Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

TOUT PASSE........... Pierre Losio

Solo ?

Esquisses d'une réponse.

Pour avoir, dans mon parti, depuis longtemps défendu la voie solitaire (qui n'est pas un plaisir) , j'attendais avec curiosité, impatience et espoir le résultat des élections vaudoises du week-end écoulé : en fait la curiosité est un vilain défaut (zavaient ka pas essayé les verts d'outre-Versoix), mon impatience s'est calmée et l'espoir s'est envolé. Et Toc !
On me l'a toujours dit, les pastèques comme les fundis, les militants de base comme les édiles : sans alliance avec la gôooche on a de la peine faire passer nos candidats dans les exécutifs.
Qu'on se rassure, le but n'est pas d'avoir le plus de verts possibles dans les gouvernements, mais bien de faire progresser les idées vertes et d'arriver à les concrétiser dans la vie, la gestion, les projets d'un canton, d'une ville. Je relève quand même que sans apport automatique de voix via une liste commune nous plaçons un candidat en passe d'être élu et que nous progressons de manière très sensible au Grand Conseil alors que l'extrême-gauche s'effondre.
Peut-on en tirer des leçons pour le bout du lac ? Ce n'est pas certain car les caractéristiques de nos deux cantons sont très différentes : poids du canton-ville, poids de l'arrière pays, poids historique de certains partis, recomposition (passagère ?) de l'extrême gauche vécue différemment, vote éventuel de la Genève internationale ..... A ce titre les élections municipales dans la cité de Calvin seront pleines d'enseignement ; nous saurons quel est le socle dur de chaque parti après une législature agitée et nous pourrons aussi mesurer la répartition des forces entre le parti socialiste et les verts, alors que l'oecuménisme retrouvé de la gauche radicale ne comblera problablement pas les attentes des traumatisés de l'automne 2005.

C'est dire que je serai peut-être amené à persister (ora pro nobis) dans mes espoirs (non, non, pas mes vélléités) d'alleingang. Mais pour l'instant, j'en conviens : alleingang, nicht gültig.


Cueilli à froid....

......et froid dans le dos !

Mais quelle mouche a piqué ce mardi matin, fort tôt, la rédaction de RSR1 ? A l'heure où sonne le réveil dans les familles travailleuses, on a eu droit à la voix sinistre de Radio Moscou (en français) qui lisait, brisée par l'émotion, le communiqué annonçant que le coeur du camarade Joseph Staline avait cessé de battre.
Le rappel du cinquante-quatrième anniversaire de la mort du petit père des peuples a-t-il un sens ? Que cela signifie-t-il ? J'avoue que j'en suis resté pantois.
Et m'est revenue en mémoire la tristesse de mon père, militant communiste depuis l'après première guerre, mais aussi le pacte de non-agression germano-soviétique du 23 août 1939 signé et arrosé en compagnie de Ribbentrop, "les détonations des bouchons de champagne seront les dernières détonations pacifiques de l'année" (F.Brigneau), mais aussi l'apport déterminant de l'armée rouge dans la victoire sur les forces du mal brun et noir, mais encore les révélations kroutcheviennes lors du fameux 23ème congrès du PCUS, mais encore........

Tous ces souvenirs font froid dans le dos ; les héritiers de radio Sottens, au petit matin, se sont fourvoyés en remettant à la surface de nos disques dur l'image de celui qui n'avait qu'une règle de conduite : faut pas couper les cheveux en quatre, faut couper les gens en deux !

postscriptum : hasard du calendrier, c'est ce même 5 mars que choisit le collectif oecuménique d'extrême-gauche "A gauche toute" pour présenter ses listes municipales.


La culture genevoise en ébullition.

L'art dérange : formule qui permet à certains artistes de confondre parfois génie et dérangement.

