mon syndicat, de son comité, de son président
Je me souviens que la pédagogie n'est pas une science exacte


Je me souviens avoir fait un beau métier
Je me souviendrai de ce 24 septembre


Question impertinente ?

......allons donc.
Lors de la première émission de "Genève à chaud sur Léman Bleu", le démonstrateur de grandes surfaces en charge de l'animation avait demandé au Conseiller d'Etat Charles Beer si, au soir du 24 septembre en cas de défaite, il envisageait de démissionner.

Plus l'échéance approche et plus je me dis qu'il serait vraiment pertinent de poser cette question à celui qui a mené le combat au nom des enseignants : "Monsieur Baud, président de la Société Pédagogique Genevoise, pensez-vous à démissionner si le peuple donnait une majorité de voix en faveur de l'initiative d'ARLE ?".
Etant encore membre cotisant de ce syndicat, je me sens autorisé à lever le doigt et à interpeller le chef suprême.

Mais bien évidemment, en cas de victoire du 2 x non, on saura que définitivement que le leader maximo des instituteurs-trices est infaillible, comme Benoît XVI.

Les notes à l'école

Qu'en pensent les enseignants, peut-on lire sur la manchette d'un quotidien ce matin ?

Si je devais répondre au débotté je dirais ceci : j'ai "mis" des notes aux élèves de l'école primaire pendant une trentaine d'années.....si je n'en avais pas "mis" je n'ai pas le sentiment que ça aurait changé grand'chose.
C'est un peu court ; je crois cependant avoir mesuré "où c'est profond", dans un quartier dit très défavorisé, j'ai même eu des classes dans lesquelles aucun enfant n'était de langue maternelle française. Les notes ne sont que l'aspect visible du prurit émotionnel que vit l'école depuis quelques années, prurit alimenté par des dermatologues talibans qu'ils soient philosophes ou pédagogistes. Les enseignants n'ont pas été entendus, ceux qui doutaient de cette réforme comme ceux qui avaient compris que cette rénovation était gourmande en postes d'encadrement et qui en réclamaient. On a diabolisé les premiers qui, sans réponse à leurs inquiétudes se sont retrouvés chez ARLE et balader les seconds avec un pilotage calamiteux du projet.


Je crois avoir passé beaucoup trop de temps à évaluer et celà au détriment du temps d'enseignement, du travail différencié. Note ou pas note, reste primordiale la crédibilité de l'enseignant face à ses élèves, elle s'établit sur la qualité et la vérité d'une relation qui fonde la légitimité des exigences et leur reconnaissance par les enfants. Mais la crédibilité ça ne s'apprend pas à l'université. Je persiste à penser que le beau métier que j'ai pratiqué est un métier où l'instinct occupe une place prépondérante et j'ai toujours gardé présent à l'esprit les leçons des grands maîtres de pédagogie que furent pour moi Célestin Freinet, Jean-Pierre Guignet, Albert Spring et Jean-Louis Chatelanat inoubliable prof d'allemand au secondaire supérieur : créer une relation authentique, faire, faire faire avec savoir-faire et pragmatisme. Enseigner c'est le long chemin faire.

Je m'autorise enfin à citer F. Mauriac qui n'était pas un gauchiste :
"L'instituteur, celui qui institue l'humanité en l'homme".


Horaire scolaire

Après avoir puni les parents, va-t-on punir les enfants ?

C’était…… il y a longtemps. L’école du bon papa Chavannes avait harmonieusement ronronné pendant des lustres, les rapports PISA n’existaient pas, le niveau était à niveau. On décida donc qu’il n’y avait aucune raison d’envoyer plus longtemps les enfants à l’école le samedi matin. Inconsciente mesure qui frappa durement les parents ; ils se voyaient désormais privés d’une matinée généralement consacrée d’une part à l’entretien nécessaire de l’hygiène conjugale et par conséquent au maintien du taux de natalité cantonal à une altitude préalpestre et d’autre part au remplissage du frigidaire (quel joli mot !).

Exit le samedi matin, punis les parents.

Tempi passati. L’ordre jour d’une prochaine rentrée (2007 ? 2008 ?) prévoit l’introduction du mercredi matin scolaire jour ouvrable. S’agit-il là d’une conséquence traumatique post PISA ? Veut-on par là remettre le niveau à niveau ? Pense-t-on vraiment que cette demi-journée supplémentaire d’activité remplacera par des connaissances bétonnées le sable qui, disent les détracteurs de l’école genevoise, garnit la boîte crânienne de nos chères têtes blondes ?

Un surcroit de travail ne constitue pas nécessairement une garantie de progrès. Ce n’est pas un taliban de la rénovation (on appelle ainsi la réforme scolaire au bout du lac) qui le dit, mais une des plus hautes autorités de la planète, Sa Sainteté Benoît XVI. Voui M’sieurdames.

Lors de la prière de l’Angelus du dimanche 20 août S.S. Ratzinger a rappelé l’enseignement d’un des grands Docteurs de l’Eglise, St Bernard de Chiaravalle qui mettait en garde contre « les dangers liés à une activité excessive » qui peuvent provoquer « la dureté du cœur, la souffrance de l’esprit, la défaillance de l’intelligence et la dispersion de la grâce ». Gare !

Ces sirènes vaticanes ne méritent-elles pas réflexion ? Veut-on sciemment exposer les enfants de Genève aux périls mortifères annoncés par le pape en personne et les renvoyer à l’école le mercredi matin ? Je crains fort hélas qu’au pays de Calvin l’avis de Sa Sainteté on en fasse des choux, des pâtés et même des bulles.

Voix du préau : "moi ze trouve que c’est pas zuste qu’on soit puni"


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