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TOUT PASSE........... Pierre Losio

Fulvio a chaud

Quelque bien qu'on dise de nous, on ne nous apprend rien de nouveau. (La Rochefoucauld)

Oh qu'il est fâché, le Fulvio Pelli, arrabiato, incazzato ; il se plaint des grandes émissions médiatiques (tv/radio) qui inviteraient trop souvent les mêmes personnalités politiques avec comme jérémiades sous-entendues pas assez de radicaux et pas assez de Fulvio Pelli, commandant en chef chargé de sauver le parti mal en point dans les sondages en vue des prochaines élections fédérales. C'est pénible la frustration, caro Pelli, surtout quand on essaie de remplacer le contenu politique par la communication politique, façon gym-jazz de faire croire qu'on a des idées.

Je me suis cependant inquiété de cette injustice médiatique dont serait victime le Grand Vieux Parti et j'ai effectué quelques recherches statistiques sur le plan genevois. Je vous les livre, caro Fulvio, car votre banque de données doit regorger de bugs : votre parti n'est certes pas passé à l'émission phare de la TSR, Dolce Vita, animée par la populaire et inusable Miss Calida, chérie de la Romandie potagère. En revanche sur le plateau de la Praille où Genève fait semblant d'avoir chaud, vous êtes non seulement passé....mais vous vous êtes même arrêté : entre le 2 et le 27 octobre l'animateur politique de grandes surfaces vous a invité personnellement 3 fois, vos collègues Maudet et Longchamp 2 fois ; d'autres radicaux ont eu aussi l'occasion de faire coucou dans le supermarché de la Res Publica : P.Broulis , B. Lescaze, J.Dupraz, G. Petipierre et même le jeune Naray.
Votre parti, caro Fulvio, est en tête de la visibilité azuro-lémanique avec 12 présences, largement devant les autres forces politiques. Et tenez, hier lundi, qui était de nouveau là ? Pierre Maudet en personne.

J'espère que ces quelques chiffres (non contestables) mettront du baume sur votre âme meurtrie et un peu d'onguent sur votre mauvaise foi. Je sais, vous me direz que la chaîne télévisée et l'émission dont je parle ne valent pas tripette et que la rouge mise en scène de 18h45 n'a pour seul objectif que de faire reluire le représentant en arts ménagers et politiques.
.......ça je suis bien obligé de vous le concéder, caro Fulvio


Pôv nounours

....ou la vie des bêtes (Reiser)

A l'heure ou la république du Congo goûte aux plaisirs de la démocratie tandis que ses hippopotames se font rarissimes, où Genève se déchire sur les bienfaits de la muselière, où l'UDC choisit un bouc comme mascotte et où on flingue une louve au pays de Maurice Chappaz, laissez-moi vous conter la triste histoire de l'ours Mitrofan.

Ce brave animal domestiqué, allègre et gentil, vivait paisiblement du côté de Vologda au nord de Moscou jusqu'à ce que se pointe, à l'improviste, fin août dernier, Juan Carlos d'Espagne qui a la grande qualité d'avoir sauvé son pays du coup d'Etat fasciste du colonel Tejero et le vilain défaut d'être un chasseur invétéré. Désarroi chez les autorités locales, le roi ne s'attardera que peu à Vologda ; il faut de toute urgence organiser une battue à succès digne de cette royale couronne. Peu sûrs de leur coup les apparatchiks locaux organisent alors la plus abominable des mises en scène : Mitrofan le brave est saoûlé à force rasades de vodka agrémentée de miel, transporté dans une cage sur les lieux de la traque et offert (pêté comme un coing) en victime sacrificielle à la gachette du Bourbon.


Cette lamentable histoire est confirmée dans une lettre signée de M. Starostin, vice-directeur du dpt pour la protection et le développement des ressources de la chasse des terre de Vologda. Faut dire que Juan Carlos est un récidiviste ; il avait déjà été l'auteur d'un carnage en 2001 : huit plantigrades abattus dans les Carpates. Et où était-il à l'été 2005 quand 17 soldats espagnols moururent en hélicoptère dans le ciel d'Afghanistan ? Il chassait l'éléphant au Botswana, le bougre de Sire.


Pour la bonne compréhension de ces quelques lignes, sachez que Juan Carlos est président d'honneur du WWF et à ce titre le garant maximal du droit des animaux.


Garçon, s'il vous plaît

...... deux de Chasselas, un rail et deux pailles !