Les réactions épidermiques du monde culturel, je les comprends ..... mais je ne les partage pas vraiment parce que les acteurs culturels avancent leurs arguments sur des informations soit fausses, soit incomplètes.
Je m'explique : il est claironné et du reste repris par le Temps (faut toujours se méfier de ce qu'on lit dans.... voir mon blog d'hier) qu'il s'agit d'un coup de force de l'Etat. C'est faux. Le transfert qui allume les pétards est en fait une proposition de l'ACG (Association des Communes Genevoises) dont le président milite dans les mêmes rangs que le président du gouvernement, Ch. Beer, qui lui est opposé à ce transfert. On comprend d'autant mieux que le Conseil d'Etat saisisse cette proposition au vol puisqu'il va devoir faire face à un report de charges de la Confédération via la nouvelle RPT dont le différentiel passe à plus de 80 mo en défaveur de Genève alors qu'il n 'était que de 1 mo dans l'ancienne version RPT. Il faut également savoir que la Ville de Genève (membre de l'ACG) était favorable à ce transfert des charges liées à la culture. Donc ne faisons porter ni au géant blond et vert qui veille sur les finances de l'Etat, ni à ses collègues, la responsabilité de ce qui est appelé abusivement un "coup de force de l'Etat".
Il est aussi clamé qu'il n'y aura plus qu'un guichet pour l'obtention de subventions. C'est faux. Les subventions ponctuelles du Service des affaires culturelles du DIP restent à l'Etat, la Ville ne se désengagera pas non plus de ce créneau qui concerne les indépendants et il sera toujours possible de compter sur la générosité de l'organe genevois de répartition de la Loterie Romande : il y aura donc toujours trois guichets.
Il est aussi beaucoup question du fait du prince Mugny qui se retrouvera seul à distribuer des prébandes ! Franchement, on n'est plus au Moyen-Age ; quelles sont les subventions qui ont été diminuées ou supprimées pendant les quatre ans de magistrature du Monseigneur de l'accordéon ? A part le Théâtre de Carouge ? Et là encore il ne s'agit pas d'une mesquine question de territorialité mais bien de capacité financière de la commune de Carouge qui a vu s'installer à l'intérieur de ses frontières un établissement bancaire d'importance pour les recettes fiscales de la Ville sarde.
Et enfin, a-t-on entendu les sujets du Prince des sports qui, à lui seul, distribue 4,4 mo de subventions et 3,2 mo de subventions en nature, se manifester ? Existe-t-il un mouvement 804 qui regroupe athlètes, gymnastes, boulistes etc..... en révolte contre l'arbitraire du Prince Dédé Hédiger ? Que nenni !

Alors que l'on se calme et que la scène culturelle genevoise mesure ses réactions à l'aune de la réalité et non pas à celle de son inquiétude.


Budget par prestations

Aïe, mes cervicales !

Oui, l'établissement d'un budget par prestations est souhaitable pour toutes les raisons exprimées par un éminent correspondant de la République des blogs.
Souhaitable, utile et nécessaire, même si, dit-il, ça miaule à gauche, que ça pleurniche sur la perte de pouvoirs des parlementaires.

Mais en fait à gauche c'est où ? Je signale avec courtoisie et sans vélléité polémique (Victor) à mon excellent collègue Renaud dont il est-question ci-dessus que le spécialiste et recordman absolu des amendements "gommes, taille-crayons" est un conseiller municipal de son parti (je le sais j'y étais) et que l'un des plus véhéments adversaire du budget par prestations était un élu radical devenu par la suite président de la commission des finances et président du Parlement cantonal.
Mais c'est où à gauche ? J'ai le torticolis.

bon week-end


LMP-MBG

La qualité crève l'écran !

La campagne des votations sur la caisse unique a dérapé ce week-end ; le tandem Ruey-Maillard a donné dans l'invective bas de gamme , ce qui alimente en liquide le moulin de ceux qui ont à coeur de décrédibiliser cette noble activité qu'est le politis.

Ce lundi, sur l'écran bleu du lac, dans un laps de temps très restreint, deux élues genevoises aux chambres fédérales ont donné une belle démonstration de clarté dans l'exposé et de conviction dans la tonalité, d'écoute sereine de la contradiction.

Mesdames Maury-Pasquier et Brunschwig-Graf bravo ! Vous faites honneur à la politique.


Insupportable !

"Terrorisme en version écolo" : une page et surtout des titres ronflants consacrés à un écrivain français qui s'interroge sur le fascisme vert dans la Tribune de ce vendredi 16 février.

