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TOUT PASSE........... Pierre Losio

Jardinage politique

.......des roses et des choux !

Une de mes collègues de parti, candidate compétente au Conseil administratif de la ville de Genève, s'est fait l'écho, en fin de semaine dernière, sur le plateau de l'animateur des grandes surfaces politiques de la Praille, d'une expression qui m'est chère puisque je l'ai employée tant de fois dans l'enceinte du parlement de la cité ces dernières années : la culture potagère.

Il n'est pas question ici des jardinets que l'on pourrait installer dans la cour ou au pied de nombreux immeubles gérés par la GIM, mais bien d'une façon dépassée de concevoir et d'appliquer la gouvernance d'un collège exécutif. Il faut effectivement en finir avec la culture potagère de l'exercice du pouvoir : chacun son jardin, chacun ses projets ; en fait comme disait l'humoriste Pierre Miserez dans son premier spectacle "Fais pas ch..... Bandelier, c'est mon sapin". Il s'agit, au contraire, de se mêler des affaires de sa/son collègue, de mesurer collégialement, avant le dépôt d'un crédit à l'ordre du jour du Conseil administratif le degré de priorité et l'impact financier du projet à l'aune de la politique globale des investissements. Cela éviterait à l'administration de travailler parfois à vide (l'objet peut in fine ne pas passer la rampe du CA), épargnerait des discussions se transformant parfois en scènes de souk (si tu soutiens ma patinoire, je soutiens ta bibliothèque... exemple vraiment fictif) et permettrait au CA de parler d'une voix unie dans la défense d'un projet. Ces quatre dernières années la cacophonie a parfois (souvent ?) remplacé l'harmonie dans la mélodie gouvernementale, résultat d'une culture potagère de la gouvernance.
L'absence de femmes au sein de l'exécutif s'est notamment fait sentir sur ce point, j'en suis persuadé. Toutes les candidates au Conseil administratif ont conscience de cette problématique horticole et maraîchère ; n'ont-elles pas déclaré unaninement et au-delà des partis : "Nous sommes prêtes à gouverner ensemble". C'est en tous cas ce dont la Ville a besoin.

Puisse le prochain exécutif municipal naître plutôt dans les roses (comme les petites filles) que dans les choux (comme les petits garçons)....car il risque d'y rester une législature de plus et de trop !


8 mars : Journée des femmes !

Vivent les femmes ! (Reiser)

Il n'y a rien à gagner, mais vous pouvez vous amuser à faire correspondre les noms cités pêle-mêle avec les considérations qui suivent : L.Tolstoi, Ch.Fourier, F.Giroud, Mao Zedong, G.Perros, A.Levy, J.Renard, V.Hugo.

Garçon ou fille, homme ou femme, il n'y a que des individus fiables ou non.

Partout où l'homme a dégradé la femme, il s'est dégradé lui-même.

Quand tout se fait petit, femmes vous restez grandes.

Il faut que toute la main-d'oeuvre féminine prenne place sur le front du travail où sera appliqué le principe "à travail égal, salaire égal", et cela doit être réalisé dans le plus bref délai.

Si l'homme construit les routes, la femme trace les chemins.

Femmes, c'est vous qui tenez entre vos mains le salut du monde.

Oh ! Comme vous êtes jolie.
Oui, il y a des hommes qui aiment ça.

Il faisait d'elle ce qu'elle voulait (ma préférée)


Des lunettes sur le monde

En apprenant, ce mercredi, la disparition de Jean Baudrillard qui a passé sa vie à décoder le monde contemporain, je n’ai pu m’empêcher de penser à l’ami Sarcloret qui faisait un tabac sur les scènes romandes en chantant « Déconner, déconner, déconner, on peut pas toujours déconner ». Jean Baudrillard, lui, a cessé de décoder.
A travers ses lunettes on a un peu mieux compris, entre autres embrouilles sociétales, ce qu’il appelait « le Festival du Rêve et des Processus secondaires » où « on ne parle que de l’Encéphalographe plat à cristaux liquides ».
En guise de salut reconnaissant quelques morceaux choisis :

Le jour de la fin du monde, il n'y aura personne, comme il n'y eut personne au commencement. C'est un scandale. Un tel scandale pour l'espèce humaine qu'elle est bien capable, collectivement et par dépit, de hâter cette fin du monde par tous les moyens, simplement pour pouvoir jouir du spectacle.

