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TOUT PASSE........... Pierre Losio

Le devin de la jonction

"Les mots cachent le texte, comme les acteurs cachent le drame". Georges Perros

Le quotidien officieux de l'extrême-gauche genevoise a livré hier un édito et quelques papiers sur l'actuel Conseil d'Etat qui "fête" sa première année d'exercice.
Il est toujours significatif, au-delà, de l'impression laissée par la pertinence ou le vide d'une analyse, d'observer de tout près les mots employés par le journaliste.
Constater "qu'après douze mois il est bien sûr un peu tôt pour se faire un avis" ne l'empêche nullement de tartiner un édito à la une et une presque entière troisième page. Il n'est donc jamais trop tard pour dire des sottises !

Venons-en à l'édito : après quelques considérations sur ce qu'a fait le gouvernement, sur "la fragilité" de l'accord passé avec la fonction publique, sur le scandale de la coupe de l'allocation TPG et vêtements aux plus démunis (qui relève d'une décision du gouvernement précédent) sur le "paradoxe" des projets de Charles Beer, on passe soudain de la page politique à la rubrique orange de l'horoscope . Il suffit d'observer les temps conjugaisons et les tournure employées par le devin de la rue de la Truite, je cite : "Mais il y a fort à parier que très rapidement les attaques contre les prestations reprendront....." "Le consensus mis en avant de manière pavlovienne pourrait alors se révéler......" "On verra alors que la sacro-sainte rigueur budgétaire..."On mesurera alors que la réforme.....". Etalement de pari, de conditionnel, de certitudes récitées au futur aléatoire par lesquels le Nosbachdamus de la rue de la Truite évoque (invoque ? convoque ?) les difficultés à venir et donc l'échec de ce gouvernement. On est en pleine fiction incantatoire, on baigne dans le possible, le marc de café et la vacuité.

Dans ces conditions, comme disait Coluche, s'il n'a rien de plus certain à communiquer, il ferait mieux de se la coincer, non ?

Post Scriptum

Sus aux hérétiques !

Un mot encore pour lancer l'anathème contre celles et ceux qui percent la délicate charcutaille d'un cure-dents avant la cuisson. Ils iront en enfer j'en mets ma main à bouillir ( 80 degrés bien entendu).

A table !

Tous les goûts sont dans la nature......... (quoi de plus beau qu'un lieu commun ?)

Vous avez certainement pris connaissance du 4ème et dernier chapitre de la mini encyclopédie consacrée à la saucisse aux choux sur le blog de mon collègue député R.Gautier (si ce n'est pas cas faites-le aujourd'hui encore et courez avant 17h aux Halles de Rive acquérir cette précieuse charcuterie que vous mangerez dimanche soir selon les indications dudit député).
Quoique..........
Je pensais que les divergences marquées qui nous séparent, mon collègue libéral et moi, pouvaient attendre la séance budgétaire de vendredi prochain pour s'exprimer dans la grande cuisine du Grand Conseil. Hélas.....
C'est avec étonnement et contrariété que je lis sous sa plume la récusation catégorique du papet de poireaux. Je ne conteste pas le compagnonnage des röstis et suis prêt à essayer la purée de pommes de terre (à condition de ne pas y introduire du céleri qui ajouterait de "l'acidité" aux choux qui n'en manquent point). Mais quand même..... passer le papet sous silence c'est faire fi de la tradition vaudoise garante de l'orthodoxie en matière charcuterie. L'archimandrite Jacques Chessex est ferme sur le sujet (je cite) : "La saucisse aux choux se sert avec le papet de porreaux (sic), la salade rouge". C'est clair et définitif ...........encore que la salade rouge...cuite ou crue ? Serait-ce l'occasion d'un nouveau débat savoureux ? Le menu qui sera présenté au Parlement dans une semaine l'est certes moins.


Très sérieusement

"Chi mangia facili, caga diavoli" (Chamfort)
Pour éviter cet inconfort il faut, et c'est la saison, manger et célébrer la saucisse aux choux.

