Faut savoir ce qu'on se veut
Alors que la mise en scène orchestrée de la campagne des élections fédérales est prête à basculer dans une dramaturgie digne du Grand Guignol, on se met à reparler du Grand Théâtre au bout du lac suite à la défection d'un important sponsor.
La scène de Neuve traverse une crise depuis plus d'une année ; on y a trouvé un lampiste (en la personne du secrétaire général) qui a trinqué et dont on n'a toujours pas réglé la situation, un sauveur respectable et respecté qui s'est rapidement retiré, on a vu un bureau de la fondation se contenter d'un rôle mineur et louvoyant, un directeur contesté mais toujours en place, des syndicats pugnaces, un conseil de fondation renouvelé et qu'on espère attentif et non plus soumis et silencieux (je sais il y a des exceptions et même des fuites) comme il l'a trop longtemps été.
Cette vénérable institution qui coûtait encore à la Ville de Genève plus d'une trentaine de mo en 2006 n'a jamais véritablement fait l'objet d'un débat de fond au Conseil municipal. On s'est contenté au fil des années de sparadrap et d'aspirine chaque fois qu'une difficulté financière apparaissait ; on n'a appliqué que des remèdes transitoires depuis que le généreux et discret mécène (gratitude et respect Monsieur) a cessé son appui déterminant.
Il serait temps de savoir ce que Genève veut pour la grande scène lyrique. Il ne fait aucun doute que les moyens à disposition seront rapidement insuffisants si l'on souhaite maintenir le standing actuel (les coût des spectacles et des productions sont cesse en augmentation dans ce domaine). Si la collectivité publique Ville de Genève ne veut pas suivre, ne peut plus suivre qu'elle indique clairement qu'il s'agit de redimensionner le rayonnement du Grand Théâtre ("lieu privilégié de l'art bourgeois" avais-je entendu lors d'une séance du conseil municipal) ; les amateurs d'art lyrique se contenteront de ce qu'on voudra et pourra leur présenter. C'est une option tout à fait défendable.
La présidente de la Fondation depuis peu en fonction inspire confiance ; on connaît ses compétences et la tonicité de son tempérament. Il lui sera pourtant difficile de faire face longtemps tant que le financement du Grand Théâtre ne sera pas abordé dans un contexte géographiquement beaucoup plus large qui devrait impliquer d'autres collectivités publiques. Ce débat doit être posé sans tabous et sans délais car actuellement le patient "Grand Théâtre" ne présente pas des symptômes d'ordre bobologique ; je crains fort que ce ne soit plus grave à moyen voire à court terme.
J'attends avec impatience le forum culturel qui devrait avoir lieu en novembre (période budgétaire s'il en est) ; cette problématique sera-t-elle évoquée ? Ca me semble inévitable en regard des sommes considérables accordées par la ville de Genève à la scène lyrique.
Va y avoir du spectacle car il existe une autre Genève culturelle qui affiche une réjouissante créativité et qui ne manquera pas de faire entendre sa voix.
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18 Septembre 2007 à 17:07 dans
- Ecole