La tristesse de l'intelligence artificielle est qu'elle est sans artifice, donc sans intelligence.

Disque compact laser. Il ne s'use pas, même si l'on s'en sert. C'est terrifiant. C'est comme si vous ne vous en étiez jamais servi. C'est donc comme si vous n'existiez pas. Si les objets ne vieillissent plus, c'est que c'est vous qui êtes mort. La technologie musicale à son point de perfection devient une chambre noire, la jouissance musicale devient jouissance posthume. Plus tard, sans doute, on réintroduira des bruits parallèles, des virus, pour donner l'illusion de la vie et de l'usure.

S'occuper de soi, c'est l'illusion comique de notre temps ; s'occuper des autres, c'en est l'illusion tragique.

L'intelligence des choses doit être celle de l'intelligence avec l'ennemi, c'est-à-dire d'une complicité secrète et contre-nature.

Les milliers de vitrines qui sont la flore intestinale de nos villes.

Aujourd'hui, plus de scène, plus de miroir, mais un écran et un réseau. Plus de transcendance ou de profondeur, mais la surface immanente du déroulement des opérations, la surface lisse et opérationnelle de la communication. A l'image de la télévision, le plus bel objet prototypique de cette ère nouvelle, tout l'univers environnant et notre propre corps se font écran de contrôle.

Cueilli à froid....

......et froid dans le dos !

Mais quelle mouche a piqué ce mardi matin, fort tôt, la rédaction de RSR1 ? A l'heure où sonne le réveil dans les familles travailleuses, on a eu droit à la voix sinistre de Radio Moscou (en français) qui lisait, brisée par l'émotion, le communiqué annonçant que le coeur du camarade Joseph Staline avait cessé de battre.
Le rappel du cinquante-quatrième anniversaire de la mort du petit père des peuples a-t-il un sens ? Que cela signifie-t-il ? J'avoue que j'en suis resté pantois.
Et m'est revenue en mémoire la tristesse de mon père, militant communiste depuis l'après première guerre, mais aussi le pacte de non-agression germano-soviétique du 23 août 1939 signé et arrosé en compagnie de Ribbentrop, "les détonations des bouchons de champagne seront les dernières détonations pacifiques de l'année" (F.Brigneau), mais aussi l'apport déterminant de l'armée rouge dans la victoire sur les forces du mal brun et noir, mais encore les révélations kroutcheviennes lors du fameux 23ème congrès du PCUS, mais encore........

Tous ces souvenirs font froid dans le dos ; les héritiers de radio Sottens, au petit matin, se sont fourvoyés en remettant à la surface de nos disques dur l'image de celui qui n'avait qu'une règle de conduite : faut pas couper les cheveux en quatre, faut couper les gens en deux !

postscriptum : hasard du calendrier, c'est ce même 5 mars que choisit le collectif oecuménique d'extrême-gauche "A gauche toute" pour présenter ses listes municipales.


Statistiques


Genève à chaud : du 5 février au 2 mars 2007


Conseil d'Etat total : 11
L.Moutinot (3x), Ch.Beer (2x), P-F.Unger (2x), F.Longchamp, R.Cramer, M.Müller, D.Hiler.

Libéral : total : 11
O.Jornot (2x), A.Reverdin, N.Fontanet, J-S.Eggly, C.Poncet, M.Brunschwig-Graf, P.Dimier, J-M. Froidevaux, H.Gautier, S. Bednarczyk

Radical : total : 4
P.Maudet (2x), G.Baud, J.Dupraz

PDC : total : 8
C.Darbellay (2x), J-P. Jobin, S.Gruson, P.Glatz, L.Barthassat, J-R. Fournier, N.Vergain.

Socialistes : total : 9
S.Salerno (2x), P.Holenweg, G.Savary, C-A.Kast, M.Tornare, R.Nordmann, Liliane Maury-Pasquier, R.Longet.

Les Verts : total : 6
P.Mugny (2x), U.Leuenberger, M.Limpo, Sylvia Leuenberger.

MCG : total : 1
E.Stauffer

UDC : total : 4
A. Reymond, S.Schmid, P.Rubeli, C. Pirolli.

