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TOUT PASSE........... Pierre Losio

Ding-ding-ding

Benoît XVI s'est-il censuré ?

La sonnette de la contrition a tinté trois fois : Sa Sainteté a finalement renié le Manuel II Paléologue qu'il avait cité le 12 septembre à Ratisbonne, il s'est rétracté et il a présenté ses excuses aux ambassadeurs des pays musulmans à Castel Gandolfo (qui est moins éloigné de Rome que Canossa).

Il a en somme administré la preuve que la peur de l'Islam limitait notre liberté d'expression jusqu'à celle même du pape. C'est aussi l'évidence d'un paradoxe car en fait, pour les laïques dont je suis, la liberté d'expression n'a rien à voir avec les discours du successeur de Saint-Pierre. Le pape ne peut pas dire ce qu'il veut ; il n'est autorisé à dire que ce que la religion chrétienne lui permet de dire, à savoir des vérités fondamentales établies notamment dans les Saintes Ecritures. Ces vérités pour un laïque sont la fin du parcours alors que pour un croyant le parcours commence par la vérité, le chemin n'étant plus qu'une divagation au sens strict du terme. La religion, fondamentaliste ou pas, s'oppose toujours à liberté d'expression, à la liberté de recherche scientifique, à la liberté sexuelle, à la liberté de pensée. Le pape sait bien que sa liberté d'expression est limitée et il sait aussi que pour limiter la liberté d'expression son Eglise a inventé l'hérésie.

"Toi qui connais la fin du film, dis Marylin, est-ce un baiser ?"

merci à F.M. pour son éclaraige avisé sur le sujet

Au secours !

Il paraît qu'on dit racisme ordinaire......

- "Pronto ? 118 ? Mi manda presto qualcuno, l'ambulanza ! Mio figlio e stato colto da un malore."
On imagine aisément l'anxiété de cette femme qui vient d'appeler le sevice médical de secours suite au malaise qui vient de frapper son fils.
Sirènes, enfin l'ambulance arrive. Se présentent à l'adresse indiquée un secouriste et en blouse blanche une doctoresse originaire du Congo (ça se voit ).
- "Allez-vous en ! Les nègres vous êtes des ignorants, pas question que vous approchiez mon fils. Je veux un autre médecin !" .... la porte se referme, l'ambulance repart

Ca s'est passé ce week-end à Taranto, ville de 240.000 habitants dans les Pouilles, en Europe, à moins de 2h d'avion de Genève.... et c'est vrai.


Un dimanche de septembre

Je me souviens......

Je me souviens avoir "mis" des notes pendant plus de trente ans
Je me souviens que si je n'en avais pas "mis" ça n'aurait rien changé
Je me souviens avoir milité pour la suppression des prix scolaires et pour les UCE (unités coopératives d'enseignement) il y a trente ans
Je me souviens du jour où j'ai reçu le "P'tit bleu" dans la salle des maîtres de mon école
Je me souviens que la rénovation était une démarche généreuse
Je me souviens avoir pensé et clamé que sans moyens supplémentaires cette rénovation aurait de la peine à réussir
Je me souviens du doute de certains de mes collègues
Je me souviens de l'enthousiasme de certains de mes collègues
Je me souviens qu'il y avait beaucoup de séances et que certains de mes collègues auraient légitimement préféré manger à midi en famille
Je me souviens que peu à peu ceux qui doutaient ont été diabolisés
Je me souviens de l'influence toujours plus accrue des bonnets pointus de l'Université
Je me souviens qu'il manquait un-e pilote crédible dans l'avion de la rénovation
Je me souviens qu'il manquait une colonne vertébrale solide et crédible à la direction de l'enseignement primaire
Je me souviens que l'onanisme projectuel était encouragé
Je me souviens de la multiplication des systèmes différents dans les écoles du canton
Je me souviens qu'on se souciait peu de l'unité de l'école républicaine
Je me souviens que les talibans sont apparus dans chaque camp et que l'autisme s'est répandu
Je me souviens de l'intransigeance suffisante de la majorité de droite du Grand Conseil sur ce dossier
Je me souviens que le peuple vient de plébisciter l'initiative d'ARLE
Je me souviens que le président de la SPG trouve arrogant qu'ARLE s'invite à la table des négociations en vue de la rentrée 2007
Je me souviens avoir appris que le peuple a toujours raison (j'aime ce magnifique lieu commun)
Je me souviens m'être interrogé sur la responsabilité de mon syndicat, de son comité, de son président
Je me souviens que la pédagogie n'est pas une science exacte


