Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

TOUT PASSE........... Pierre Losio

La loi ne dipose que pour l'avenir.....

...... elle n'a point d'effet rétroactif. (14 ventôse an XI)

Vous avez voté Oui le week-end dernier ? Pour que notre ville et notre canton restent propres et ne soient pas souillés par les affichages pollutifs de celles et ceux qui ne peuvent se payer ni les trapèzes ni les encarts SGA mais qui contribuent, par leurs activités, au maillage social, culturel et sportif de la communauté genevoise ?

Vous êtes donc partisans du propre en ordre et je vous invite à faire un tour dans les villages de la Champagne, d'emprunter routes secondaires et chemins vicinaux. Vous constaterez que les affiches électorales des partisans de la sévérité en matière de réclame (visages et sourires conquérants) ornent les lieux les plus incongrus, décorent les arbres, défigurent le patrimoine rural.

Il est vrai que ces Winkelried du "bien dégagé vers les oreilles" ne sont plus à une contradiction près dans leur pêche à l'électeur....... et que la loi n'est pas encore en vigueur !


Encore une couche

......juste une, et on se calme !

Il y a bien des semaines que je me tiens à carreaux et que j'évite de polémiquer avec les partenaires socialistes, mais "voilatipas" (comme disent les délicieuses dames d'âge mûr à la boulangerie de Graziella le matin) qu'un des représentants de la tendance révolutionnaire du PS genevois réarme sa "kalach" et, dans un quotidien d'audience romande, envoie des rafales contre les Verts. J'ai cessé récemment de m'énerver contre les "papiers" d'une feuille solidaire trotskyste qui traîne mon parti dans la boue avec la régularité septuagénaire de ceux qui sont toujours en train de construire le parti des mélodies futures et heureuses. J'ai également cessé de m'étonner des votes souvent tri-tendanciels des élus socialistes à la commission des finances ; l'exploitation électoraliste d'une soit-disant crise de la culture par les roses ne m'agace même pas...... mais l'interview du conseiller national-barbudo, la suffisance des propos qu'on peut y lire provoque en moi une légère démangeaison que je me dois d'apaiser avant qu'elle vire au prurit.
Si le PS n'a de conseils à recevoir de personne, il a des leçons à donner. Et il ne s'en prive pas surtout quand il jouit d'une assise largement majoritaire dans une alliance. J'en ai fait l'expérience dans une législature municipale antérieure où les Verts n'avaient que 8 élus. Le respect de la diversité, des minorités remplacés par une tolérance hautaine, les propositions que nous avancions prises en compte à titre de concessions, sans parler de la pression exercée lors de votes importants.
Aujourd'hui les Verts ne sont plus sur le porte-bagages de la mobylette, le temps du strapontin est révolu et ça dérange ce grand parti assis depuis "cent ans" sur ses repères ; en passe d'être doublés (à Genève) par des verts "nez dans le guidon", culpabilisés par l'absence de l'ADG au Grand Conseil, hésitant entre le gouvernementalisme et l'opposition, les roses s'agitent, gesticulent, dénoncent, intentent des procès d'intention, font entendre des voix discordantes.
C'est tout à fait typique dans le dossier culturel qui agite en ce moment les esprits. Je cite : "j'imagine qu'avec leur magistrat municipal Patrice Mugny qui trébuche dans sa politique culturelle, les écologistes ont des raisons d'être un peu déboussolés.." Quelle impudence ! Faut-il rappeler (oui il le faut) à M. le conseiller national-barbudo que le transfert des "charges" culturelles de l'Etat à la Ville de Genève est une proposition qui émane de l'Association des communes genevoises (ACG) dont le président est un influent édile du parti socialiste ?
Non, le magistrat Mugny ne s'est pas "encoublé" dans la conduite de sa politique, pas plus que nous, les Verts, avons affirmé que le magistrat Charles Beer avait trébuché dans sa gouvernance du dossier de l'école primaire !

Je ne saurais trop souhaiter que cessent ces polémiques inutiles, que le grand parti à la rose achève rapidement sa démonstration de gym-jazz électoraliste, que nous gagnions ensemble les municipales et qu'au lendemain du 25 mars nous présentions ensemble 3 candidats pour le Conseil administratif. Cela implique évidemment que celui de nos deux partis qui aura obtenu le moins de suffrages retire une de ses candidatures : quant à nous, nous le ferons sans tergiverser.


Solo ?

Esquisses d'une réponse.

