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TOUT PASSE........... Pierre Losio

Chaud devant !

Méfions-nous de ce qu'il y a dans les journaux, parfois ça risque d'être vrai (R.L.)

Des Legos pour mon ego ! Oh qu'il est fâché l'animateur des grandes surfaces politiques de la Praille !
Dans Le Temps de lundi il en veut tout fort à une émission française "J'ai une question à vous poser" qui donne la parole à un "pannel" de citoyens français ; ces électeurs s'adressent directement au(x) candidat(s) qui se succède(nt) sur le plateau de PPDA. Oh que c'est vilain !

L'argument du représentant de commerce politique ? On fait fi du journaliste. Une émission ça se construit (comme un lego), il y faut un médiateur/journaliste (qui vient de medium) mieux à même que le vulgus pecus (oui, oui, il parle les langues mortes le M'sieur) d'exprimer la quintessence d'une pensée. En fait si je comprends bien il s'agit d'un entremetteur pour qui on construit une émission sur mesure, qui bat la mesure jusqu'à la démesure de son Lego, ami des animaux, capable de faire danser, en un temps mesuré, les caniches politiques sur la carpette de l'écran bleu. Belluaire de talent, il sait "dégager des lignes de force" ; je me pince en pensant à ses (oui oui les siennes) questions doucereuses pour arracher un scoop : "Alors M. Beer , vous ne songez pas à démissionner après cette défaite ?" ou "Ne risque-t-on pas de vous retrouver sur un ticket pour le Conseil des Etats, M.Unger ?" ou encore d'une voix de premier communiant "Vous pouvez nous le dire, M. le conseiller fédéral, on est entre nous". Ca ressemble à des lignes de force ça ?

"Spectacle affligeant de voir PPDA, souverain durant le Journal, être rabaissé au rang de passe-plat" dit-il encore. Mais que je sache, passer les plats n'empêche pas de servir la soupe !

- Et un minestrone pour le pupitre 2 de Genève à chaud !


Budget par prestations

Aïe, mes cervicales !

Oui, l'établissement d'un budget par prestations est souhaitable pour toutes les raisons exprimées par un éminent correspondant de la République des blogs.
Souhaitable, utile et nécessaire, même si, dit-il, ça miaule à gauche, que ça pleurniche sur la perte de pouvoirs des parlementaires.

Mais en fait à gauche c'est où ? Je signale avec courtoisie et sans vélléité polémique (Victor) à mon excellent collègue Renaud dont il est-question ci-dessus que le spécialiste et recordman absolu des amendements "gommes, taille-crayons" est un conseiller municipal de son parti (je le sais j'y étais) et que l'un des plus véhéments adversaire du budget par prestations était un élu radical devenu par la suite président de la commission des finances et président du Parlement cantonal.
Mais c'est où à gauche ? J'ai le torticolis.

bon week-end


Halte ! Police !

Jusqu'où aller trop loin.

- Est-ce le contenu ou la tonalité qui provoque tant de réactions à la conférence de presse du syndicat de la police ?
- Tous les deux mon brigadier.

Quant on connaît le député-gendarme Roger Golay, sa placidité, son humeur égale et son esprit d'ouverture au débat, on ne peut que s'étonner de la véhémence avec laquelle s'est manifesté (de la famille du mot manif') le syndicat précité. Ce ton très vertébré véhicule un non-dit qu'il est nécessaire de relever : il semble que le contenu du mot négociation subit un fort glissement sémantique dans l'esprit de la police qui se mobilise. La discussion entre employeurs et employés est nécessaire et elle existe, la négociation aussi...... mais à la fin de processus c'est le Conseil d'Etat qui décide car (à tort ou à raison) les relations à l'intérieur ce tte collectivité ne relèvent ni de la co-gestion ni de l'autogestion. Cela ne semble pas vraiment compris en profondeur au sein du syndicat de la police.
J'ai de la peine aussi à admettre que la cheffe, Mme Bonfanti, soit aussi cloche et autiste qu'on le proclame. Si c'était le cas il y aurait de quoi s'inquiéter sur la qualité des filtres balisant le steeple-chase du casting qui l'amenée au bout du parcours et sur la compétence des recruteurs.
Vaut-il vraiment la peine de commenter la remise en cause du Conseiller d'Etat en charge du département des Institutions ? C'est tout simplement déplacé. M. Moutinot tient sa légitimité directement du peuple, c'est nécessaire et suffisant.
Enfin, et il faut le dire avec force et sérénité à la corporation policière, ce sont des décisions politiques souveraines qui seront prises pour sceller le sort de la réévaluation de la fonction police et de l'éventuelle fusion avec la PSI. Le Grand Conseil décidera souverainement quelle que soit la pression qu'on voudra mettre sur lui.