Je tiens à vous signaler qu'il est en train de s'écrire ce qui pourrait être, toute respectueuse mesure gardée, la somme de St-Thomas consacrée à la saucisse aux choux.
Courez-y : www.renaudgautier.ch J'y apporteraiune modeste contribution ultérieurement, quand il s'agira de passer à table. En attendant je ne résiste pas au plaisir de vous livrer ces quelques lignes de Jacques Chessex :

O sainte charcuterie vaudoise puissante et fine, sang profond du cochon collaborateur, du cochon complice, du cochon vaudois ! O viande odorante et solide, viande tissée de fibres fortes et tendres, viande dense et nocturne et joyeuse que le Bon Dieu nous a ordonné de manger sous nos sapins, nos hêtres, nos tuiles orange et nos Tours d'Aï".

Bon appétit !


Clic-clac, clic-clac

On n'imagine pas combien il faut d'esprit pour n'être jamais ridicule (Chamfort)

J'aimerais comprendre : la Ville de Genève subventionne le spectacle de la Revue dont le but déclaré est de brocarder la classe politique qui déraille, l'administration qui dérape et les medias qui déconnent. Cette Revue a un producteur qui assume l'éventuel déficit du spectacle ou qui rétrocède une partie du bénéfice à la municipalité. La frange calvino-communiste du Conseil municipal décide d'une coupe de 80.000 frs dans cette subvention pour le budget 2007 (alors que quelques talibans agités-ées du côté du PS eurent un prurit qui les amena à proposer une suppression totale de la subvention). Ben voyons, zont pas besoin de tout cet argent puisqu'ils nous en retourne une partie. Raisonnement d'une simplicité et d'une évidence bolchévique.

Ne soyons pas dupes ; derrière ce coup de marteau budgétaire on entend le cliquetis de la faucille. C'est bien censure dont il s'agit. Certains sketchs (en particulier celui concernant la cheffe de la police) ont déplu ; un lobby ni vénal ni docile a pensé (quel drôle de verbe) qu'il fallait laver cet outrage. "On me l'a dit il faut que je me venge" disait le loup de La Fontaine.
Et on voudrait accréditer des arguments financiers qui justifient cette censure budgétaire ; pensez donc : 80.000 frs sur un budget d'un milliard ! Quel signe encourageant pour la trésorerie municipale.... c'est du 0,008 %.... les principes n'ont pas de prix !

Je suggère à ces trissotins et trissotines qu'ils-elles aillent au bout de leur démarche : qu'ils-elles demandent que le texte intégral de la Revue soit remis le 30 août de chaque année au soviet de la commission des arts et de la culture du conseil municipal et qu'un rapport sanctifiant le texte définitif de la Revue soit établi.

Cela aurait l'avantage de nous épargner ces ridicules chicaneries d'avant Noël et de clouer le bec aux impertinents saltimbanques de la rue Carouge.


Tous azimuths

...... notre tête est ronde pour permettre à la pensée de changer à tous moments de direction
(F.Picabia)

J'ai finalement terminé mon expédition spéléologique dans les couloirs, pour moi obscurs, de l'informatique, section "habillage de votre blog" ; cette excursion maintes fois tentée, maintenant réussie, m'a permis de sortir ce blog de l'anonymat que d'aucuns déploraient. Cette rénovation du haut de page permettra au visiteur occasionnel de savoir immédiatement qui s'exprime dans les lignes qui suivent et non pas à me faire reluire l'ego, vous l'aurez compris.

Que de sujets à traiter ! La force centripète qui pourrait m'amener à interrompre le circuit vélodromique et mental ne résiste pas au constat de F.Picabia.

Il faudrait parler de l'offensive d'A gauche toute contre la Revue à coups de ciseaux, ironiser sur la Droite libérale de BALC, répondre au député Cuendet qui s'exprime ce matin dans la Tribune de manière partielle donc partiale (ça peut attendre la prochaine plénière du Grand Conseil mais ça me démange), analyser le projet du DIP sur les directeurs d'établissement à l'école primaire (en opportunité et sous l'angle financier), de la mallette d'Henri (un coup de coeur), de la grise buvette du Grand Conseil où il ne manque plus qu'une affiche jaunie d'Annie Cordy ...... et de la saucisse aux choux (doit-elle vraiment frissonner à 80 degrés comme le prétend mon collègue Gautier ? Enquête en cours).

