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TOUT PASSE........... Pierre Losio

Faut savoir ce qu'on se veut

....... car le grand standing coûte cher !

Alors que la mise en scène orchestrée de la campagne des élections fédérales est prête à basculer dans une dramaturgie digne du Grand Guignol, on se met à reparler du Grand Théâtre au bout du lac suite à la défection d'un important sponsor.
La scène de Neuve traverse une crise depuis plus d'une année ; on y a trouvé un lampiste (en la personne du secrétaire général) qui a trinqué et dont on n'a toujours pas réglé la situation, un sauveur respectable et respecté qui s'est rapidement retiré, on a vu un bureau de la fondation se contenter d'un rôle mineur et louvoyant, un directeur contesté mais toujours en place, des syndicats pugnaces, un conseil de fondation renouvelé et qu'on espère attentif et non plus soumis et silencieux (je sais il y a des exceptions et même des fuites) comme il l'a trop longtemps été.
Cette vénérable institution qui coûtait encore à la Ville de Genève plus d'une trentaine de mo en 2006 n'a jamais véritablement fait l'objet d'un débat de fond au Conseil municipal. On s'est contenté au fil des années de sparadrap et d'aspirine chaque fois qu'une difficulté financière apparaissait ; on n'a appliqué que des remèdes transitoires depuis que le généreux et discret mécène (gratitude et respect Monsieur) a cessé son appui déterminant.
Il serait temps de savoir ce que Genève veut pour la grande scène lyrique. Il ne fait aucun doute que les moyens à disposition seront rapidement insuffisants si l'on souhaite maintenir le standing actuel (les coût des spectacles et des productions sont cesse en augmentation dans ce domaine). Si la collectivité publique Ville de Genève ne veut pas suivre, ne peut plus suivre qu'elle indique clairement qu'il s'agit de redimensionner le rayonnement du Grand Théâtre ("lieu privilégié de l'art bourgeois" avais-je entendu lors d'une séance du conseil municipal) ; les amateurs d'art lyrique se contenteront de ce qu'on voudra et pourra leur présenter. C'est une option tout à fait défendable.
La présidente de la Fondation depuis peu en fonction inspire confiance ; on connaît ses compétences et la tonicité de son tempérament. Il lui sera pourtant difficile de faire face longtemps tant que le financement du Grand Théâtre ne sera pas abordé dans un contexte géographiquement beaucoup plus large qui devrait impliquer d'autres collectivités publiques. Ce débat doit être posé sans tabous et sans délais car actuellement le patient "Grand Théâtre" ne présente pas des symptômes d'ordre bobologique ; je crains fort que ce ne soit plus grave à moyen voire à court terme.
J'attends avec impatience le forum culturel qui devrait avoir lieu en novembre (période budgétaire s'il en est) ; cette problématique sera-t-elle évoquée ? Ca me semble inévitable en regard des sommes considérables accordées par la ville de Genève à la scène lyrique.
Va y avoir du spectacle car il existe une autre Genève culturelle qui affiche une réjouissante créativité et qui ne manquera pas de faire entendre sa voix.


C'est la rentrée.....

et je suis sérieusement en retard !

Relancé gentiment par un journaliste dans les colonnes d'un quotidien du matin mais aussi  par quelques lecteurs intrigués de ce long silence, par des collègues du Grand Conseil et surtout par Romandie blog ( l'éditeur m'enjoignant vivement de m'y remettre sous peine dans les quinze jours de faire disparaître l'enseigne "Tout passe" de son support) me voili devant le clavier.

Il était évident pour moi, fin juin dernier, que le 1er septembre j'allais reprendre ces billets que j'avais tant de plaisir à vous proposer........ et dont d'agréables échos me revenaient. J'avoue que j'ai peine à trouver des angles d'attaque et pourtant ce ne sont pas les sujets qui manquent :
la faillite du XV de France face aux Pumas, la stérilité des attaquants bleus anésthésiés par la mélodie des cornemuses mercredi soir, le naufrage de la Natimanschaft devant d'entreprenants Nippons, la médiocrité du spectacle proposé par la famille Knie...... tant d'importants événements qui mériteraient un développement, qui me préoccupent et devant lesquels je sèche.