Alors on se calme, on se remet autour de la table, on cause gentiment à la dame et c'est pas triste.


Naïf c'est le prénom.

" Il existe une gauche qui refuse de perdre sa virginité et qui redonne le pays à Berlusconi !" (Massimo d'Alema, ministre des affaires étrangères du gouvernement italien)

L'Italie à nouveau dans la crise ; alors que, héritières de Maria Cagol, Renato Curcio et Alberto Franceschini, de nouvelles Brigades rouges sont démantelées juste avant de passer à l'action ; alors que la parano sécuritaire s'empare du pays pour une manifestation anti-base USA (Vicenza en état de siège samedi dernier) ; alors que se rallume la polémique sur Tangentopoli , l'ex-juge Di Pietro devenu ministre et le pool des juges de Milan (d'Ambrosio devenu député, Borelli.....), le gouvernement trébuche au Sénat sur une motion, battu pour 2 voix, Romano Prodi démissionne.
Ca tombe mal pour le pays mais bien pour Silvio Pinocchio Berlusconi, trop heureux de revenir sur le devant de la scène au grand dam de ses "alliés" qui avaient déjà archivé son leadership sur l'opposition (oui, oui, je pense à Fini et Casini).
Il est surprenant d'apprendre que c'est sur un débat de politique étrangère (retrait des troupes italiennes de l'Afghanistan) que le centre-gauche ait glissé. A Palazzo Madama, Massimo D'Alema, titulaire de Palazzo Farnese, a tenu un discours très européiste qui aurait certainement été entendu compris et applaudi par tous les gouvernements de gauche dans les pays occidentaux....... mais, pas plus que chez nous, le conditionnel passé n'est opératoire en Italie. Deux voix d'extrême gauche (Rifondazione et Communisiti italiani) ont fait tomber le gouvernement Prodi après 281 jours d'activités. A ces deux voix s'est jointe celle de l'inoxydable sénateur à vie, sept fois premier ministre, Giulio Andreotti..... qui s'en est mordu les doigts : "Je ne l'a pas fait par calcul, je n'avais pas compris que sans ma voix le gouvernement tomberait". Tu parles, Jules !
Ce qui me frappe le plus dans cet événement c'est finalement la naiveté des forces réformistes italiennes, la Margherita de Rutelli, le PDS (ex-PCi) et leur entêtement à vouloir construire une alliance avec la gauche radicale (Rifondazione notamment). La naiveté et l'amnésie : c'est la troisième fois que l'extrême gauche tire l'escabeau. En 1997 refus de la financière (chez nous on appelle ça le budget), en 1998 opposition à la motion de confiance et hier sur la politique étrangère.

Ne serait-il pas temps décerner un brevet d'inaffidabilité à cette gauche de la gauche qui fondamentalement ne veut pas gouverner ? Ne serait-il pas temps de construire une majorité qui donne stabilité à ce pays mis à genoux par le quinquennat berlusconien ?


Cherche rédchef :-)



Semaine de Grand Conseil, travail de préparation, peu de temps pour bloguer....et pourtant ce ne sont pas les sujets qui manquent. Il me faudrait peut-être un rédchef pour mettre de l'ordre et des priorités dans tout cela :