A Gauche toute : total : 3
P.Vanek, C.Gaillard, S.Wenger

Société civile :
FEGEMS, profs Uni, journalistes, écrivains, sénateur Hte-Savoie, Chancelière CH, évêque aux. Genève, Economie Suisse, NOMES, comité EMS, communauté kosovar, espion, Ecologie libérale, R.Debray, syndicat police, syndicat enseignants, syndicat romand du spectacle, directeur Th.Carouge, directrice Comédie, directrice Th. Grütli, Fond. Grand Théâtre, chef de l'armée, Armée du Salut, Fonction Cinéma, ancien chef sécurité aéroport.


La culture genevoise en ébullition

.....suite

Alors que vendredi matin au foyer de la Comédie se réunissaient les milieux culturels inquiets de leur avenir subventionnel, sur le plateau de cette même Comédie (très beau spectacle d'A.Bisang) on pouvait, le soir, saisir au vol cette réplique de Johannes Vockerat, le tourmenté mari des "Ames solitaires" de Hauptmann :

- Toujours ces histoires d'argent ! Toujours cette peur !

Etonnant, non ?


La culture genevoise en ébullition.

L'art dérange : formule qui permet à certains artistes de confondre parfois génie et dérangement.

Les réactions épidermiques du monde culturel, je les comprends ..... mais je ne les partage pas vraiment parce que les acteurs culturels avancent leurs arguments sur des informations soit fausses, soit incomplètes.
Je m'explique : il est claironné et du reste repris par le Temps (faut toujours se méfier de ce qu'on lit dans.... voir mon blog d'hier) qu'il s'agit d'un coup de force de l'Etat. C'est faux. Le transfert qui allume les pétards est en fait une proposition de l'ACG (Association des Communes Genevoises) dont le président milite dans les mêmes rangs que le président du gouvernement, Ch. Beer, qui lui est opposé à ce transfert. On comprend d'autant mieux que le Conseil d'Etat saisisse cette proposition au vol puisqu'il va devoir faire face à un report de charges de la Confédération via la nouvelle RPT dont le différentiel passe à plus de 80 mo en défaveur de Genève alors qu'il n 'était que de 1 mo dans l'ancienne version RPT. Il faut également savoir que la Ville de Genève (membre de l'ACG) était favorable à ce transfert des charges liées à la culture. Donc ne faisons porter ni au géant blond et vert qui veille sur les finances de l'Etat, ni à ses collègues, la responsabilité de ce qui est appelé abusivement un "coup de force de l'Etat".
Il est aussi clamé qu'il n'y aura plus qu'un guichet pour l'obtention de subventions. C'est faux. Les subventions ponctuelles du Service des affaires culturelles du DIP restent à l'Etat, la Ville ne se désengagera pas non plus de ce créneau qui concerne les indépendants et il sera toujours possible de compter sur la générosité de l'organe genevois de répartition de la Loterie Romande : il y aura donc toujours trois guichets.
Il est aussi beaucoup question du fait du prince Mugny qui se retrouvera seul à distribuer des prébandes ! Franchement, on n'est plus au Moyen-Age ; quelles sont les subventions qui ont été diminuées ou supprimées pendant les quatre ans de magistrature du Monseigneur de l'accordéon ? A part le Théâtre de Carouge ? Et là encore il ne s'agit pas d'une mesquine question de territorialité mais bien de capacité financière de la commune de Carouge qui a vu s'installer à l'intérieur de ses frontières un établissement bancaire d'importance pour les recettes fiscales de la Ville sarde.
Et enfin, a-t-on entendu les sujets du Prince des sports qui, à lui seul, distribue 4,4 mo de subventions et 3,2 mo de subventions en nature, se manifester ? Existe-t-il un mouvement 804 qui regroupe athlètes, gymnastes, boulistes etc..... en révolte contre l'arbitraire du Prince Dédé Hédiger ? Que nenni !

Alors que l'on se calme et que la scène culturelle genevoise mesure ses réactions à l'aune de la réalité et non pas à celle de son inquiétude.


Chaud devant !

Méfions-nous de ce qu'il y a dans les journaux, parfois ça risque d'être vrai (R.L.)

Des Legos pour mon ego ! Oh qu'il est fâché l'animateur des grandes surfaces politiques de la Praille !
Dans Le Temps de lundi il en veut tout fort à une émission française "J'ai une question à vous poser" qui donne la parole à un "pannel" de citoyens français ; ces électeurs s'adressent directement au(x) candidat(s) qui se succède(nt) sur le plateau de PPDA. Oh que c'est vilain !