Je me souviens avoir fait un beau métier
Je me souviendrai de ce 24 septembre


Retrouver Chamfort

Avoir 20 minutes devant soi, laisser filer ses yeux le long des rayons de la bibliothèque, extraire un ouvrage un peu oublié, feuilleter.

La Nature ne m'a point dit : "Ne sois point pauvre", encore moins : " Sois riche " ; mais elle me crie " Sois indépendant ".
Il en est du bonheur comme des montres ; les moins compliquées sont celles qui dérangent le moins.


Question impertinente ?

......allons donc.
Lors de la première émission de "Genève à chaud sur Léman Bleu", le démonstrateur de grandes surfaces en charge de l'animation avait demandé au Conseiller d'Etat Charles Beer si, au soir du 24 septembre en cas de défaite, il envisageait de démissionner.

Plus l'échéance approche et plus je me dis qu'il serait vraiment pertinent de poser cette question à celui qui a mené le combat au nom des enseignants : "Monsieur Baud, président de la Société Pédagogique Genevoise, pensez-vous à démissionner si le peuple donnait une majorité de voix en faveur de l'initiative d'ARLE ?".
Etant encore membre cotisant de ce syndicat, je me sens autorisé à lever le doigt et à interpeller le chef suprême.

Mais bien évidemment, en cas de victoire du 2 x non, on saura que définitivement que le leader maximo des instituteurs-trices est infaillible, comme Benoît XVI.

Et mènant une page de pub !

A ne pas manquer, courez-y !
TONY MANIAS

le plus grand guitariste de rock et country que Genève ait connu (parole de Jimmy Chose)


ce soir 22 sept. Brasserie des Artisans rte des Jeunes dès 21h30
.

A quoi pense l'Occident ?

.........l'obsession.


dessin de Bucchi
in La Republicca


Mais keskiladi Benoît XVI ?

Un ex-monarque défend Sa Sainteté.

"J'ai pas dit ça et pis c'est tout", s'exclamait souvent Coluche, avant de raviser "Ah ? Ben alors je l'ai dit doucement".
Grosso modo c'est ainsi que S.S. Benoît XVI a essayé de sortir du bourbier dans lequel il a glissé avec sa citation d'un texte médiéval. Je n'ai pas accompli de longues études sur cette période de l'histoire mais, consultant la presse transalpine, j'ai cependant retenu deux dates qui correspondent à deux voyages.

En l'août 1219 François d'Assise entreprit son troisième voyage en Terre Sainte (les deux précédents ne le portèrent pas à destination pour cause de tempête puis de maladie). Il débarqua à Dumyat, dans le delta du Nil, à 200 km au nord-est du Caire, trouva la ville portuaire assiégée par les Croisés, persuada les assaillants de cesser le combat et de lever le siège. Il se présenta devant le sultan Malik-al-Kamil et prêcha en sa présence. Ses paroles eurent l'écoute et les faveurs du sultan qui lui accorda un sauf-conduit afin que François pût visiter sans tourments la Palestine.
Autre voyage, en juin 1228, celui de l'empereur Frédéric II. Au lieu de prendre belliqueusement la tête de la sixième croisade, il traita personnellement avec le le sultan Al-Kamil et put ainsi, sans recourir aux armes, rejoindre Jérusalem où il se fit couronner roi dans l'église du Saint-Sépulcre.

Deux voyages et deux démarches insolites dans l'Europe chrétienne d'alors ; pas d'anathème, mais, fermement assis sur des convictions, une disponibilité à l'échange pacifique et au contact direct, à la tolérance, au dialogue. Le pape d'aujourd'hui ferait bien s'inspirer de ces exemples d'un autre temps car on en viendrait presque à douter de son infaillibilité.