- L'acharnement des medias sur la "crise" du parti libéral dont je ne dirais pas que je m'en f..... mais qui ne me motive pas sufisamment pour que je me mêle de cette affaire de famille(s?)
- L'annonce du conseiller administratif P.Muller qui informe le Conseil municipal que la dette de la Ville de Genève va sous peu passer le cap des 2 milliards ; allons de l'avant ! Là où il y a une volonté, il y a un chemin.
- L'annonce du conseiller administratif P.Muller qui informe le Conseil municipal que les dépenses concernant le train de vie de l'administration (les fameux groupes 31) vont être gelées......comme le demandaient depuis trop longtemps les Verts.
- L'annonce du Conseiller d'Etat D.Hiler concernant les résultats des comptes 2006 qui s'afficheront en noir alors que le curseur du budget s'était arrêté à un rouge 230 ! Ne comptez pas cependant sur le géant blond et vert pour qu'il empoigne une cigalienne guitare.
- L'inquiétude (fondée ?) des milieux culturels genevois au sujet d'une insistante rumeur : l'hypothétique ou non finalisé transfert des subventions de l'Etat à la Ville de Genève qui verrait ça d'un bon oeil.
- L'image désastreuse que donne le comité du Festival de la Bâtie ; son incompétence de gestion amène Patrice Mugny à suspendre le versement de la subvention et à s'expliquer de manière éminemment responsable devant un Conseil municipal mobilisé
- La remontée de Jeanne d'Arc au blanc chemisier dans les sondages français et la percée remarquée de F.Bayrou auteur de deux remarquables prestations su France 2 et M 6 ; et si finalement c'était lui ?
- L'imagination dont fait preuve un parti genevois au sujet des élections municipales ; il publie un encart qui se termine par ces mots : "pour aller de l'avant". Cela m'autorise à paraphraser G. Flaubert : " c'était un de ces pauvres slogans dont la vacuité muette a des profondeurs insondables".

....et tant d'autres sujets encore.............


LMP-MBG

La qualité crève l'écran !

La campagne des votations sur la caisse unique a dérapé ce week-end ; le tandem Ruey-Maillard a donné dans l'invective bas de gamme , ce qui alimente en liquide le moulin de ceux qui ont à coeur de décrédibiliser cette noble activité qu'est le politis.

Ce lundi, sur l'écran bleu du lac, dans un laps de temps très restreint, deux élues genevoises aux chambres fédérales ont donné une belle démonstration de clarté dans l'exposé et de conviction dans la tonalité, d'écoute sereine de la contradiction.

Mesdames Maury-Pasquier et Brunschwig-Graf bravo ! Vous faites honneur à la politique.


Insupportable !

"Terrorisme en version écolo" : une page et surtout des titres ronflants consacrés à un écrivain français qui s'interroge sur le fascisme vert dans la Tribune de ce vendredi 16 février.

L'outrance des mots utilisés ne mériteraient qu'indifférence car on le sait, tout ce qui est excessif est insignifiant. Néanmmoins le sang, l'horreur, les atteintes au respect de l'homme, à sa dignité et tous les morts qui accompagnent au long de l'histoire le terrorisme et le fascisme, la juxtaposition de la couleur verte à ces mots qui transpirent la tragédie humaine méritent un coup de gueule assorti de quelques propos précis.
Ce n'est pas parce qu'aux Etats-Unis quelques allumés ultrafundi "n'hésitent pas à sacrifier l'humain sur l'autel de la nature" qu'on peut s'autoriser à digresser (divaguer) jusqu'à glisser dans la parano terroristico-verte. On annonce même un débat à Genève ayant pour thème "Le fascisme vert, fantasme ou réalité ?". C'est tout simplement insupportable ! Le mouvement écologiste n'a pas de sang sur les mains, il est fondamentalement pacifiste. Son histoire en témoigne alors qu'on ne peut pas en dire autant d'autres courants de pensée qui font vivre aujourd'hui notre démocratie (relisons l'histoire de notre pays et de notre canton).

Oui les écologistes sont des emmerdeurs ; ils allument (et depuis longtemps) des sémaphores qui transmettent des messages aujourd'hui incontestables et incontestés (cf les conclusions de la récente conférence de Paris). Et ces messages dérangent notre confort de vie, notre mode de consommation, d'alimentation, de déplacement. Ils dérangent tellement qu'ils provoquent chez beaucoup de citoyens l'interrogation, la culpabilité et heureusement de plus en plus une prise de conscience. Le sentiment de culpabilité, c'est bien connu, engendre souvent l'agacement, l'agressivité et l'envie hellénique de dénoncer/éliminer le facteur porteur de mauvaises nouvelles : langage outrancier dans le cas présent ou appel au lynchage (souvenons-nous de la manifestation en faveur du stade de la Praille où les sportifs appelaient à "pendre les écologistes pendant qu'il y a encore des arbres").