Oui, j'ironise et finis par me trouver momentanément désabusé dans un pays où s'ourdissent des complots, où l'on surenchérit sur la forme du message, l'impact de l'image, l'absence de respect.
J'ai toujours pensé que, dans l'intérêt suprêmement confédéral, la politique servait à jeter des ponts pour la diffusion, la compréhension des idées, la connaissance des cultures et la résolution des problème. Je constate un peu dépité que sur ces ponts le trafic est embouteillé et que certains ne veulent surtout pas qu'on puisse, dans les deux sens, y circuler.

Maigrichon pour une blog-reprise ? J'en conviens volontiers.


Tout passe

Ce blog commencé en juillet 2006 va s'interrompre pendant l'été ; un été vacancier que je vais passer avec la femme si délicieuse qui est au coeur de ma vie.

Je vous souhaite plein de soleil et de bonheur !

A bientôt.


C'est dur d'être centriste

Qu'importe l'ivresse pourvu qu'on rapporte la bouteille à la consigne ! (trad. du sud-ouest)

La chasse aux voix dites centristes bat son plein et on ne peut guère attendre de François Bayrou qu'il donne une consigne de vote ce mercredi après-midi. Pour deux raisons symétriques je suis prêt à parier.
La première c'est que le centre, en France comme partout ailleurs en Europe, ça a toujours été la droite. Depuis le très atlantiste et anticommuniste primaire Jean Lecanuet en 1965 avec son Mouvement républicain populaire (15,57 %) des voix, en passant par le notable divers droite Alain Poher et son Centre démocrate (23,31 %), par Giscard d'Estaing (soutenu par le Centre des démocrates sociaux en 1974) jusqu'à Raymond Barre en 88 et Balladur en 95 tous deux soutenus par l'UDF. François Bayrou, s'il se prononçait pour Sarkozy, retournerait à la case départ, de fait la famille naturelle des centristes, et décrédibiliserait complètement sa démarche actuelle.
La deuxième raison : en optant pour Ségolène Royal il menace gravement l'avenir de son mouvement, du nouveau parti qu'il souhaite créer.En Ve république, on constate en effet que dans le camp de la droite le centre a toujours pu exister, avoir une visibilité, des élus régionaux, des ministres, un groupe parlementaire. Dans le camp de la gauche, le centre est rapidement phagocyté par le Parti socialiste, sa représentation et sa visibilité nationale quasi nulle (quelle est l'influence du parti radical de J-M. Baylet ?). Il ne lui est donc pas possible d'hypothéquer son destin personnel et la survie à terme du grand rassemblement des gens raisonnables dont il se dit le porteur et le futur garant.
C'est une configuration perdant-perdant dans laquelle François Bayrou ne risquera pas sa crédibilité.

Quant aux 18,86 % des voix qui se sont portées sur son nom, il semble qu'elles se reporteront par moitié sur Sarkozy et Ségolène.
Le béarnais va se retrouver bien seul à compter les bouteilles sans consigne.

Ah, j'oubliais !
L'ami Roger Beuchat s'est classé 102ème de la 1ère étape du Tour du Trentin à bicyclette.


Présidentielles françaises

Un ami vert du Vaucluse qui soutient la candidature de José Bové m'a fait parvenir cette affiche à l'humour cruel.

bové


Discrimination

Où sont les femmes ? (Patrick Juvet)