Que de pain sur la planche, de biscuits sur le blog (non, non je n'ai rien ramené de chez Suzette Sandoz)........... ca me (vous) changera des lazzis que je lance aux socialistes de façon par trop récurrente.

Bonne journée


Le Che, Alberto et Carlo

...........Connais ton adversaire mais surtout connais-toi toi même, et tu pourras sans risques livrer cent batailles (Souentse)

On pouvait lire cette semaine dans une tentative de diagnostic du Parti socialiste genevois rédigée par J.Faas les mots suivants : "le débat qui fait enfin rage au PS", "le dilemme que le PS affronte, "les socialistes sont écartelés entre deux stratégies", "la députation peine à se mettre d'accord avec le bureau directeur","des arguments contradictoires ont paru dans le bulletin officiel au sujet des transferts d'actifs","le parti, en perte de vitesse, coincé entre un centre par qui il redoute d'être absorbé et une extrême-gauche libérée".
Vous conviendrez que cet état des lieux, dangereusement précis et argumenté ne rayonne pas de rosité. Effectivement le grand parti, jusqu'à aujourd'hui hégémonique à gôôôôche (parfois avec arrogance, oui, oui) se voit d'une part concurrencé par les Verts en termes de voix, de sièges, de trend (pourvou ké ça doure) et d'autre part il absorbe la culpabilité du devoir d'assumer l'absence de représentation parlementaire des 15% de l'extrême gauche. Oh que je n'aimerais pas être écartelé ou coincé.

"Que faire ?" dans cette situation disait Vladimir Oulianov. Va-t-on vers un nouveau schisme version Tours 1922 ? Y aurait-il des transferts de personnel pendant le "mercato d'hiver" ?

Il est en tous cas important que le grand parti socialiste réagisse sans gesticulations mais avec raison et sérénité. Il en a les ressources. Qu'il analyse clairement les objectifs du Conseil d'Etat, sa méthode et son calendrier ; qu'il en apprécie la compatibilité avec son propre programme politique et qu'enfin il détermine un positionnement de législature auquel il se tienne. C'est tout ce qu'on lui souhaite et qu'on peut souhaiter pour Genève. Tout le reste n'est qu'agitation et gym-jazz.

...... et quand le journaliste de la Tribune évoque le mot "révolutionnaire" à propos d'une tendance incarnée par A.Velasco et C. Sommaruga au sein du PS, soit c'est un flatteur de grande lignée, soit il n'est pas conscient qu'il mériterait d'être traîné en justice pour diffamation.

Deux femmes en vue

...... je parlerai de la troisième

Deux femmes ont été particulièrement à la une des medias et bien en évidence sur les écrans ces jours derniers. Si toutes deux ont un prénom commençant par la même lettre (et c'est peut-être leur seul point commun) elles ne jouent pas dans le même préau, l'une victime (innocente ?), l'autre déjà idole et bientôt icône. Je ne vous parlerai cependant ni de Sandra Borgeaud ni de Ségolène Royal, mais d'une autre femme portant également un prénom en S....... non ce n'est pas un quizz, rassurez-vous.

Jamais je n'aurais pensé qu'un jour, chère Madame, je vous consacrerais quelques lignes. Je n'ai partagé aucun de vos combats : je suis plutôt verdoyant (malgré mon âge) et vous plus proche de Regamey et de ses héritiersà la Ligue vaudoise. Droite dans votre strict tailleur (souvent beige triste) parfois éclairé d'une collerette blanche qui fleure bon la vieille droite, la droite éternelle, dangereusement précise, incisive et pugnace dans vos discours, ne lâchant rien, jamais, vous avez incarné pendant des années au Conseil national l'intransigeance du protestantisme libéral dans son expression la plus austère mais aussi la moins complexée. C'était un plaisir ramuzien de vous voir et vous entendre batailler à Table Ouverte le dimanche en fin de matinée où rarement vos adversaires ne purent déstabiliser la ténacité granitique qui se dressait devant eux. J'apprends qu'après votre retraite politique vous allez quitter l'enseignement du droit (ça vous va si bien).