Le dogme légendaire étant en péril , quoi de plus normal, devant le silence gêné du PDC, que l'ex-roi de Suisse Pascal Couchepin monte aux barricades pour en défendre la pérennité et par conséquent les vérités de Sa Sainteté ?


Sans rancune camarade !

Dieu est amour et il essuie tout ( r.l.)

Sainte Catherine, Saint Christian, Saint Rémy, Saint Pierre et tous les saints du rouge paradis ont bien travaillé. L’extrême-gauche retrouve son unité sous la bannière A gauche toute.

Ainsi après avoir bu la tasse aux élections de l’automne dernier la gauche de la gauche a décidé de goûter à la soupe au lait de Kappel ce qui réjouira tous les électeurs (un peu plus de 13 %) qui n’avaient pas compris les dissensions frontalières et egotistes ayant conduit au schisme puis à la défaite.

C’est en l’abbaye de l’Ile qu’hier a été porté officiellement sur les fonds baptismaux le fruit de cet œcuménisme retrouvé avec force autocritiques et promesses qu’on ne recommencera plus à se chamailler. Chacune des chapelles a fait un pas vers l’autre : néocommuniste, communiste orthodoxe, trotzkiste persitante, ex-socialiste, syndicaliste radicalisée, altermondialiste, pacifiste. Ca en fait des poignées de main réconciliatrices ; d’élémentaires notions d’arithmétique (oui, oui on apprend quand même quelque chose à l’école) m’amènent à en dénombrer vingt et une.

Saint Jean Vincent, qui fut très longtemps conseiller national et député communiste avait coutume de dire : « l’union est un combat »……mais quand même, 21 serrages de raquette pour faire la paix, vous y croyez, vous ?

Les notes à l'école

Qu'en pensent les enseignants, peut-on lire sur la manchette d'un quotidien ce matin ?

Si je devais répondre au débotté je dirais ceci : j'ai "mis" des notes aux élèves de l'école primaire pendant une trentaine d'années.....si je n'en avais pas "mis" je n'ai pas le sentiment que ça aurait changé grand'chose.
C'est un peu court ; je crois cependant avoir mesuré "où c'est profond", dans un quartier dit très défavorisé, j'ai même eu des classes dans lesquelles aucun enfant n'était de langue maternelle française. Les notes ne sont que l'aspect visible du prurit émotionnel que vit l'école depuis quelques années, prurit alimenté par des dermatologues talibans qu'ils soient philosophes ou pédagogistes. Les enseignants n'ont pas été entendus, ceux qui doutaient de cette réforme comme ceux qui avaient compris que cette rénovation était gourmande en postes d'encadrement et qui en réclamaient. On a diabolisé les premiers qui, sans réponse à leurs inquiétudes se sont retrouvés chez ARLE et balader les seconds avec un pilotage calamiteux du projet.


Je crois avoir passé beaucoup trop de temps à évaluer et celà au détriment du temps d'enseignement, du travail différencié. Note ou pas note, reste primordiale la crédibilité de l'enseignant face à ses élèves, elle s'établit sur la qualité et la vérité d'une relation qui fonde la légitimité des exigences et leur reconnaissance par les enfants. Mais la crédibilité ça ne s'apprend pas à l'université. Je persiste à penser que le beau métier que j'ai pratiqué est un métier où l'instinct occupe une place prépondérante et j'ai toujours gardé présent à l'esprit les leçons des grands maîtres de pédagogie que furent pour moi Célestin Freinet, Jean-Pierre Guignet, Albert Spring et Jean-Louis Chatelanat inoubliable prof d'allemand au secondaire supérieur : créer une relation authentique, faire, faire faire avec savoir-faire et pragmatisme. Enseigner c'est le long chemin faire.

Je m'autorise enfin à citer F. Mauriac qui n'était pas un gauchiste :
"L'instituteur, celui qui institue l'humanité en l'homme".