Près d'une semaine après que Catherine Gaillard n'a pas reçu son dossard pour participer à la course au Palais Eynard et que c'est Rémy Pagani (dans les starting block depuis bien longtemps) qui portera les couleurs des lendemains mélodieux, la question que pose Patrick Juvet devient d'une actualité d'autant plus nécessaire qu'elle met en évidence un acte de discrimination.
Si l'on met à part les lignes tendance brosse-à-reluire de l'animateur des grandes surfaces politiques de la Praille et la prise de position sans surprise de la directrice de la Comédie qui s'en prend aux Verts, à l'extrême-gauche en oubliant soigneusement les socialistes........c'est le grand silence frisé.
Où sont les femmes ? Les chiennes de garde ? Les "Ni putes, ni soumises" ? Celles qui avaient secoué la République de communiqués en conférences de presse, d'indignations publiques en soutien à Micheline Spoerri ? Où sont-elles celles qui avaient fustigé le choix des Verts en faveur de D.Hiler au détriment de F.Bugnon ? Où sont-elles celles qui tançaient les socialistes coupables d'avoir préféré Ch.Beer à L.Maury-Pasquier ? Serait-ce parce que les canons de leurs foudres n'ont qu'un angle de tir limité qu'elles épargnent l'oecuménisme d'extrême-gauche qui a évincé C. Gaillard ?
Même pas un mot ce matin dans le Grand 8 ( sur RSR1) de la part de la "ni vénale ni docile" Salika Wenger ; pas la moindre indignation contre la mise à l'écart de C.Gaillard par l'extrême-gauche genevoise.

Cette sélectivité des colères, très courante dans la gauche de la gauche, porte un nom : c'est de la discrimination ! Les bonnets pointus de la pédagogie universitaire nous diront si elle est positive !

Ah j'oubliais !
En tennis de table féminin ligue nationale A Neuhausen a battu Wädenswil 6 à 1

Statistiques

Genève à chaud : du 5 mars au 30 mars

Conseil d'Etat total : 6
R.Cramer, M.Muller, F.Longchamp, L.Moutinot, P-F. Unger, L.Moutinot

P.libéral total : 10
P.Weiss (2x), L.Guinand, D.Magnin, N.Fontanet (2x) , A.Barbey, G.Benaïm, P.Müller, O.Jornot

P.radical total : 10
C.Camporini, O.Fiumelli, S.Brandt, C.Langenberger, P.Triponez, M.Sekkiou,
J. Maurer-Mayor, T.Aesbacher, P.Broulis, P.Maudet

PDC total : 8
P.Glatz, M.Chappuis, V.Maître, P.Petroz, F.Forte, A-M. Von Arx-Vermont,
Y.Magnin, G.Mettan


UDC total : 6
Y.Nidegger(2x), Y.Perrin, C.Buchet, P.Ehrenström, L.Andersen

MCG total : 4
E.Stauffer, D.Trachsel, R.Golay, M.Falquet

P.socialiste total : 7
M.Roth-Bernasconi, J-C.Rielle, L.Fehlmann-Rielle, F.Renevey,
M.Tornare, S.Salerno, G.Deshusses

Les Verts total : 11
R.Genner, P.Mugny, C.Haeberlin, F.Bugnon, S.De Weck-Haddad, A.Dramé, M.Contat-Hickel, H.Zbinden, A.Hodgers, M.Künzler, M.Buschbeck

A gauche toute total : 6
C.Gaillard (2x), R.Pagani (2x), J.de Haller, N.Buntschu,

Société civile : météorologue, 3 candidats hors-parti, syndicaliste police, M.Bonfanti, E.Lehmann, M.Spoerri, 3 profs uni, 3 journalistes, écrivain, A.Bisang, directrice bureau égalité, député anglais, élu Annemasse, commission fédérale contre racisme, S.Weil, chancelier GE, 2 sociologues, B-A. Lecomte, A.Comte-Sponville, directeur Léman Bleu, lauréate du Prix des femmes exilées, directeur chambre commerce/industrie GE, fiscaliste, pédagogue, réalisateur, étudiante au CO.


Il suffit de passer le pont

ou...... 3 + 3, balle au centre !

