Insupportable !
"Terrorisme en version écolo" : une page et surtout des titres ronflants consacrés à un écrivain français qui s'interroge sur le fascisme vert dans la Tribune de ce vendredi 16 février.
L'outrance des mots utilisés ne mériteraient qu'indifférence car on le sait, tout ce qui est excessif est insignifiant. Néanmmoins le sang, l'horreur, les atteintes au respect de l'homme, à sa dignité et tous les morts qui accompagnent au long de l'histoire le terrorisme et le fascisme, la juxtaposition de la couleur verte à ces mots qui transpirent la tragédie humaine méritent un coup de gueule assorti de quelques propos précis.
Ce n'est pas parce qu'aux Etats-Unis quelques allumés ultrafundi "n'hésitent pas à sacrifier l'humain sur l'autel de la nature" qu'on peut s'autoriser à digresser (divaguer) jusqu'à glisser dans la parano terroristico-verte. On annonce même un débat à Genève ayant pour thème "Le fascisme vert, fantasme ou réalité ?". C'est tout simplement insupportable ! Le mouvement écologiste n'a pas de sang sur les mains, il est fondamentalement pacifiste. Son histoire en témoigne alors qu'on ne peut pas en dire autant d'autres courants de pensée qui font vivre aujourd'hui notre démocratie (relisons l'histoire de notre pays et de notre canton).
Oui les écologistes sont des emmerdeurs ; ils allument (et depuis longtemps) des sémaphores qui transmettent des messages aujourd'hui incontestables et incontestés (cf les conclusions de la récente conférence de Paris). Et ces messages dérangent notre confort de vie, notre mode de consommation, d'alimentation, de déplacement. Ils dérangent tellement qu'ils provoquent chez beaucoup de citoyens l'interrogation, la culpabilité et heureusement de plus en plus une prise de conscience. Le sentiment de culpabilité, c'est bien connu, engendre souvent l'agacement, l'agressivité et l'envie hellénique de dénoncer/éliminer le facteur porteur de mauvaises nouvelles : langage outrancier dans le cas présent ou appel au lynchage (souvenons-nous de la manifestation en faveur du stade de la Praille où les sportifs appelaient à "pendre les écologistes pendant qu'il y a encore des arbres").
Emmerdeurs, mais vraiment contemporains. Il n'est pas question de revenir à "la robe de bure ou la lampe à huile" (R.G.) mais "d'aller vers un développement qualitatif volontaire mettant à son service les instruments de la technologie moderne." ( réf. programme des Verts 1985 !).
Emmerdeurs, mais humanistes ; le développement durable ne place -t-il pas l'homme au centre des préoccupations de ce temps ? Le triangle économie-environnement-solidarité sociale ne peut être ni scalène, ni rectangle mais équilatéral si l'on veut tendre à une qualité de vie dans laquelle tous et toutes s'épanouissent en équilibre avec leur environnement, les ressources naturelles, les habitants de la planète et un développement économique responsable.
"Le bien-être et la joie de vivre ne se décrètent pas. Il faut créer les conditions nécessaires à ce que le plus grand nombre puisse jouir de cet état. C'est pour cela que nous faisons de la politique" (réf. programme des Verts 2003).
Assez d'excès de langage, assez de terrorisme verbal ! Utilisons les mots pour ce qu'ils veulent dire. Allez donc jeter un coup d'oeil sur le site du Grand Conseil et regardez la trombine des députés-es verts-es ; franchement on a des têtes de fascistes ?
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16 Février 2007 à 11:56 dans
- Ecole