Pour avoir, dans mon parti, depuis longtemps défendu la voie solitaire (qui n'est pas un plaisir) , j'attendais avec curiosité, impatience et espoir le résultat des élections vaudoises du week-end écoulé : en fait la curiosité est un vilain défaut (zavaient ka pas essayé les verts d'outre-Versoix), mon impatience s'est calmée et l'espoir s'est envolé. Et Toc !
On me l'a toujours dit, les pastèques comme les fundis, les militants de base comme les édiles : sans alliance avec la gôooche on a de la peine faire passer nos candidats dans les exécutifs.
Qu'on se rassure, le but n'est pas d'avoir le plus de verts possibles dans les gouvernements, mais bien de faire progresser les idées vertes et d'arriver à les concrétiser dans la vie, la gestion, les projets d'un canton, d'une ville. Je relève quand même que sans apport automatique de voix via une liste commune nous plaçons un candidat en passe d'être élu et que nous progressons de manière très sensible au Grand Conseil alors que l'extrême-gauche s'effondre.
Peut-on en tirer des leçons pour le bout du lac ? Ce n'est pas certain car les caractéristiques de nos deux cantons sont très différentes : poids du canton-ville, poids de l'arrière pays, poids historique de certains partis, recomposition (passagère ?) de l'extrême gauche vécue différemment, vote éventuel de la Genève internationale ..... A ce titre les élections municipales dans la cité de Calvin seront pleines d'enseignement ; nous saurons quel est le socle dur de chaque parti après une législature agitée et nous pourrons aussi mesurer la répartition des forces entre le parti socialiste et les verts, alors que l'oecuménisme retrouvé de la gauche radicale ne comblera problablement pas les attentes des traumatisés de l'automne 2005.

C'est dire que je serai peut-être amené à persister (ora pro nobis) dans mes espoirs (non, non, pas mes vélléités) d'alleingang. Mais pour l'instant, j'en conviens : alleingang, nicht gültig.


Jardinage politique

.......des roses et des choux !

Une de mes collègues de parti, candidate compétente au Conseil administratif de la ville de Genève, s'est fait l'écho, en fin de semaine dernière, sur le plateau de l'animateur des grandes surfaces politiques de la Praille, d'une expression qui m'est chère puisque je l'ai employée tant de fois dans l'enceinte du parlement de la cité ces dernières années : la culture potagère.

Il n'est pas question ici des jardinets que l'on pourrait installer dans la cour ou au pied de nombreux immeubles gérés par la GIM, mais bien d'une façon dépassée de concevoir et d'appliquer la gouvernance d'un collège exécutif. Il faut effectivement en finir avec la culture potagère de l'exercice du pouvoir : chacun son jardin, chacun ses projets ; en fait comme disait l'humoriste Pierre Miserez dans son premier spectacle "Fais pas ch..... Bandelier, c'est mon sapin". Il s'agit, au contraire, de se mêler des affaires de sa/son collègue, de mesurer collégialement, avant le dépôt d'un crédit à l'ordre du jour du Conseil administratif le degré de priorité et l'impact financier du projet à l'aune de la politique globale des investissements. Cela éviterait à l'administration de travailler parfois à vide (l'objet peut in fine ne pas passer la rampe du CA), épargnerait des discussions se transformant parfois en scènes de souk (si tu soutiens ma patinoire, je soutiens ta bibliothèque... exemple vraiment fictif) et permettrait au CA de parler d'une voix unie dans la défense d'un projet. Ces quatre dernières années la cacophonie a parfois (souvent ?) remplacé l'harmonie dans la mélodie gouvernementale, résultat d'une culture potagère de la gouvernance.
L'absence de femmes au sein de l'exécutif s'est notamment fait sentir sur ce point, j'en suis persuadé. Toutes les candidates au Conseil administratif ont conscience de cette problématique horticole et maraîchère ; n'ont-elles pas déclaré unaninement et au-delà des partis : "Nous sommes prêtes à gouverner ensemble". C'est en tous cas ce dont la Ville a besoin.

Puisse le prochain exécutif municipal naître plutôt dans les roses (comme les petites filles) que dans les choux (comme les petits garçons)....car il risque d'y rester une législature de plus et de trop !


8 mars : Journée des femmes !

Vivent les femmes ! (Reiser)

Il n'y a rien à gagner, mais vous pouvez vous amuser à faire correspondre les noms cités pêle-mêle avec les considérations qui suivent : L.Tolstoi, Ch.Fourier, F.Giroud, Mao Zedong, G.Perros, A.Levy, J.Renard, V.Hugo.

Garçon ou fille, homme ou femme, il n'y a que des individus fiables ou non.

Partout où l'homme a dégradé la femme, il s'est dégradé lui-même.

Quand tout se fait petit, femmes vous restez grandes.

Il faut que toute la main-d'oeuvre féminine prenne place sur le front du travail où sera appliqué le principe "à travail égal, salaire égal", et cela doit être réalisé dans le plus bref délai.