L'argument du représentant de commerce politique ? On fait fi du journaliste. Une émission ça se construit (comme un lego), il y faut un médiateur/journaliste (qui vient de medium) mieux à même que le vulgus pecus (oui, oui, il parle les langues mortes le M'sieur) d'exprimer la quintessence d'une pensée. En fait si je comprends bien il s'agit d'un entremetteur pour qui on construit une émission sur mesure, qui bat la mesure jusqu'à la démesure de son Lego, ami des animaux, capable de faire danser, en un temps mesuré, les caniches politiques sur la carpette de l'écran bleu. Belluaire de talent, il sait "dégager des lignes de force" ; je me pince en pensant à ses (oui oui les siennes) questions doucereuses pour arracher un scoop : "Alors M. Beer , vous ne songez pas à démissionner après cette défaite ?" ou "Ne risque-t-on pas de vous retrouver sur un ticket pour le Conseil des Etats, M.Unger ?" ou encore d'une voix de premier communiant "Vous pouvez nous le dire, M. le conseiller fédéral, on est entre nous". Ca ressemble à des lignes de force ça ?

"Spectacle affligeant de voir PPDA, souverain durant le Journal, être rabaissé au rang de passe-plat" dit-il encore. Mais que je sache, passer les plats n'empêche pas de servir la soupe !

- Et un minestrone pour le pupitre 2 de Genève à chaud !


Budget par prestations

Aïe, mes cervicales !

Oui, l'établissement d'un budget par prestations est souhaitable pour toutes les raisons exprimées par un éminent correspondant de la République des blogs.
Souhaitable, utile et nécessaire, même si, dit-il, ça miaule à gauche, que ça pleurniche sur la perte de pouvoirs des parlementaires.

Mais en fait à gauche c'est où ? Je signale avec courtoisie et sans vélléité polémique (Victor) à mon excellent collègue Renaud dont il est-question ci-dessus que le spécialiste et recordman absolu des amendements "gommes, taille-crayons" est un conseiller municipal de son parti (je le sais j'y étais) et que l'un des plus véhéments adversaire du budget par prestations était un élu radical devenu par la suite président de la commission des finances et président du Parlement cantonal.
Mais c'est où à gauche ? J'ai le torticolis.

bon week-end


Halte ! Police !

Jusqu'où aller trop loin.

- Est-ce le contenu ou la tonalité qui provoque tant de réactions à la conférence de presse du syndicat de la police ?
- Tous les deux mon brigadier.

Quant on connaît le député-gendarme Roger Golay, sa placidité, son humeur égale et son esprit d'ouverture au débat, on ne peut que s'étonner de la véhémence avec laquelle s'est manifesté (de la famille du mot manif') le syndicat précité. Ce ton très vertébré véhicule un non-dit qu'il est nécessaire de relever : il semble que le contenu du mot négociation subit un fort glissement sémantique dans l'esprit de la police qui se mobilise. La discussion entre employeurs et employés est nécessaire et elle existe, la négociation aussi...... mais à la fin de processus c'est le Conseil d'Etat qui décide car (à tort ou à raison) les relations à l'intérieur ce tte collectivité ne relèvent ni de la co-gestion ni de l'autogestion. Cela ne semble pas vraiment compris en profondeur au sein du syndicat de la police.
J'ai de la peine aussi à admettre que la cheffe, Mme Bonfanti, soit aussi cloche et autiste qu'on le proclame. Si c'était le cas il y aurait de quoi s'inquiéter sur la qualité des filtres balisant le steeple-chase du casting qui l'amenée au bout du parcours et sur la compétence des recruteurs.
Vaut-il vraiment la peine de commenter la remise en cause du Conseiller d'Etat en charge du département des Institutions ? C'est tout simplement déplacé. M. Moutinot tient sa légitimité directement du peuple, c'est nécessaire et suffisant.
Enfin, et il faut le dire avec force et sérénité à la corporation policière, ce sont des décisions politiques souveraines qui seront prises pour sceller le sort de la réévaluation de la fonction police et de l'éventuelle fusion avec la PSI. Le Grand Conseil décidera souverainement quelle que soit la pression qu'on voudra mettre sur lui.

Alors on se calme, on se remet autour de la table, on cause gentiment à la dame et c'est pas triste.