L'affaire des députés italiens piégés par la troupe télévisée des Hyènes rebondit.
Bref rappel des faits : sous prétexte d'avoir leur avis sur la loi budgétaire actuellement en discussion, les hyènes ont soumis 50 députés au test de "drug wipe". Pendant le maquillage et à l'insu des élus un peu de leur sueur a été prélevé sur un coton et les 50 échantillons ont été analysés : 12 députés étaient positifs au cannabis et 4 à la cocaïne. Emotion ! L'émission doit passer quelques jours plus tard. Montecitorio s'agite. Nouveau scandale en vue. Des noms vont être divulgués. Le Parlement est divisé : d'une part les indignés, le vice-président de la Chambre Castagnetti en tête qui hurle à l'illégalité ; en face d'eux, moins agités, une cohorte d'élus (avec force présence des Verts) qui se réjouit de voir les hypocrites démasqués. S'en mêle Giuseppe Pizzetti, le garant de la Privacy qui fait suspendre la diffusion de l'émission.
Respiration de soulagement dans les couloirs du pouvoir qui contre-attaque par le bras de sa justice. Sur ordre du parquet de Rome les studios de Mediaset sont "visités", les bobines et les tampons d'ouate séquestrés.... et trois membres de la troupe des hyènes mis sous enquête pour violation de la privacy.
......une dizaine de jours auparavant, un ancien président du Conseil démocrate-chrétien, sénateur à vie ultraoctogénaire, déclarait paisiblement aux journalistes qu'à son âge encore, il lui arrivait parfois de consommer de la coke !

Qu'adviendrait-il de nos élus municipaux et cantonaux ( pas tous non !) si à la sortie de la séance vespérale on les faisait souffler dans le ballon ? Publierait-on des noms, des taux ou cacherait-on tout cela sous la table ?


Sans rancune, camarade.... bis

.......si vous cherchez la bagarre (Johnny Hallyday)

Ils avaient pourtant promis que les chicaneries cesseraient, les camarades, lors de leurs retrouvailles ; ils avaient même trouvé un nom de baptême ronflant pour le bébé né de leurs amours renaissantes au pied du foyer encore fumant de la déroute d'octobre 2005 : AGT (A gauche toute !). C'était le 18 septembre dernier.

Un mois et quelques jours plus tard éclate déjà une bagarre au fond du préau, nous apprend l'organe officieux de l'extrême-gauche (lire le Courrier)....... et une bagarre non pas pour une divergence fondamentale concernant la ligne politique à suivre, que nenni.
Figurez-vous qu'une récente présidente du Conseil municipal de la Ville a annoncé qu'elle était à la disposition de son mouvement pour une éventuelle candidature au Conseil administratif.
- "Elle n'a pas respecté les procédures que nous avions arrêtées ! " s'est immédiatement exclamé, plein de courroux, le syndicaliste Pagani qui depuis longtemps avait les Adidas lacés dans les startingblocs en vue de succéder à C. Ferrazino. Vous voyez à quelle altitude se situe le débat politique.

Suite à la déconvenue des élections cantonales dont les caciques de l'ex ADG portent la responsabilité, il fallait que de nouvelles têtes émergeâssent pour redonner espoir et confiance aux militants Assommés Groggy Tannés (AGT)...... et coucou, revoili Saint Rémy, sabre au clair, qui ferraille pour des procédures sur le chemin du Palais Eynard ! Si Saint Pierre, Saint Jean et Saint Christian s'en mêlent, l'enseigne toute neuve de l'extrême-gauche pourra désormais afficher : Au Grand Tabassage (AGT).

"Mais pourquoi recommencent-ils à se déchirer ?" se demandent certains, dépités.
La vraie question qu'il faut leur poser est toute autre : voulez-vous vraiment gouverner ?

Pour ma part, je continue à en douter.

Ville-Etat

...... la saga des machins et des zinzins (Sarclo)

Le coup de gueule socialiste (Tribune du 20 oct.) concernant le remboursement de 112 mo de reliquat d'impôts versé en trop par l'Etat à la Ville de Genève mérite quelques observations.