Si l'homme construit les routes, la femme trace les chemins.

Femmes, c'est vous qui tenez entre vos mains le salut du monde.

Oh ! Comme vous êtes jolie.
Oui, il y a des hommes qui aiment ça.

Il faisait d'elle ce qu'elle voulait (ma préférée)


Des lunettes sur le monde

En apprenant, ce mercredi, la disparition de Jean Baudrillard qui a passé sa vie à décoder le monde contemporain, je n’ai pu m’empêcher de penser à l’ami Sarcloret qui faisait un tabac sur les scènes romandes en chantant « Déconner, déconner, déconner, on peut pas toujours déconner ». Jean Baudrillard, lui, a cessé de décoder.
A travers ses lunettes on a un peu mieux compris, entre autres embrouilles sociétales, ce qu’il appelait « le Festival du Rêve et des Processus secondaires » où « on ne parle que de l’Encéphalographe plat à cristaux liquides ».
En guise de salut reconnaissant quelques morceaux choisis :

Le jour de la fin du monde, il n'y aura personne, comme il n'y eut personne au commencement. C'est un scandale. Un tel scandale pour l'espèce humaine qu'elle est bien capable, collectivement et par dépit, de hâter cette fin du monde par tous les moyens, simplement pour pouvoir jouir du spectacle.

La tristesse de l'intelligence artificielle est qu'elle est sans artifice, donc sans intelligence.

Disque compact laser. Il ne s'use pas, même si l'on s'en sert. C'est terrifiant. C'est comme si vous ne vous en étiez jamais servi. C'est donc comme si vous n'existiez pas. Si les objets ne vieillissent plus, c'est que c'est vous qui êtes mort. La technologie musicale à son point de perfection devient une chambre noire, la jouissance musicale devient jouissance posthume. Plus tard, sans doute, on réintroduira des bruits parallèles, des virus, pour donner l'illusion de la vie et de l'usure.

S'occuper de soi, c'est l'illusion comique de notre temps ; s'occuper des autres, c'en est l'illusion tragique.

L'intelligence des choses doit être celle de l'intelligence avec l'ennemi, c'est-à-dire d'une complicité secrète et contre-nature.

Les milliers de vitrines qui sont la flore intestinale de nos villes.

Aujourd'hui, plus de scène, plus de miroir, mais un écran et un réseau. Plus de transcendance ou de profondeur, mais la surface immanente du déroulement des opérations, la surface lisse et opérationnelle de la communication. A l'image de la télévision, le plus bel objet prototypique de cette ère nouvelle, tout l'univers environnant et notre propre corps se font écran de contrôle.

Cueilli à froid....

......et froid dans le dos !

Mais quelle mouche a piqué ce mardi matin, fort tôt, la rédaction de RSR1 ? A l'heure où sonne le réveil dans les familles travailleuses, on a eu droit à la voix sinistre de Radio Moscou (en français) qui lisait, brisée par l'émotion, le communiqué annonçant que le coeur du camarade Joseph Staline avait cessé de battre.
Le rappel du cinquante-quatrième anniversaire de la mort du petit père des peuples a-t-il un sens ? Que cela signifie-t-il ? J'avoue que j'en suis resté pantois.
Et m'est revenue en mémoire la tristesse de mon père, militant communiste depuis l'après première guerre, mais aussi le pacte de non-agression germano-soviétique du 23 août 1939 signé et arrosé en compagnie de Ribbentrop, "les détonations des bouchons de champagne seront les dernières détonations pacifiques de l'année" (F.Brigneau), mais aussi l'apport déterminant de l'armée rouge dans la victoire sur les forces du mal brun et noir, mais encore les révélations kroutcheviennes lors du fameux 23ème congrès du PCUS, mais encore........

Tous ces souvenirs font froid dans le dos ; les héritiers de radio Sottens, au petit matin, se sont fourvoyés en remettant à la surface de nos disques dur l'image de celui qui n'avait qu'une règle de conduite : faut pas couper les cheveux en quatre, faut couper les gens en deux !

postscriptum : hasard du calendrier, c'est ce même 5 mars que choisit le collectif oecuménique d'extrême-gauche "A gauche toute" pour présenter ses listes municipales.


Statistiques


Genève à chaud : du 5 février au 2 mars 2007


Conseil d'Etat total : 11
L.Moutinot (3x), Ch.Beer (2x), P-F.Unger (2x), F.Longchamp, R.Cramer, M.Müller, D.Hiler.

Libéral : total : 11
O.Jornot (2x), A.Reverdin, N.Fontanet, J-S.Eggly, C.Poncet, M.Brunschwig-Graf, P.Dimier, J-M. Froidevaux, H.Gautier, S. Bednarczyk

Radical : total : 4
P.Maudet (2x), G.Baud, J.Dupraz

PDC : total : 8
C.Darbellay (2x), J-P. Jobin, S.Gruson, P.Glatz, L.Barthassat, J-R. Fournier, N.Vergain.