Emmerdeurs, mais vraiment contemporains. Il n'est pas question de revenir à "la robe de bure ou la lampe à huile" (R.G.) mais "d'aller vers un développement qualitatif volontaire mettant à son service les instruments de la technologie moderne." ( réf. programme des Verts 1985 !).
Emmerdeurs, mais humanistes ; le développement durable ne place -t-il pas l'homme au centre des préoccupations de ce temps ? Le triangle économie-environnement-solidarité sociale ne peut être ni scalène, ni rectangle mais équilatéral si l'on veut tendre à une qualité de vie dans laquelle tous et toutes s'épanouissent en équilibre avec leur environnement, les ressources naturelles, les habitants de la planète et un développement économique responsable.
"Le bien-être et la joie de vivre ne se décrètent pas. Il faut créer les conditions nécessaires à ce que le plus grand nombre puisse jouir de cet état. C'est pour cela que nous faisons de la politique" (réf. programme des Verts 2003).

Assez d'excès de langage, assez de terrorisme verbal ! Utilisons les mots pour ce qu'ils veulent dire. Allez donc jeter un coup d'oeil sur le site du Grand Conseil et regardez la trombine des députés-es verts-es ; franchement on a des têtes de fascistes ?


Citation

Précision à l'attention du "Censeur".

Le blog de ce matin m'a valu un commentaire anonyme qui met en cause l'authenticité de la citation de Jean Baudrillard. Alors je précise qu'elle figure in :
Cool Memories éd. Galilée 1987 page 15.

Voili


Socio-brico

Lacan a raison : le langage n'indique pas le sens, il est à la place du sens. Mais ce qui en résulte ce sont des effets de séduction. (J.Baudrillard)

C'est ce qui me frappe le plus dans le discours ségolénien ; cette façon d'être directe et proche des "vraies gens", cette exaltation de l'écoute des "vraies gens", cette attention à l'altérité, aux "vraies gens". Mais en fait qui sont les "vraies gens" ?

Pour moi qui ai fait la guerre, celle de mai 68 comme dit Renaud (non, l'autre, le chantiste) il y avait les zentils et les mèssants : la classe ouvrière exploitée, son lumpen, son avant-garde (qui est toujours en train de construire le parti des lendemains mélodiques) et la bourgeoisie grande ou moyenne au service du grand capital exploiteur, la petite bourgeoisie qui entrait en 2ème mi-temps et qui parfois faisait basculer l'histoire. C'était clair, binaire, identifiable.

L'apparition du nouvelle classe sociale, "les vraies gens", suscite en moi des interrogations.
S'agit-il d'une notion planétaire ? Y a-t-il "des vraies gens" partout ? En Patagonie comme dans mon immeuble ?
Dépend-elle du salaire ? Un cadre qui travaille près de 50h par semaine et qui touche un salaire à 5 chiffres est-il un "vrai gens" ?
Dépend-elle de la morale ou de la religion ? Les catholiques intégristes, les talibans sont-ils des "vraies gens" ?
Dépend-elle du niveau de formation ? Un docteur en physique nucléaire est-il un "vrai gens" au même titre qu'un ferblantier CFC ?
Dépend-elle l'orientation politique ? Les électeurs du Front National ou de Lutte Ouvrière sont-ils de "vraies gens" ?

Ultimes questions : cette notion de "vrais gens" est-elle symétrique ? Ceux qui ne sont pas des vrais gens, comment les appelle-t-on ? Des "fausses gens" ? Comment les reconnaît-on ?
Et enfin pourquoi Ségolène dit-elle les "vraies gens" et pas les gens vrais ? Ne serait-ce que parce qu'au pluriel certains noms placés devant l'adjectif deviennent féminin..... comme amour et délice......on est bien là en pleine séduction.


Sociologie de cuisine

Je m'interroge sur ce que sont les "vraies gens" dont parle la candidate qui entend les voix.

Je ne tarderai à pas à publier une liste de questions précises.
En attendant je vous livre cette photos de "vraies gens" quittant le meeting de Ségolène à Villepinte dimanche et regardant narquoisement "la France d'en bas" chère à Raffarin.