Alors parce qu'un jour de 2006 vous avez débarqué dans une réunion de gôôôche pour dénoncer (si je disais courageusement ce serait vous offenser) les lois Blocher qui vous heurtaient au plus profond de vos valeurs, je vous salue Madame Suzette Sandoz, je vous souhaite une heureuse retraite et vous assure qu'aucune ironie ne se cache derrière mes propos.
Je vous avoue même que je prendrais volontiers une tasse thé avec vous et un biscuit, juste un.


Longue journée

...... que celle de demain.

La commission des finances du Grand Conseil siège toute la journée, mercredi, afin de préaviser le projet de budget de l'Etat." C'est ainsi que commence le blog du jour de mon collègue R.Gautier.

Qualifié d'acratopège par l'élu libéral, ce budget n'a rien de véritablement sexy. Il a cependant la qualité de s'inscrire dans la démarche, la méthode et le calendrier du Conseil d'Etat qui s'est engagé à assainir le compte de fonctionnement pendant la durée de la législature.Alors que les comptes 2005 de l'ancien gouvernement annonçaient un excédent de charges à hauteur de près de 440 mo, le budget 2006 ramenait le déficit à moins de 300 mo (on peut sans se tromper espérer un bien meilleur résultat aux comptes 2006) on arrive au budget 2007 avec un manco publié de 222 mo. Cela signifie que le processus annoncé est toujours en marche et qu'en deux exercices le Conseil d'Etat aura diminué le deficit de 220 mo. Il reste deux ans pour atteindre l'objectif mais pour l'opposition de la droite gouvernementale (et non-gouvernementale) ça ne va pas assez vite et la méthode persiste à n'être pas crédible. Evidemment, comme le suggère l'UDC, yauraitka par exemple diminuer linéairement les subventions de 5 % d'un seul coup. Fastoche..... mais le coût social qui reviendrait comme un boomerang serait beaucoup trop lourd à assumer ; cette diminution provoquerait des dégâts considérables et accentuerait la fracture sociale.

Certes, il reste encore le problème du financement des investissement et du poids de la dette. Ce sont les objectifs du gouvernement pour la prochaine législature, une fois le deficit de fonctionnement résorbé. Certes planent sur l'avenir la menace fédérale RTP et une augmentation des taux d'intérêt. Certes un referendum contre les transferts d'actifs (AIG, TPG) a été lancé ....., certes....... certes.....
Il n'en demeure pas moins que le Conseil d'Etat travaille avec une réelle volonté politique d'aboutir, dans la plus grande transparence et qu'il mérite notre confiance.

Europe et extrême gauche

Un milliard pour un cauchemard !

C'était le slogan, il y a quelques années(et pas besoin de rajouter en arrière) des opposants à la traversée de la rade.

En inversant les termes ce pourrait être aujourd'hui celui de l'extrême -gauche : "Un cauchemard pour un milliard". En effet à peine fiancés sous l'enseigne d'A gauche toute, les différents épiscopats des lendemains qui chantent (qui avaient promis que plus jamais ils ne se chercheraient des crosses, sans rancune camarade) nous bonnissent le plus cacophonique des préludes à la prochaine votation fédérale.
Pour Les Communistes (les vrais) c'est non. Au parti du Travail, St René fait savoir qu'on s'interroge, chez Solidarités, par la voix de St Pierre, on soutient mais on est préoccupé, alors que de l'autre côté de la Versoix le mouvement unifié de St Joseph appelle courageusement à voter blanc.

Les travailleurs et les travailleuses se bouchent les oreilles, restent pensifs devant leur bulletin de vote et se demandent si les douleurs cervicales qu'ils commencent à percevoir ne sont pas causées par la lecture des versets de ce psaume musico-politique d'A Gauche Toute (AGT) qui pourrait en fait s'intituler Au Grand Torticolis.