Ainsi donc parce que démocrates chrétiens et radicaux gagnent 3 sièges chacun en Ville de Genève et obtiennent des résultats très moyens dans les autres communes du canton (contrairement aux libéraux) on subit à longueur de colonnes et largeur de manchettes un pilonnage qui accrédite la victoire du centre. La presse évoque des synergies pouvant naître, des ponts se jeter (sur la rade peut-être ?) ; elle échafaude des scenari de gouvernance au centre. Mais où va-t-elle chercher tout ça ? Il suffit donc que le grand vieux parti et le PDC sortent du purgatoire municipal où ils végétaient depuis deux législatures pour que l'on crie sur les toits au renouveau centriste qu'on fasse allusion à la vague Bayrou (sur laquelle il serait risqué d'hasarder sa planche) et qu'on imagine un avenir plein de bonnes intentions.
Je ne partage pas les propos de ces analystes ; pour le dire simplement, le centre politique est une fiction. Le centre c'est la droite qui a momentanément des états d'âme et un soupçon de culpabilité. Il arrive parfois que la droite vote des projets qui portent en eux des valeurs dites de gôôôche ; c'est alors qu'elle s'appelle le centre. Une des belles chansons de Georges Brassens s'appelle "Il suffit de passer le pont" ; j'y pensais l'autre soir au Grand Conseil pendant le débat sur l'aide sociale individuelle. Une occasion pour les chrétiens sociaux et les républicains radicaux de montrer sur un thème sensible leur identité. Ils sont restés sur la rive et ont, avec la droite qui elle s'assume, refusé tous les amendements de ce que cette presse conjecturelle avide de transformisme appelleraient la gauche.
Non, décidément, le centre n'est qu'un lieu géométrique ; pas un concept opératoire en politique.

Ah, joubliais !
Hermance et Compesières ont fait match nul 1 à 1 dans le groupe B du championnat de football de 3ème ligue.


Sondage

Ce matin, sur RSR 1, Le Grand 8 invitait à disserter sur les sondages suite à une erreur dénoncée par la commission de contrôle desdits sondages. En effet un institut français aurait publié undit sondage contenant une grave erreur de méthode qui aurait propulsé sur le haut du tableau le béarnais Bayrou.
Rien de tout cela à Genève, pas de sondage publié ; on sait juste qu'aujourd'hui, à la veille du scrutin, la participation s'élève à un peu plus de 22 % pour les élections municipales de dimanche.

J'ai effectué hier soir et cet après-midi dans les travées du Grand Conseil, en dehors de toute démarche scientifique, un micro-sondage d'opinion concernant la Ville de Genève.

Un député libéral : si on ne perd que deux sièges, je serai satisfait. Le MCG va faire un tabac.
Une députée radicale : on espère gagner 4 sièges mais ça me semble très optimiste.
Un député du même parti : le rapport de force à l'intérieur de chaque bloc va se modifier, mais au Conseil municipal la majorité ne basculera pas.
Une députée PDC : pas de changement de majorité au Conseil municipal. L'Entente se recomposera avec un fléchissement des libéraux et une progression de 3 sièges tant pour mon parti que pour les radicaux.Le MCG échouera dans sa quête du quorum
Un conseiller d'Etat : Droite libérale exceptée, tous les partis atteindront le quorum. La majorité peut basculer.
Un autre conseiller d'Etat : les Verts risquent bien de devenir le premier parti de la Ville.
Un député vert : Dans l'Alternative mon parti et les socialistes vont se retrouver au coude à coude alors que l'extrême-gauche perdra des sièges. A droite progression radicale, stagnation PDC et UDC, pertes libérale. Le MCG atteindra le quorum.
Un député socialiste : on enregistrera l'effondrement d'A gauche toute, une baisse de l'UDC et l'entrée du MCG....et avantage aux Verts.
Un député UDC : nous allons gagner 2 sièges ; les libéraux seront pénalisés alors que le MCG atteindra difficilement le quorum. La majorité restera à gauche.
Un député MCG : de justesse nous aurons le quorum ; les radicaux progresseront. Pas changement de majorité en vue.


Ah, j'oubliais !
A Melbourne, au championnat du monde de water-polo féminin, dans le groupe B, le Canada bat le Brésil 6-3.


Pronostique

Post-scriptum

A lire les commentaires avisés qu'a suscités mon blog je devrais remballer mon arithmétique quelque peu approximative. Je me rends volontiers à l'argumentation de mon ancien collègue J-M. Froidevaux mais je persiste dans les tendances que j'ai exprimées.

Un paramètre peut boulverser la donne : celui des nouveaux électeurs. S'ils votent en masse il y a fort à parier que les socialistes et l'extrême gauche en profiteront davantage que les Verts car dans des pays comme l'Italie, l'Espagne et le Portugal il n'existe aucune tradition de vote en faveur des écologistes qui obtiennent là-bas des résultats anecdotiques.