On doit tout d'abord admettre que l'exercice budgétaire ne peut être une science exacte : il se base sur les obligations légales, sur la volonté politique d'un exécutif et surtout sur les ressources à dispositions qui proviennent principalement des recettes fiscales. Ces dernières font l'objet d'estimations sans cesse remises à jour en fonction de la conjoncture économique et des rentrées effectives qui viennent confirmer ou infirmer les prévisions établies. Par exemple pour les personnes morales on fonde les hypothèses en extrapolant les informations provenant d'un pannel d'entreprises qui représentent 45 % du total de l'impôt à percevoir. En ce qui concerne les personnes physiques l'exercice est plus difficile car entrent en ligne de compte des paramètres friables comme l'impôt à la source et celui des travailleurs frontaliers. On ne doit donc pas s'étonner qu'il existe des différences entre un budget préparé au moins 8 mois avant le début d'un exercice (affiné en cours d'année au fur et à mesure que les prévisions fiscales se précisent) et la réalité des comptes à la fin de l'exercice. Il est intéressant de constater que depuis l'introduction du système postnumerando les écarts entre budget et comptes concernant les recettes fiscales deviennent de plus en plus en plus faibles : 1 % tant en 2004 qu'en 2005. Ce minime % d'écart sur la masse fiscale totale représente quand même 2 à 3 dizaine de mo de francs. L'inconfort budgétaire dans lequel se trouvent les communes est compréhensible car elles reçoivent des informations de l'Etat qui varient en cours d'années. Il n'en demeure pas moins que dans le cas qui agite ces jours la Ville de Genève cette somme de 112 mo est dûe et qu'on peut même considérer a posteriori qu'il s'est agi d'un prêt involontaire sans intérêt.

Cette "querelle" Ville-Etat semble, comme disait Aragon, prise du "dur désir de durer" tant sont nombreux les problèmes à régler autour d'une table de négociation : la péréquation fiscale intercommunale, la répartition des charges et des compétences, le désenchevêtrement des subventions (dans le domaine social et de la santé le travail est déjà avancé mais sur le plan culturel la Conférence du même nom boudée par de nombreuses communes piétine). La résolution de ces problèmes est urgente voire fondamentale car il n'est pas sérieux d'envisager un chantier constitutionnel (souhaité par la majorité des forces politiques genevoises) sans que ces dossiers ne soient sérieusement défrichés, que les querelles et les susceptibilités s'apaisent. Ce débat impose une reconnaissance et un respect du rôle et de la compétence de chaque collectivité, de la sérénité et une réelle volonté politique d'aboutir.

Une petite voix murmure à mon oreille : "Tu rêves, Pierrot".

Smac

...embrasse-moi idiot, c'est beaucoup mieux que des mots (Sarclo)

A l'heure ou Laurent Voulzy remet au goût du jour les "Derniers baisers" que chantaient si bien Mike Shanonn et les Chats Sauvages, qu'on nous assomme de conseils (intéressés) afin qu'on pratique du sport, qu'on fréquente les fitness, qu'on mange mieux et moins, qu'on se fasse coacher, qu'on....qu'on..... (concon) et tout cela pour vivre plus longtemps, ne voila-t-il pas qu'une équipe de psychologues allemands publie une étude des plus sérieuses qui va nous faire "gagner un lustre" sans sortir le moindre fifrelin, sans privation, sans frustration.

Je vous refile le tuyau et vous invite à commencer demain : embrasser son conjoint chaque matin vous garantit cinq ans de vie supplémentaire. (Ca risque bien d'être vrai c'était imprimé dans un quotidien d'audience européenne). Oui mais pas bisou-bisou sur la joue, un vrai baiser voluptueux, profond, langoureux ; pas un baiser de camarades comme celui de Brejnev à Honecker en 1979, pas le chaste baiser religieux d'un prêtre à une soeur mis en image par Benetton en 1992, ni celui émouvant et solidaire du Pr. Aiuti à une jeune fille séropositive en 1991, pas non plus celui de Madonna à Britney Spears suite à un pari pour une oeuvre de bienfaisance. Rien de tout cela, dès demain le plus long et tendre baiser du monde comme .... par exemple celui de Cary Grant à Ingrid Bergman dans Notorius.

Trève de références, votre baiser ne ressemblera à aucun autre, ce sera à coup sûr le plus beau et en le pratiquant régulièrement vous aurez cinq ans de plus pour en profiter.
....... et si vous êtes déjà pratiquant, persévérez !


Vieux ?