L'outrance des mots utilisés ne mériteraient qu'indifférence car on le sait, tout ce qui est excessif est insignifiant. Néanmmoins le sang, l'horreur, les atteintes au respect de l'homme, à sa dignité et tous les morts qui accompagnent au long de l'histoire le terrorisme et le fascisme, la juxtaposition de la couleur verte à ces mots qui transpirent la tragédie humaine méritent un coup de gueule assorti de quelques propos précis.
Ce n'est pas parce qu'aux Etats-Unis quelques allumés ultrafundi "n'hésitent pas à sacrifier l'humain sur l'autel de la nature" qu'on peut s'autoriser à digresser (divaguer) jusqu'à glisser dans la parano terroristico-verte. On annonce même un débat à Genève ayant pour thème "Le fascisme vert, fantasme ou réalité ?". C'est tout simplement insupportable ! Le mouvement écologiste n'a pas de sang sur les mains, il est fondamentalement pacifiste. Son histoire en témoigne alors qu'on ne peut pas en dire autant d'autres courants de pensée qui font vivre aujourd'hui notre démocratie (relisons l'histoire de notre pays et de notre canton).

Oui les écologistes sont des emmerdeurs ; ils allument (et depuis longtemps) des sémaphores qui transmettent des messages aujourd'hui incontestables et incontestés (cf les conclusions de la récente conférence de Paris). Et ces messages dérangent notre confort de vie, notre mode de consommation, d'alimentation, de déplacement. Ils dérangent tellement qu'ils provoquent chez beaucoup de citoyens l'interrogation, la culpabilité et heureusement de plus en plus une prise de conscience. Le sentiment de culpabilité, c'est bien connu, engendre souvent l'agacement, l'agressivité et l'envie hellénique de dénoncer/éliminer le facteur porteur de mauvaises nouvelles : langage outrancier dans le cas présent ou appel au lynchage (souvenons-nous de la manifestation en faveur du stade de la Praille où les sportifs appelaient à "pendre les écologistes pendant qu'il y a encore des arbres").

Emmerdeurs, mais vraiment contemporains. Il n'est pas question de revenir à "la robe de bure ou la lampe à huile" (R.G.) mais "d'aller vers un développement qualitatif volontaire mettant à son service les instruments de la technologie moderne." ( réf. programme des Verts 1985 !).
Emmerdeurs, mais humanistes ; le développement durable ne place -t-il pas l'homme au centre des préoccupations de ce temps ? Le triangle économie-environnement-solidarité sociale ne peut être ni scalène, ni rectangle mais équilatéral si l'on veut tendre à une qualité de vie dans laquelle tous et toutes s'épanouissent en équilibre avec leur environnement, les ressources naturelles, les habitants de la planète et un développement économique responsable.
"Le bien-être et la joie de vivre ne se décrètent pas. Il faut créer les conditions nécessaires à ce que le plus grand nombre puisse jouir de cet état. C'est pour cela que nous faisons de la politique" (réf. programme des Verts 2003).

Assez d'excès de langage, assez de terrorisme verbal ! Utilisons les mots pour ce qu'ils veulent dire. Allez donc jeter un coup d'oeil sur le site du Grand Conseil et regardez la trombine des députés-es verts-es ; franchement on a des têtes de fascistes ?


Sociologie de cuisine

Je m'interroge sur ce que sont les "vraies gens" dont parle la candidate qui entend les voix.

Je ne tarderai à pas à publier une liste de questions précises.
En attendant je vous livre cette photos de "vraies gens" quittant le meeting de Ségolène à Villepinte dimanche et regardant narquoisement "la France d'en bas" chère à Raffarin.


Ségolène

..... Ségolène ? Il faut faire avec ! (Manuel Tornare)

Demain dimanche 11 février la candidate achève son premier itinéraire de Compostelle ; elle présente enfin son programme pour l'élection présidentielle.

Rappel : demain dimanche 11 février l'éphéméride indique Sainte Notre Dame de Lourdes.