Socialistes : total : 9
S.Salerno (2x), P.Holenweg, G.Savary, C-A.Kast, M.Tornare, R.Nordmann, Liliane Maury-Pasquier, R.Longet.

Les Verts : total : 6
P.Mugny (2x), U.Leuenberger, M.Limpo, Sylvia Leuenberger.

MCG : total : 1
E.Stauffer

UDC : total : 4
A. Reymond, S.Schmid, P.Rubeli, C. Pirolli.

A Gauche toute : total : 3
P.Vanek, C.Gaillard, S.Wenger

Société civile :
FEGEMS, profs Uni, journalistes, écrivains, sénateur Hte-Savoie, Chancelière CH, évêque aux. Genève, Economie Suisse, NOMES, comité EMS, communauté kosovar, espion, Ecologie libérale, R.Debray, syndicat police, syndicat enseignants, syndicat romand du spectacle, directeur Th.Carouge, directrice Comédie, directrice Th. Grütli, Fond. Grand Théâtre, chef de l'armée, Armée du Salut, Fonction Cinéma, ancien chef sécurité aéroport.


La culture genevoise en ébullition

.....suite

Alors que vendredi matin au foyer de la Comédie se réunissaient les milieux culturels inquiets de leur avenir subventionnel, sur le plateau de cette même Comédie (très beau spectacle d'A.Bisang) on pouvait, le soir, saisir au vol cette réplique de Johannes Vockerat, le tourmenté mari des "Ames solitaires" de Hauptmann :

- Toujours ces histoires d'argent ! Toujours cette peur !

Etonnant, non ?


La culture genevoise en ébullition.

L'art dérange : formule qui permet à certains artistes de confondre parfois génie et dérangement.

Les réactions épidermiques du monde culturel, je les comprends ..... mais je ne les partage pas vraiment parce que les acteurs culturels avancent leurs arguments sur des informations soit fausses, soit incomplètes.
Je m'explique : il est claironné et du reste repris par le Temps (faut toujours se méfier de ce qu'on lit dans.... voir mon blog d'hier) qu'il s'agit d'un coup de force de l'Etat. C'est faux. Le transfert qui allume les pétards est en fait une proposition de l'ACG (Association des Communes Genevoises) dont le président milite dans les mêmes rangs que le président du gouvernement, Ch. Beer, qui lui est opposé à ce transfert. On comprend d'autant mieux que le Conseil d'Etat saisisse cette proposition au vol puisqu'il va devoir faire face à un report de charges de la Confédération via la nouvelle RPT dont le différentiel passe à plus de 80 mo en défaveur de Genève alors qu'il n 'était que de 1 mo dans l'ancienne version RPT. Il faut également savoir que la Ville de Genève (membre de l'ACG) était favorable à ce transfert des charges liées à la culture. Donc ne faisons porter ni au géant blond et vert qui veille sur les finances de l'Etat, ni à ses collègues, la responsabilité de ce qui est appelé abusivement un "coup de force de l'Etat".
Il est aussi clamé qu'il n'y aura plus qu'un guichet pour l'obtention de subventions. C'est faux. Les subventions ponctuelles du Service des affaires culturelles du DIP restent à l'Etat, la Ville ne se désengagera pas non plus de ce créneau qui concerne les indépendants et il sera toujours possible de compter sur la générosité de l'organe genevois de répartition de la Loterie Romande : il y aura donc toujours trois guichets.
Il est aussi beaucoup question du fait du prince Mugny qui se retrouvera seul à distribuer des prébandes ! Franchement, on n'est plus au Moyen-Age ; quelles sont les subventions qui ont été diminuées ou supprimées pendant les quatre ans de magistrature du Monseigneur de l'accordéon ? A part le Théâtre de Carouge ? Et là encore il ne s'agit pas d'une mesquine question de territorialité mais bien de capacité financière de la commune de Carouge qui a vu s'installer à l'intérieur de ses frontières un établissement bancaire d'importance pour les recettes fiscales de la Ville sarde.
Et enfin, a-t-on entendu les sujets du Prince des sports qui, à lui seul, distribue 4,4 mo de subventions et 3,2 mo de subventions en nature, se manifester ? Existe-t-il un mouvement 804 qui regroupe athlètes, gymnastes, boulistes etc..... en révolte contre l'arbitraire du Prince Dédé Hédiger ? Que nenni !

Alors que l'on se calme et que la scène culturelle genevoise mesure ses réactions à l'aune de la réalité et non pas à celle de son inquiétude.