"....fais pas ch..... Bandelier c'est mon sapin !" (P.Miserez)

"Nos politiciens ne sont ni de gauche ni de droite, ils sont vieux" déclare Fabio Briatore, directeur du team Renault de Formule 1 parlant de la classe politiqie italienne et annonçant son éventuel engagement au service de la Res Publica.
Vieux, en fait ce n'est qu'une information liée au déroulement du temps auquel personne n'échappe. Vieux politiquement se réfère bien davantage à une attitude 4ème république française, une culture politique qui freine la bonne gouvernance empêche que chaque membre d'un exécutif se sente investi de l'entière responsabilité d'un collège gouvernemental quel que soit son dicastère d'activité.
On a au bout du lac deux exemples contradictoires ; l'un, le Conseil d'Etat qui travaille solidairement et communique sur la même longueur d'onde par rapport à ses projets, ses objectifs et gagne en crédilité dans la population. L'arrivée notamment de F.Longchamp et D.Hiler n'est certainement pas étrangère à cette perception que nous pouvons avoir d'être gouverné de façon lisible et inspirant confiance.
L'autre exemple c'est celui du Conseil administratif de la Ville de Genève qui a accumulé les déclarations cacophoniques chaque fois qu'un dossier brûlant venait à la surface. Une forme potagère de la culture politique qui implique le "sauve qui peut ma vie", le "chacun son champ clos", l'absence de solidarité gouvernementale qui crée le trouble chez les citoyens et donne une lecture, une compréhension très approximative des situations problématiques et qui masque les nombreuses réalisations positives accomplies. Il faut espérer que les prochaines élections municipales amèneront au Palais Eynard des femmes et des hommes d'une autre culture politique prêts à bêcher, râtisser, semer dans un jardin commun. Parmi celles et ceux qui sont aujourd'hui officiellement candidats j'en vois trois sur lesquels on devrait pouvoir compter pour travailler dans ce sens et faire tomber les obstacles à une bonne gouvernance : P. Mugny, S.Salerno et P. Maudet. Heureusement la liste n'est pas encore définitivement close.
Vedremo....wait and see....

Dictons

...on dit...on dit...

On dit : fort comme un turc
doux comme un agneau
bavard comme une pie
menteur comme un soutien-gorge
saoûl comme un polonais
fier comme Artaban
con comme un balai

.......................

Désormais on dira : beau comme le dernier disque d'Ornette Coleman.


On n'oublie rien de rien

...on n'oublie rien du tout (J.Brel)

Le monde politique est décidément un drôle de territoire dans lequel on traverse des champs de batailles et des salons mondains ou s'affrontent tantôt à coups de hallebardes médiatiques tantôt à touches courtoises de fleurets amnésiques celles et ceux qui sont présentés sous les masques d'irréductibles adversaires.

J'ai été frappé d'entendre à la RSR lors d'un débat sur le milliard pour les nouveaux dix européens l'ineffable et muséal Jacques-Simon Eggly donner du "mon ami Jean Ziegler" à son interlocuteur, qui probablement flatté, n'a pas réagi. Frappé ? que dis-je, résolument scandalisé oui !
A-t-on oublié que l'icône bleuissante du protestantisme libéral genevois est un dangereux comploteur qui avait, il y a quelques lustres activement participé à une organisation secrète, format P2 en moins mafieuse mais tout autant séditieuse, qui surveillait et recensait, avec la complicité des services secrets fédéraux, les ennemis potentiels de la patrie et qui n'aurait pas hésité à envoyer en cabane ou au stade tout ce qui pense ou penche un peu à gôche, qui n'aime pas l'armée et notamment le chantre de l'altermondialisme précité. Heureusement la démocratie n'a pas été menacée et ces postpinochistes démasqués (mais peu inquiétés par la justice il est vrai). Cet épisode récent m'est revenu à la mémoire tandis que se poursuivait la conversation radiophonique au ton convenu et nauséeux.

Pas d'oubli pour ces gens-là ! M. Eggly gardez vos politesses dans votre brun cahier de souvenirs ... elles puent des pieds sous les bras.

Numération

1...2...3...4........ beaucoup....

Personne ne peut se réjouir d'apprendre que la Corée du Nord vient de procéder à son premier essai d'explosion nucléaire. Il est cependant piquant de constater qu'un ministre du gouvernement d'un pays voisin et ami trouve cela "d'une extrême gravité". Si j'étais habitant de la Polynésie française je serais en droit de me demander si le Douste-Blazy en question sait compter... disons jusqu'à 100 et de penser en mon for intérieur qu'il aurait mieux fait de se la coincer.