Euro 2008

Le football doit rester un jeu (Michel Platini, frais élu président de l'UEFA)

Voulez-vous de l'Eurofoot 2008 à Genève et si oui jusqu'à quel montant acceptez-vous que les collectivités publiques s'engagent ?
Voila les questions qu'on aurait dû poser aux citoyens il y a déjà quelques années.
Il est facile aujourd'hui de dire celà en utilisant le conditionnel passé qui est d'abord un mode puis un temps de conjugaison totalement inutile (les regrets et la nostalgie ne sont pas des concepts opératoires dans les affaires de Res Publica). Genève s'est retrouvée avec un Euro sur les bras suite à deux décisions : l'une prise à Berne tout en haut de l'Etat, celle d'engager la Suisse dans l'organisation de la manifestation ; l'autre prise par le Conseil d'Etat de la précédente législature, celle d'offrir la disponibilité de Genève et de son stade pour l'accueil de quelques matches.
Il faut aussi prendre en considération l'incompétence crasse du dpt fédéral des finances à évaluer les coûts de cette manifestation : on annonce d'abord un peu plus de 10 millions et on se retrouve à la sortie avec une facture qui dépasse les 150 millions (stratégie des rondelles de würst ?).

A la lumière de ce qui précède j'en déduis que l'actuel gouvernement genevois a dû assumer la continuité de l'Etat, le lien confédéral et faire face à des engagements pris ailleurs et précédemment ; seule collectivité publique finalement et financièrement impliquée, il s'en sort beaucoup mieux que prévu. Il a en effet trouvé pour plus de 12 mo de financements extérieurs et prend en charge une participation publique estimée à 8,7 mo, intégérée au budget de fonctionnement 2008 (donc non soumis a referendum et hop-FEC passez muscade !). Si l'on prend en considération des recettes de sponsoring qui viendront en diminution des millions précités et le fait qu'il est hors de question de se soustraire aux frais de sécurité (5 mo dont 4 pour les heures de police supplémentaires) on devrait somme toute arriver à une facture digestible et pas vraiment éloignée du chiffre maximal supportable annoncé par les referendaires potentiels, spoliés aujourd'hui de toute capacité d'intervention.
En s'en tenant au montant présenté par Mark Müller (8,7 mo) c'est 0,11 % du budget de l'Etat qui serait consacré à l'Euro 2008.

- "Oui mon bon Monsieur .......... mais tous ces chiffres rassurants ne peuvent cacher les questions de fonds : pourquoi s'associer financièrement à une manifestation majeure du sport business ? Se reconnaît-on dans les valeurs véhiculées par l'industrie du foot ? "
- J'en conviens, mon bon Monsieur, mais en amont ni le Conseil fédéral ni le précédent Conseil d'Etat ne s'en sont préoccupés.


Forza Giuliano !

..... faut tenir (F.Jacquet)

Après l'émotion sucitée par les événements de vendredi dernier à Catane, les obsèques du policier tué retransmises en direct par la RAI et les décisions musclées que s'apprête à avaliser ce matin le Conseil des ministres, la révolte des clubs prend forme. Le président du Catania qui disait vouloir abandonner le monde foot est revenu sur sa décision. On a pu lire les propos insensés d'Antonio Mattarese, président de la Lega Calcio : "le calcio ne peut pas s'arrêter, les morts font partie du système".
Les sociétés "sportives" veulent à tous prix que le championnat reprennent ce dimanche déjà..... et si c'est à huis clos "qu'on laisse au moins entrer les abonnés qui seraient susceptibles de nous attaquer en justice" implorent-ils. Même son de cloche à Naples qui rencontrera samedi Piacenza a porte chiuse : "en fait c'est nous qui sommes les premières victimes des hooligans, ce samedi va nous coûter 700.000 euros" ; un autre conseiller de la Lega Calcio : "Fermer les stades c'est un désastre économique !".
Nous y voili. Les intérêts en jeu (notamment les recettes perçues de différentes chaînes télévisées, le merchandising...), représentent des sommes astronomiques (plus de 5 milliards d'euros) et c'est l'argument financier qu'avancent sans vergogne les dirigeants du calcio pour que le spectacle reprenne.
Un sport-spectacle qui affiche un score tragiquement violent en Italie : 22 morts . Ne l'oublions jamais.

J'ai comme envie de crier depuis les gradins de la blogosphère : "Dai Amato*, tieni duro !"

* Giuliano Amato, ministre de l'Intérieur de la République italienne